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II. — LITHUANIE

Situation. — Les cultivateurs se plaignent des charges de toutes sortes qui leur incombent et des entraves apportées à leur commerce par la surélévation des prix de transport ; les tarifs de Vilna ou de Varsovie à Saint-Pétersbourg et Moscou étant supérieurs — à distance égale — aux tarifs d'autres centres de production, en dehors de l'ancienne Pologne.

Moins favorisés que dans la Galicie, les partisans absolus du vieil élément polonais ne peuvent guère se constituer en sociétés, ni organiser des conférences publiques, ni ouvrir des expositions, leur langue maternelle n'étant pas autorisée.

Les paysans, dans toute la force du terme, sont donc restés stationnaires, particulièrement les Ruthènes-blancs qui peuplent une partie de la Lithuanie. Cependant l'arboriculture fruitière s'accentue et s'impose auprès de la nationalité lithuanienne qui habite le reste de la province et la Samogitie.

Quant aux jeunes jardiniers, ils s'instruisent en travaillant auprès des chefs jardiniers des châteaux de la contrée, ou dans les établissements de culture et de commerce de Varsovie et de Riga.

Culture potagère. — Le paysan produit les légumes pour sa famille, et porte le surplus au marché des petites villes.

A Troki, les Caraïtes cultivent les Concombres en grand et approvisionnent le marché de Vilna, Les juifs de Kiejdany ont suivi leur

exemple et paient, en location, jusqu'à 25o francs l'hectare de terrain destiné à la production des Concombres.

Les fraiseraies, qui expédiaient leurs produits en grande vitesse vers le Nord, par les stations de Landvarow, Kowno et Janow sur la Wilja, ont perdu de leur valeur, la majoration des prix de transport ne laissant plus aucun bénéfice.

Les graines de fleurs et de légumes proviennent de Varsovie, de Vilna et de l'Allemagne.

Les primeurs et les cultures sous verre sont du domaine de l'aristocratie.

Culture fruitière. — Un verger de 200 arbres est une bonne moyenne pour le cultivateur qui veut alimenter sa famille et fournir les bourgades voisines.

En général, le propriétaire a plus de bénéfice en exploitant luimême, qu'en achetant aux marchands juifs qui se chargent de produire et de vendre à leur profit.

Le Pommier se porte bien, son fruit est beau et bon. Les variétés plus connues sont : Calville de Dantzig, Grand- Alexandre (Aport), Antonovka, Serinka, Pepinka (Glogiezovka), Crème de Samogitie, Smietankowe, etc.

La conservation des fruits par les procédés économiques commence à se propager.

Moins rustique, le Poirier réclame une situation abritée et ne réussit guère en variétés tardives, sa période de végétation étant restreinte.

On rencontre surtout les Bergamote rouge d'automne, Urbaniste, Louise - Bonne d'Avranches, Espérine, Fondante de Charneu, de Grumkow, Seigneur, Zéphirin Grégoire.

Les Prunes, les Cerises, les Groseilles, ne voyageant pas aussi facilement, restent à l'état de cultures secondaires.

Quelques propriétaires annexent une petite pépinière à leur domaine et cèdent des arbres à leurs voisins.

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