‹ L'horticulture dans les cinq parties du monde;Chapitre 57 sur 331 · VII. — Floriculture · texte numérisé non relu

VII. — Floriculture

La floriculture anglaise est caractérisée par un luxe de plantes à grand effet, à large développement, à superbe floraison, en variétés rares. Quelle rivalité entre lords et jardiniers !

Une visite aux serres et aux expositions reste inoubliable.

Ne serait pas moins intéressante une promenade au marché aux fleurs ; chaque halle est dotée de salles ou de galeries consacrées aux plantes fleuries et aux fleurs coupées.

Covent Garden, propriété du duc de Bedford, est le plus vaste des marchés aux légumes, aux fleurs et aux fruits. Le hall floral est ravissant dans son décor et son animation.

L'horticulteur fleuriste des grandes cités simplifie ses frais généraux en concentrant son travail sur des spécialités composées de quelques genres, espèces ou variétés, qui plaisent à l'acheteur et se multiplient facilement.

Certaines maisons de Londres ne font pas autre chose que des Orchidées ; d'autres les associent aux Palmiers, aux Fougères ; les Dracénas, les Aralias, les Ficus, les Araucarias et diverses plantes d'appartement sont en plus grandes quantités.

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Les plantes bulbeuses, les Camellias, les Rosiers, les Œillets, les Pélargoniums, les Fuchsias, les Bruyères, les Héliotropes, les Phlox, les Verveines, les Lantanas, les Primevères de Chine, les Résédas, les Cyclamens, les Giroflées, les Chrysanthèmes, les Morelles, le Poinsettia, l'Hellébore, la Violette, le Lilas, les plantes annuelles occupent, successivement, les bâches et les serres des cultivateurs qui alimentent de plantes fleuries les marchés et les magasins.

La fleur coupée est une entreprise fructueuse, témoins les Orchidées, les Anthuriums, le Gardénia, le Stéphanotis, — fleurs boutonnières du gentleman — cpii paient largement les frais d'installation et d'entretien de leurs pavillons vitrés.

Plusieurs de ces usines occupent des légions d'ouvriers, de vingt à trente chevaux, des millions de pots et des quantités incroyables de composts, engrais et terreaux. Leur prospérité est d'autant plus grande que le travail est dirigé par les membres de la famille et le matériel est construit ou réparé par le personnel.

On cite la maison May, à Upper-Edmonton, véritable « Fernery »;

ioo serres meublées de Fougères et quelques genres de vente

assurée : Asparagus, Camellia, Campanula, Carex, Clematis, Croton, Aspidistra, Cyperus, Ficus, Lapageria, Primula, Dianthus...

Les établissements qui ne travaillent pas « for the million » sont irréprochables de tenue. Les plantes fortes y deviennent l'objet de soins particuliers et les nouveautés sont multipliées à outrance Les expositions horticoles, si fréquentes dans le Royaume-Uni, en fournissent la preuve.

Un établissement des plus remarquables et des plus honorables, par la valeur de ses chefs et l'importance des services rendus, est celui de la famille Veitch, à Chelsea, Londres. Sur une surface de 3o hectares, en plus des carrés, des ombrelles, écrans ou rideaux, et des bâches, on compte cent dix grandes serres ; une partie est affectée aux Orchidées et aux Fougères ; plusieurs aux Vignes ; d'autres aux Camellias, aux Rhododendrons, aux Azalées, aux Palmiers et Cycadées, aux Népenthès, aux Araucarias. Les Rhododendrons javanais, les Lis, les Amaryllis, etc. ont chacun leur serre. Des voûtes vitrées sont tapissées à l'intérieur par des Fuchsias.

Un musée d'objets recueillis par les botanistes du « Royal Exotic Nursery » est annexé à la Bibliothèque.

L'Angleterre a toujours eu des voyageurs collecteurs à la recherche de l'inconnu. Certaines maisons, à la piste des nouveautés, font recueillir des chargements de la même plante, les annoncent et les livrent aux enchères publiques.

Une certaine quantité de végétaux exotiques, dits à feuillage ou à

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fleurs, de serre ou de pleine terre, ont fait leur entrée en Europe par la voie britannique et de là se sont répandus sur le continent.

Quelles abondantes et riches collections ont pénétré directement dans les serres et les parterres de nos voisins, depuis l'Orchidée épiphyte indienne jusqu'au Séquoia géant de la Californie, du robuste Palmier australien au Lis japonais si délicat dans ses détails !

Parallèlement, la culture anglaise a cherché des perfectionnements par la sélection ou le semis.

Plusieurs genres d'utilité ou d'ornement doivent à ses horticulteurs de notables améliorations.

Citons parmi les Arbrisseaux de terre de bruyère, les Azalées, les Camellias, les Rhododendrons ; et parmi ceux de pleine terre, la Clématite, la Pivoine; et pourquoi n'y ajouterions-nous pas le Fuchsia, la Verveine, le Lantana, le Bouvardia ?

La série des Pélargoniums à feuille panachée est née en Angleterre. Le groupe « zonale » y gagne des coloris tendres, striés ou éblouissants. Le Fuchsia à fleur double s'y est perfectionné. La Capucine a marginé son feuillage et nuancé sa corolle.

Les Calcéolaires, les Cinéraires, les Primevères de Chine et du Japon sont l'objet d'épurations minutieuses.

La Pensée anglaise, la Rose trémière écossaise ont une marque chez les grainetiers des autres pays.

L'enthousiasme pour le Dahlia a failli tourner au type « simple », encouragé par des intérêts privés.

Quant aux Chrysanthèmes, c'est presque une folie, quoique les graines proviennent de l'extérieur ; mais les flatteurs ont nommé « méthode anglaise » la série de procédés suivis au Japon pour obtenir de larges capitules, procédés décrits par Robert Fortune, et.... les enfants d'Albion ont dépassé les fils du Soleil !

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