‹ L'horticulture dans les cinq parties du monde;Chapitre 32 sur 331 · III · texte numérisé non relu

III

L'entraînement s'est manifesté dans tous les rangs de la population.

L'Etat et les administrations recommandent les plantations, qui fructifient librement sous la surveillance d'un personnel spécial. Le grand propriétaire, de son côté, se plaît à orner sa demeure d'un jardin fruitier composé d'arbres taillés et abrités, Il en est de

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fort beaux qui révèlent la main d'arboriculteurs français qui, euxmêmes, ont fait des prosélytes et des élèves.

En même temps que l'exploitation des arbres à tout vent, la culture et l'éducation des arbres tout dressés et formés se sont développés dans les pépinières commerciales.

Il en résulte que, sous l'abri protecteur des avenues à grand rendement, de nombreux jardins fruitiers se sont créés ou perfectionnés, et les expositions ou les ouvrages pomologiques aidant, la production du jardin soumis à la taille a procuré à la consommation nos fins Beurrés et Doyennés, nos excellentes Reinettes et Calvilles, nos prunes Reine-Claude exquises et nos Mirabelles parfumées.

En parcourant la Pomone allemande, nous trouvons beaucoup de fruits à deux fins ou d'économie rurale et ménagère.

Les Poires suivantes, propres à divers usages, sont classées dans leur ordre de maturité :

Rœmische Schmalzbirne, fruit pour compotes et séchage :

Kuhfuss, pour cuisson, sirops et séchage ;

Zimmtfarbige Schmalzbirne, à compotes, sirops et séchons ;

Ochsenherzbirne, pour compotes, sirops, séchage ;

Senibirne, pour cuire, sécher, confire ; se colore à la cuisson;

"Wittenberger Glockenbirne, poire à cuire ou à sécher;

Kamper Venus, pour cuisson et pâtisseries ; chair rouge ;

Yeldenzerbirne, fruit à sécher, à cuire et pour cidre ;

Spitzbirne et Grosse Glasbirne, fruits pour séchage et boisson;

Scknackenburger Winterbirne, pour la cuisson ; chair rouge ;

Baronsbirne, se colore au feu comme la précédente.

La Pomme « à tout faire,» dispersée de l'Est à l'Ouest, se distingue sous les noms ci-après :

Nikitaer streifling, fruit juteux et acidulé ;

Luiken, fruit recherché pour le cidre, la cuisine et le séchage ;

Kleiner Langstiel, de pressoir et de séchage ; plantation routière ;

Kleiner Fleiner, fruit acidulé, pour cuire et pour cidre ;

Rheinischer Krummstiel, pour la cuisine et la cuve ;

De Bohémien (de Bade et de Wurtemberg), pour cuisson et cidre ;

Grauer Kurzstiel, pomme de cuisine ou de pressoir ;

Winter Bredeke (de Hanovre), fruit robuste, à cuire et pour cidre ;

Brauner Matapfel, pour cuisson et cidre ;

Wciser Wcinapfel, pour séchage et boisson ;

Zwiebelborsdorfer, pomme des plus populaires au séchage ;

Grosscr Bohnapfel, pour séchage, cuisson et pressoir;

Apfel von Ulzeu, pour diverses préparations ménagères;

Puïpurrother Cousinot, acidulé, fruit de marché ;

Gubener Warraschke, pomme pour la cuisine et pour la cuve ;

Sulinger Grùnling, fruit robuste, à deux fins ;

Rother Eiserapfel, spécialement à cidre ; arbre élevé ; . Rother Trierscher Weinapfcl, première qualité pour cidre ; arbre de route. Il s'agit ici du Pommier «Rouge de Trêves», au port érigé, recommandé par les administrations des Travaux publics ; son fruit brave les tempêtes et se prête au séchage.

La Cerise, dans ses espèces robustes aux climats moyens ou froids, nous procure :

L'Amarelle Royale, cerise pour confire et pour sécher ;

Le Rigarreau blanc de Winkler, dont le fruit séché et « désossé », fait concurrence au raisin de Corinthe ;

Le Rigarreau de Fromm, fruit noir, pour cuisson et séchage ;

Le Rigarreau de Krïiger, fruit noir, pour confitures et « prunelles»;

La Guigne Lucien, beau et bon fruit rouge clair pour tous usages ;

La Griotte d'Ostheim, à confire et à sécher;

La Griotte de Frauendorf, pour tous usages ;

La Griotte de Kleparow, cerise à ratafia ;

La Griotte Welser, à confire et à sécher ;

La Griotte du Nord, à confire ; arbre robuste aux grands hivers.

Quant aux Prunes qui, dans leur ensemble (22 millions de quintaux), constituent une production égale aux Poires et aux Pommes réunies, l'espèce dominante et traditionnelle dans les plantations homogènes, c'est la Quetsche, la Prune nationale d'Outre-Rhin.

Les variétés Quetsche hâtive de Wangenheim et Hâtive d'Essling y supportent les climats les plus rudes.

Quelques espèces locales, à pruneaux, ont été adoptées.

