IV. — Jardins d'études
Partisan de l'instruction à tous les degrés, le pays qui a possédé De Gandolle, Regel et autres savants, peut s'enorgueillir des Jardins botaniques de Baie et de Zurich, fondés en 1748, de Berne, 1789, et de Genève plus récent, en 1817.
Les étudiants les fréquentent et les étrangers les visitent.
La Société Flora de Zurich a créé, en 1890, son Jardin modèle de Hottingen, qui, déjà, rend des services.
Au paragraphe précédent, nous avons signalé les champs d'essais de quelques Sociétés ; il est donc inutile d'y revenir.
Fondé en 1884, par une Société d'amateurs, et cédé ensuite à M. Henri Gorrevon, le Jardin alpin d'acclimatation de Genève, alimenté par des souscriptions volontaires, a pour but patriotique d'empêcher l'arrachage inconséquent de végétaux alpins par les touristes ou les spéculateurs, d'en réunir les divers types, de les faire connaître au public, — même la populaire « Edelweiss », — de les multiplier et les propager sans crainte d'en détruire la source.
Le Jardin de La Linnaea, situé dans la montagne du Valais, appartient à une Société qui a réuni, dans cet endroit pittoresque, une collection remarquable de plantes des Alpes suisses ou étrangères ; c'est donc un jardin botanique alpin. Le président de la Société est M. N. de Glaparède, de Genève.
Avec ses mouvements de terrain fortement accentués, ses horizons de neige ou de glace, ses eaux, ses cascades et ses paysages naturels ravissants, la Suisse ne pouvait manquer de parcs et de jardins aux effets souvent les moins prévus. Nos artistes et des élèves diplômés de France et de Belgique ont su tirer parti de ces éléments, en réalisant des conceptions d'un effet admirable par l'alliance de l'Art et de la Nature.
Le Parc de Prigny, à Madame la baronne de Rothschild, et le Jardin Micheli, au Grest, sans compter beaucoup d'autres, en sont la preuve évidente.