III. — Sociétés d'horticulture
La Suisse compte un certain nombre d'associations et de syndicats de cultivateurs et d'amis des jardins qui s'instruisent en faisant de la propagande au moyen de conférences ou de concours locaux.
Tout en gardant leur autonomie et leur propre réglementation, plusieurs Sociétés se sont réunies en deux faisceaux sous le titre :
Fédération des Sociétés d'horticulture de la Suisse romande.
Fédération des Sociétés d'horticulture de la Suisse allemande.
La Fédération de la Suisse romande compte neuf associations :
Société helvétique de Genève ;
— d'horticulture de Genève ;
— — du canton de Vaud ;
— — — de Fribourg ;
— — de la Côte (Vaud) ;
— — de Neuchâtel, ville et vignoble ;
— — du Val de -Travers ;
— — de la Ghaux-de-Fonds ; Association des maraîchers de Genève.
Ce groupe réunit près de 2,5oo adhérents sur la cotisation desquels un prélèvement de o fr. 25 est acquis à la Fédération.
Les bibliothèques de chaque Société se sont enrichies de nouveaux volumes, et plus de 4,5oo personnes ont suivi les cours de 1893.
La Fédération de la Suisse allemande a réuni sous sa bannière :
Société d'horticulture d'Argovie ;
— — de Baie ;
— — de Berne ;
— — de Thoune ;
— d'arboriculture de Bienne ;
— d'horticulture de Berthoud ;
— — d'Interlaken ;
— — de Lucerne ;
— — de Rorschach ;
— — de Saint-Gall ;
— — de Schaffouse ;
— — de Soleure ;
— — de Winterthur ;
— — de Zurich (Flora).
Plus de 900 sociétaires appartiennent à ce groupe.
Avec une pareille solidarité les adhérents, fortifiés dans leurs moyens d'actions, acquièrent la reconnaissance de l'État, au même titre que les Fédérations des Sociétés d'agriculture, de sylviculture et de la mise en culture des Alpes.
Le subside annuel du Conseil fédéral est actuellement de 7,000 fr., divisé par moitié à chaque Fédération. Celle-ci répartit la somme entre les Sociétés adhérentes, suivant le nombre des membres, l'importance des cours publics, l'état de la bibliothèque, les concours ou expositions et les champs d'expériences.
Ainsi, la Fédération allemande a doté les Jardins d'essais toujours utiles des Sociétés d'Argovie, de Berne, de Zurich; tandis que la Fédération romande encourageait la Société fribourgeoise, lors de son concours de vergers suivi d'une exposition importante de fruits. En même temps, cette Fédération décernait des primes supplémentaires à la Société du Val-de-Travers pour ses cultures d'essais et de vulgarisation dans son jardin du vallon de Motiers ; à la Société de Chaux-de-Fonds qui a su acclimater des végétaux sur le plateau jurassien ; enfin, à la Société de la Côte, répandant les bons légumes par de fréquentes distributions de semences.
Les Sociétés libres ou fédérées organisent pour leur propre compte des expositions, des concours, sans négliger les conférences. Plusieurs d'entre elles publient le Bulletin de leurs travaux. La section allemande les réunit dans un journal publié à 2,800 exemplaires, Der Schweizerische Gartenbau, rédigé par le professeur Mùller.
Quelquefois, les deux groupes se réunissent pour défendre en commun leurs intérêts, par exemple au meeting de 1892, à Lausanne. Un vote unanime sollicita du Conseil national l'admission des jardins et pépinières au bénéfice des contrats d'assurances contre la grêle. Parmi les Associations indépendantes, signalons : La Société de Pomologie de Bienne, canton de Berne, dotée d'un verger modèle d'arboriculture et de pomologie, et propageant les bonnes espèces au moyen de cours donnés par des personnes de bonne volonté ou des « Wanderlehrer ».
La Société pomologique de Berthoud est sur des bases analogues. La Société de pomologie du Val-de-Ruz (Neuchâtel) a projeté la création d'une Ecole fruitière, des conférences publiques et la distribution de greffons. Le siège de la Société est à Cernier.
La Société des anciens élèves de l'École cantonale d'horticulture de Genève, toute de camaraderie et de mutualité.
Enfin, des cercles horticoles de localités moins importantes, mais fort utiles à la population rurale.
suisse jajf