La Poire à cidre produit des types spéciaux qui se dispersent sur les routes et dans les exploitations rurales ; telles sont :

Retzelsbirne, boisson de longue durée ;

Champagner Rratbirne, aujus pétillant comme le vin de Champagne ;

De Weiler, arbre robuste, vigoureux, bon cidre ;

Eisgriiber Mostbirne, arbre rustique au froid, cidre agréable ;

Gelbe Wadelbirnc, fruit allongé, au jus abondant ;

Knausbirne, à sécher et pour cidre ;

Pomeranzenbirnc vom Zabergau, cidre de longue conservation ;

Sievenicher Mostbirne, juteux, acre, à cidre ;

Wildling von Einsiedel, bon poiré comparé au vin mousseux ;

Wolfsbirne, jus clarifiant les vins devenus lourds.

Le poiré est plus recherché sur la rive droite du Rhin, sans doute pour les combinaisons destinées à suppléer à Onsuilisuiice. du vin.

Le Raisin est légendaire sur les coteaux du .Rhin. Le. Nassau et

plusieurs provinces rhénanes vivent du cépage Riesling. Le Chasselas se plait dans les hautes vallées du lleuve, de Bàle à Carlsruhe, où il porte le nom de « Gut-Edel » ; il est très recherché du gourmet et du négociant. D'ailleurs, le Rheingau a vu s'installer des forceries de vignes, façon belge ou anglaise, pour l'approvisionnement des grandes cités allemandes.

Les Noisetiers, les Néfliers, les Cognassiers sont bien répandus, le plus souvent en bordures de parcelles.

La Groseille à grappes est exploitée sur plusieurs points, par exemple à Werder, près de Potsdam ; avec les Cerises, elle a contribué à l'augmentation de la plus value des terrains. Des faits d'expropriation l'ont prouvé.

Les jardiniers et les paysans se livrent à cette culture ; on fabrique beaucoup de vins de Groseilles dans les pays allemands.

Les Framboises, appréciées par leur emploi dans l'industrie des jus, se récoltent dans les jardins ou en plein champ.

La Fraise enrichit de vastes plaines assainies, aussi bien que les jardins maraîchers ; la grande culture s'en est emparée.

Les Vierlandes, près de Hambourg, ont été célèbres en tout temps pour la culture des Fraises. Il en arrive, à Hambourg, de gros approvisionnements conduits par des habitants portant le costume pittoresque de leur province.

Non loin de Dresde, à Kœtzschenbroda, il se tient une bourse de Fraises. De là, en 1890, on a expédié par chemin de fer 40,000 kilog. de ce petit « fruit rouge »; autant, en 1891, ont été dirigés vers Berlin et Leipzig, et par terre, vers Dresde.

L'Airelle Myrtille, broussaille sous-frutescente qui garnit les clairières des bois et des taillis, fournit, ainsi que la Ronce, une baie utilisée dans la fabrique des sirops destinés à la préparation de boissons de table, de confiseries, de compotes.

Une maison de Francfort qui pressait, en 1882, déjà 2,000 kilog. de Myrtille, la Brimbelle des Vosges, utilisait l'année dernière, c'est-àdire dix ans après, la quantité incroyable de i56,ooo kilog.

La Cranbcrry américaine, Oxycoccos, plus riche en pectine, commençait à être exploitée dans les marécages desséchés ou irrigués ; elle s'est retirée dans les jardins d'essai ou de collection.

'Partout, maintenant, se montent des usines à vins de fruits. Les principales sont à Berlin, à Guben, à Grùnberg, à Francfort-sur-le- Mein. Cette dernière ville a la spécialité des Cidres pour l'exportation. Chaque année* il entre dans ses brasseries de province ou cidreries à peu près 35o, 000 quintaux de fruits ; il en sort 4ao>000 ■ hectolitres de Cidre.; ...

Pendant dix années (1880-1889), l'importation des fruits dans l'Empire allemand a été, en moyenne, de 600,000 quintaux.

L'exportation s'est limitée à 25o,ooo quintaux.

Le séchage des fruits, si lucratif au fariner américain, commence à s'implanter à la ferme d'Outre-Rhin. La période décennale précitée donne à l'importation allemande, par année, 260,000 quintaux de fruits sécliés ou confits, estimés 60 francs le quintal, et l'exportation seulement 4,5oo quintaux. Quoiqu'étant reconnus de qualité inférieure, ils n'en sont pas moins devenus une concurrence aux fruits français et américains sur les marchés de la Russie.

En ce moment, on étudie les procédés de fabrication et le perfectionnement du matériel.

L'emploi des appareils de séchage réduira sensiblement les achats à l'extérieur de fruits passés au feu, entiers ou par tranches. Un certain nombre de séchoirs et d'étuves à fruits sont essayés dans les différentes provinces allemandes ; tout fait espérer que le cultivateur saura en apprécier les avantages, d'autant plus que le Gouvernement allemand a compris les fruits séchés au chapitre de l'approvisionnement des troupes de terre et de mer.

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