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IV. — Production maraîchère

En comparant l'étendue du territoire agricole par rapport à la superficie générale, les Iles-Britanniques viennent après la France, l'Allemagne, la Belgique; cette infériorité tient d'une part à la densité de la population dans les districts manufacturiers et au voisinage des ports, et, d'autre part, à l'abondance des eaux et des cimes rocheuses au nord de l'Ecosse et dans les îles septentrionales; mais l'Angleterre prend le premier rang à la culture fourragère.

L'exploitation des légumes est fort étendue auprès des cités, des centres industriels et miniers, à proximité des gares et sur le littoral favorisé par les vapeurs marines ; cependant la production ne répond pas aux besoins de la consommation; la France, la Belgique, la Hollande ne peuvent suffire à combler le déficit.

Un certain nombre de fermes ont fait de la culture maraîchère extensive, dans le but d'approvisionner les fabriques d'extraits, de conserves, de jus, sans oublier le marché public.

Dès le matin, de longs chariots conduisent la denrée à la ville.

A Londres, les légumes et les fruits sont admis aux marchés de Govent- Garden, Borough, Stratford, Spitalfields et Farringdon

La vente des Asperges, des Champignons, des Ognons, des Pois, des Melons, des Pommes de terre, des Carottes, y est toujours profitable. Les légumes-racines les plus gros y obtiennent la pi^éfércncc de l'acheteur.

Autour de la capitale, des champs sont consacrés au Raifort, au Haricot d'P]spagne, au Sprouting Brocoli, à la Courge à la moelle et à toutes les espèces potagères traditionnelles.

Les légumes qui fournissent le plus de tonnes aux statistiques des halles sont, par ordre décroissant : Pommes de terre, Choux, Ognons, Brocoli, Carottes, Navets «Turnips», Pois, Haricots, Concombres, Pétioles de Rhubarbe, Laitues, Fèves, Céleri, Radis, Asperges' Échalottcs, non compris les Citrouilles et les Melons, fort goûtés chez les végétariens d'Outre-Manche. La consommation individuelle de la population de Londres a été évaluée à /Joo grammes de légumes par jour.

Les Pommes de terre qui arrivent par la Tamise sont soumises au mesurage ou au pesage par un « sworn Meter », avant le débarquement, puis transportées à leur marché spécial, Great-Northern, et dans les magasins particuliers « AVharves », sur les rives du fleuve, où elles sont soumises à un criblage de classement.

Le chemin de fer Great Northern a créé auprès de la station King's cross Terminus, dans le West-End, d'immenses docks où viennent se ranger et les wagons de Pommes de terre et les véhicules des acheteurs.

Ce débouché permet à notre Parmentière de figurer aux tableaux de 1891 pour une superficie de 620, 3n hectares, ayant fourni un rendement moyen de 119 quintaux à l'hectare. La surface est ainsi répartie dans la Grande-Bretagne :

Angleterre, i43,63o hectares ; Ecosse, 56,6Zjo;

Pays de Galles, i5,3^o; Irlande, 3o4,66o.

La production irlandaise a été de 3o, 855, 900 quintaux.

En même temps, la Carotte et les Pois occupent plus de 200,000 hectares chacun, les Turneps et Rutabagas près de 900,000 hectares, et les Choux 100,000 hectares de jardin et de pleine campagne, pour la ferme, le marché ou l'usine.

Des cultivateurs ont amélioré ou augmenté le nombre des variétés de Pois, de Betteraves, de Carottes, de Concombres, de Crambés, d'Epinards, de Panais, de Cardons, de Pommes de terre, de Rutabagas, de Tomates, et les négociants en graines les ont promptement répandues dans les Deux-Mondes.

La Fraise occupe de vastes surfaces, particulièrement dans le comté de Kent. Le « Grand Old man », M. Gladstone, a vanté le parfum de la Fraise des îles baignées par la mer ou récoltée dans le comté d'Aberdeen ; cette région de l'Ecosse expédie à Londres plus de 5o,ooo kilog. de Fraises pour l'industrie des conserves.

Le Kent a des fraiseraies d'une telle étendue que les chemins de fer qui les traversent ont dû construire des wagons spéciaux pour le transport des fruits, wagons lâchés sur rails au milieu des champs, et remorqués au retour par un express qui les conduit à Londres.

Les cultivateurs ont des voitures spéciales « Luggage car » pour conduire les petits paniers bombés, de la fraiseraie à la gare ou au marché. Quelques-uns ont des exploitations de 200 hectares qui fournissent dans une journée jusqu'à 10,000 kilog. de Fraises. Le second choix, acheté et récolté par des « Middlemen, » est livré aux confiturcries. Le bénéfice net d'un hectare de Fraisiers atteint de douze cents à cpiinze cents francs.

Depuis longtemps, la grosse Fraise est l'objet de perfectionnements par le semis et la sélection. Voici quelques exemples méritants :

Fraises hâtives. — Alpha. — Amy Robsart. — Early Crimson. — Keen's Seedling. — May Queen. — Noble.

Fraises de deuxième saison. — British Queen. — Doctor Hogg.— •.

Pioneer. — Seedling Eliza. — Sir Charles Napier. — Sir Joseph Paxton. — The Gountess.

Fraises tardives. — Bonny Lass. — Elton. — Enchantress. — Frogmore Late Pine. — Jubilee. — Loxford Hall Seedling.

Les premiers plants de la grosse Fraise importés en Europe, reçus de la Caroline et de la Virginie, sont arrivés d'abord en Angleterre ; de là, le nom de Fraise anglaise donné au type américain.

Primeurs. — La culture forcée n'est pas restée le privilège du domaine royal et du château ; le commerçant s'en est emparé, et les restaurants de luxe peuvent offrir au milieu de l'hiver des Ananas, des Melons, des Concombres, des Choux-fleurs, des Tomates et des Haricots verts, aussi bien que des Pêches, des Abricots, des Prunes, des Cerises, des Raisins ayant poussé sous bâche chauffée au thermosiphon.

Le travail du primeuriste est un véritable art, et dans l'installation des maisons de verre et dans le savoir-faire, qui consiste à distribuer en connaissance de cause l'air, la lumière, la chaleur, l'humidité, enfin les éléments réclamés par la plante et par son fruit.

Des variétés légumières ont été fixées dans un but de hâtiveté.

Les forceries insulaires sont devenues insuffisantes, celles du continent viennent à la rescousse; on peut se convaincre de l'accueil fait à nos primeurs lorsque nous voyons nos voisins accaparer les productions les plus rares des cultivateurs français ou belges.

Les arrivages à contre-saison du Cap et de la Nouvelle-Zélande n'ont pas encore fait baisser le prix des produits si fins et si délicats des cultures anglaises.

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