PRÉFACE IX
En suivant cet ordre d'idées, pourquoi l'Algérie, avec ses oasis et ses irrigations, ne fournirait-elle pas les Aurantiacées et toutes les productions de la région méditerranéenne, aussi bien que l'Espagne, le Portugal ou l'Italie?
Les Figues et les Raisins passerillés de la Grèce et de la Turquie ne devraient-ils pas non plus embarquer aux ports d'Alger, de Philippeville et d'Oran, au lieu de venir de Corinthe et de Salonique ?
Et nos colonies, ne seraient-elles pas en mesure de livrer des matières tinctoriales, textiles, oléagineuses, alimentaires ou officinales, à la façon de l'Amérique centrale ou méridionale, du Mexique au Pérou?
Qu'attendons-nous pour fertiliser les friches, à l'exemple des Belges et des Hollandais, ces travailleurs hors ligne, qui ont révolutionné les steppes ardennaises et les polders de la mer du Nord? En faisant surgir, n'importe où, un jardin fleuriste ou maraîcher, un parterre de Tulipes, une pépinière ou une fabrique de plantes, et jusqu'à des vergers ou des vignobles sous verre, n'ont-ils pas continué l'antique renommée des Pays-Bas et des Flandres ?
Nos stations de la Manche, de l'Océan, de la Méditerranée, ne rivalisent-elles pas avec l'Angleterre, dans le décor du littoral? De même, les exploitations fruitières ou maraîchères de la banlieue parisienne, le véritable jardin producteur de la France, ne redoutent nullement la comparaison avec le luxuriant comté de Kent, The Garden of En gland.
La réputation justifiée des forceries d'outre-Manche ne prévoit-elle pas déjà la mise en discussion de sa suprématie, par l'effet des tentatives de nos pionniers hardis, greffées sur l'alliance du travail et du capital ?
Maintenant, si nos administrations ne comprennent pas, — comme au pays de nos milliards, — que les routes fruitières constituent une branche de la fortune publique, protestons contre les retardataires ! Signalons les aveugles