‹ L'horticulture dans les cinq parties du monde;Chapitre 263 sur 331 · VII. — Dendrologie · texte numérisé non relu

VII. — Dendrologie

Depuis la Transcaucasie où l'on récolte l'Orange et la Figue dans le verger de plein air, où la distillation de la Rose s'approvisionne en plein champ, jusqu'aux régions arctiques qui réduisent à l'état de pygmée les géants de nos forêts, quel vaste champ d'études et d'observations offert au botaniste et à l'horticulteur !

Avant d'assimiler au sol telle espèce végétale, ne convient-il pas tout d'abord d'en connaître la résistance aux extrêmes de température, l'adaptation aux étés courts, aux longs hivers, et de tenir compte des situations adoucies ou aggravées par l'altitude, la direction des vallées, l'influence des cours d'eau ?

Telles ont été, depuis longtemps, les préoccupations des arboriculteurs russes et des planteurs.

Guidés par l'expérience, les paysagistes ont utilisé en deçà des limites de la zone boréale les arbres et arbustes qui peuvent vivre avec — 3o° en hiver. En voici les principaux genres :

Le Peuplier Tremble qui dresse sa. large ramure contre les ouragans, à moins qu'il ne se nanifie vers les landes stériles ou fangeuses qui encadrent la Mer Blanche.

Le Tilleul, en superbes exemplaires, vigoureux encore au 62e de latitude, alors que le Hêtre s'arrête au 60e,

Les Bouleaux, en espèces originaires de la Sibérie, du Kamtchatka, des Alpes Scandinaves, égayant quelque peu les fonds sombres et toujours verts des Pins et des Sapins.

Les Chênes de haute futaie, de taillis ou de buisson, dont le type pédoncule s'avance au delà des limites du Chêne rouvre ou sessile.

L'Aune blanchâtre et d'autres espèces rustiques qui acceptent les terrains secs et les couches granitiques de la région froide.

Les Erables de race sélectionnée, attendu que l'Érable plane et ses dérivés ont bravé les grands hivers, alors que le Sycomore fléchissait et que l'Érable de Tartarie commençait à faiblir.

Des Charmes, des Alisiers, des Sorbiers par leurs espèces réfractaires au froid ; et encore doit-on les accueillir avec prudence !

Outre des Frênes et des Ormes à résistance éprouvée, l'Amérique septentrionale a répandu sur l'ancien continent des végétaux robustes, au branchage vigoureux, insensibles aux abaissements thermométriques jusqu'à — 35°. Tels sont le Noyer noir, le Tulipier, le Bonduc, le Virgilier, le Peuplier Baumier, le Gainier canadien, toutes essences précieuses, arborescentes et paysagères.

Enfin, toute une légion de Saules d'espèce plus ou moins déterminée, croissant à l'état spontané, subissent les épreuves du froid dans les savanes, ou sous bois.

Quant aux beaux spécimens de l'imposante famille des Conifères, groupés par vastes massifs, dressés en larges avenues, ou jetés par bouquets à travers les feuillus, leur effet, sous une conception intelligente, devient puissant aux premiers plans, et agréable s'ils sont en groupes dans les lointains.

Le Pin sylvestre s'avance jusqu'au 70e parallèle, suivi de loin en loin par le Sapin Épicéa et ses sous-variétés, si décoratifs en temps de neige, par le Sapin Baumier, moins élancé, le Mélèze de Daourie, aux feuilles tombantes et renaissantes.

Déjà, les planteurs savent y associer les genres réfractaires au froid, parmi les Thuias, les Chamœcyparis et Rétinosporas importés du Canada, du nord de la Chine ou du Japon, sans négliger cependant les Genévriers qui, depuis longtemps, se sont installés en pleine friche, sous futaie et dans les fissures de rochers.

L'arbusterie, comprenant les collections de végétaux ligneux d'un développement moins étendu, alimente, à son tour, les parcs et les plantations ornementales.

La zone des froids rigoureux offre l'hospitalité aux arbres et arbustes qui sont originaires de l'Europe boréale, de la Sibérie, du Canada et des contrées analogues confinant à la région glaciaire.

Les Stations d'essais et les Pépinières en ont fait l'objet d'études lentes et les ont propagés dans les jardins d'amateurs. Il s'est même produit des croisements naturels ou combinés qui ont augmenté d'autant la nomenclature dendrologique.

Les gazons eux-mêmes sont d'espèce appropriée aux milieux de leur existence. De là, cet heureux assemblage de verdure et de fleurs qui étonne le touriste étranger aux règles de la géographie botanique.

Parmi les arbrisseaux et arbustes les plus répandus, citons :

Des Aubépines et des Azeroliers rustiques, dominant les Amélanchiers et les Aronias, de la même famille ;

Les Garaganas et les Cornouillers nains, ayant franchi l'Oural ;

Certains Chamécerisiers, de source montagnarde, à floraison printanière ;

Des Clématites enlaçant les treillages ou les tiges d'arbres ;

Le robuste et curieux Dierville canadien ;

Le Fusain des bois, aux capsules béantes et voyantes ;

Le Groseillier se couvrant de grappes fleuries, en première saison ;

La série des Lilas, ravissante au réveil du printemps ;

Toute une collection issue du Pommier sibérien, dit type microcarpe, à floraison parfumée, suivie d'une fructification ornementale, si la saison le permet ;

Le Ptéléa virginien, chargé de samares aromatiques ;

Le groupe des petits Rhododendrons vivant en famille avec des Lédons, des Menziésies et autres Bruyères rabougries du Labrador, du Groenland, de Terre-Neuve, de Laponie;

Des Ronces destinées à garnir le dessous des futaies ;

De rares et précieux représentants du genre Rosier, à la fraîche corolle suivie d'un fruit comestible...

Deux ou trois Seringats bien fleurissants ;

Une pléiade de Spirées remarquables par leurs inflorescences en épi, corymbe ou ombelle, aux couleurs blanches, carnées ou lilacées ;

Le Sumac de Virginie, colorant son feuillage avant de le quitter ;

Le Sureau à grappes et ses formes accidentelles ou fixées ;

La Symphorine aux fruits blancs, buissonnante et drageonnante ;

Quelques Viornes à la floraison précoce, indigènes ou exotiques.

Suivant les circonstances, un certain nombre de sujets arborescents réclament le buttage du collet et des rameaux, aussitôt la chute des feuilles et avant l'arrivée du froid.

Quelquefois, on les rentre dans une orangerie ou serre froide pour les remettre en pleine terre, une fois l'hiver terminé.

Des provinces baltiques et des pays du renne, si nous gagnons les

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Gouvernements du Sud jusqu'à la Mer Noire, nous retrouvons les belles espèces végétales des climats similaires; elles viennent composer les grands domaines de l'aristocratie, les parcs de la bourgeoisie, le jardin plus modeste du commerçant ou de l'artisan aisé, et les plantations urbaines qui prennent, chaque année, une importance nouvelle.

Les provinces méridionales, développées de la Mer Caspienne au Caucase, où campe la race cameline, lieux d'origine de jolis arbres et arbustes d'ornement, et les Gouvernements voisins, favorisés par une température exceptionnelle et des abris protecteurs, se préoccupent vivement de la culture des espèces étrangères qui pourraient augmenter leurs ressources naturelles, parmi lesquelles les Planeras et Ptérocaryas, utilisés par l'industrie, les Laurier s- Amande et Phyllireas ou Filarias au feuillage persistant.

C'est ainsi que nous voyons pénétrer et s'installer dans ces contrées les végétaux remarquables de l'Australie, de l'Extrême- Orient, de l'Amérique centrale, etc.

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