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V. — Production fruitière

Depuis la Basse-Autriche, où la persistance des pluies et des brouillards force le cultivateur à se borner aux Poiriers robustes, aux Pommiers qui fleurissent tard, aux Cerises aigres et aux Prunes de séchage, jusqu'au golfe de Trieste « où fleurit l'Oranger » encadré de Figuiers, de Limoniers, d'Oliviers, d'Arbousiers, de Grenadiers, de Bibaciers, de Pins pignon... entre ces deux extrêmes, Pomone a semé ses trésors, suivant un mot classique.

La production autrichienne et hongroise des Prunes à séchage, jointe aux arrivages de Bosnie et de Serbie, qui exportent 600,000 quintaux de Prunes sèches, fournit un stock important de Pruneaux.

Le port de Trieste embarque des tonnes de Prunes séchées, pour New-York et d'autres destinations.

On compte, en Bohême, 24 millions d'arbres fruitiers. Les contrées de Lobosia, Jii'in, Kralové, Kradec, jusqu'au Chrudim, au nordouest de cette province, présentent l'aspect d'une forêt fruitière.

La récolte est généralement dirigée vers l'Allemagne, et le produit atteint une valeur de dix millions de francs.

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La Pomme a des fruits locaux estimés au marché ; telles sont :

Gossonet de Kienast à floraison tardive ;

Edel Rother et Edel Tâubling, du Tyrol ;

Pojnick, originaire de Bojkov, en Moravie ;

Batulloen Apfel, de Transylvanie ;

Pogasca-alma, qui brave les tempêtes dans les steppes sablonr neuses de la Hongrie :

Tôrôk-bàlint, Sôvàri, Sreica, de la Croatie, de Hongrie ;

En Bohème: Isinové, Framboise d'Holovous, Kminové, Kosikové, Malvazinka, Salové, Muskat-Reinet, Vejlimek, Yirzinské.

La Pomme de Romarin, qui doit son nom au parfum qu'elle dégage, forme la base des vergers du Tyrol méridional. Le revenu d'un arbre ayant été évalué à 4o francs, le Gouvernement autrichien a, sur ce chiffre, établi l'impôt foncier des plantations fruitières.

La question des fruits à introduire en Autriche a été traitée au Congrès international de Pomologie qui s'est tenu, à Vienne, du i au 7 octobre 1873. Des délégués des principales provinces y assistaient et ont recommandé le choix de vingt Pommiers et de vingt Poiriers aux planteurs.

Voici ces quarante variétés admises par l'aréopage et appelées dans leur ordre de maturité :

Pommes.

Gharlamovski (Borovitsky.) Reinette Harbert.

Pearmain d'été. Reinette d'Orléans.

Cludius d'automne. Beaufin strié.

Pearmain de Schwarzenbach. Ribston Pippin.

Non-pareille de Langton. Reinette grise du Canada.

Pearmain écarlate. Reinette Oberdieck.

Reinette de Burchardt. Court-pendu royal.

Noble jaune. Reinette Baumann.

Orange de Blenheim. Reinette de Champagne.

Wagener. Wellington (Dumelows'Seedling.)

Poires.

Souvenir du Congrès. Golmar d'Arenberg.

Seigneur (Esperen). Soldat Laboureur.

Fondante des bois. De Grumkow.

Beurré Hardy. Conseiller à la Cour.

Poire Dechaut Dillcn. Nouveau Poiteau.

Beurré Capiaumont. Passe Colmar.

Marie-Louise. Golmar Né lis.

Beurré Superfîn. Beurré de Rance.

Louise bonne d'Avranches. Beurré Sterckmans.

Duchesse d'Angoulême. Joséphine de Malines.

Ces excellentes variétés ont pénétré au verger. On le reconnaît aux approvisionnements du marché, arrivant par voie ferrée, par chariots ou par le Danube,

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Eu même temps, de bonnes variétés étudiées et recommandées dans les congrès français ou allemands, faisaient leur entrée dans les pépinières et les jardins d'expériences.

Le commerce des fruits a dispersé son siège à Goriee, à Bozen, à Meran, à Gratz, à Marbourg, mais il est arrêté brusquement aux frontières de Russie, de Roumanie, de Serbie, de Turquie, par suite de mesures douanières restrictives.

L'industrie des conserves de fruits, et surtout leur dessiccation, a acquis une certaine importance, depuis que le Ministère a décidé que les séchons de fruits devaient être compris au chapitre des approvisionnements de la flotte et de l'armée.

Plusieurs types admis au séchage traditionnel, par les paysans du Tyrol, de la Styrie, de l'Istrie, de l'Illyrie, de la Bohême et de la Moravie, sont scrupuleusement respectés.

Hongrie.

Les arbres fruitiers sont répandus et considérés en Hongrie. Les contrées qui se sont acquis une plus grande réputation sont : La Vallée du Danube sur les rives du Tisza et du Maros, le beau pays transylvain, les contrées de l'Ouest, et le comitat de Soprony ; les fruits y viennent superbes et en excellente qualité.

L'arbre vraiment populaire de la Hongrie est sans contredit le Prunier, surtout l'espèce connue sous le nom de « Beszterçze ». Plaine ou colline, tout lui convient ; il s'accommode même des hautes vallées, et partout son fruit est très estimé, à tel point que l'habitant de certains villages en compose parfois, avec le maïs, sa principale nourriture. Les Prunes non consommées, fraîches ou sèches, servent à faire une marmelade d'un placement facile, ou d'excellente eau-de-vie.

Les Cerisiers, quoique propagés partout, prédominent à travers les comitats du centre. La Griotte, dite d'Espagne, prospère particulièrement au bord du lac Balaton et parmi les comitats de Szeps et de Verôcze, où elle frappe par sa beauté et sa grosseur.

Kôrôs est un centre d'exportation de Cerises et de Griottes.

Les Abricotiers ne se distinguent pas par la qualité de leurs fruits, bien qu'ils soient recherchés auprès des villes. Debreezen, Kecskemët, Nagy-Kôrôs sont les contrées de production.

Le Pêcher donne de bons fruits; leur réputation commence à baisser depuis que les chemins de fer permettent de tirer d'Italie deg Pêches qui sont plus appréciées pour la forme et la grosseur.

Les Pommiers et les Poiriers, plus estimés, sont remarquables

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par la beauté et par la bonté de leurs produits, dans les comitats de de Poszega, de Verôcze, de Baranya, de Somogy.

Les Noyers et les Châtaigniers prospèrent à 600 mètres; mais ils ont beaucoup à souffrir des gelées du printemps sur les plateaux froids. Les Châtaignes sont petites, et plus douces que celles d'Italie; les Noix ont la coque mince et l'amande agréable au goût.

Les Figuiers croissent à l'état sauvage en Croatie et, çà et là, à l'abri des forêts de l'ancien Banat.

Les Grenadiers et les Oliviers n'ornent que le littoral.

Les Groseilliers sont communs au jardin et au champ de vigne.

En dehors de la production du potager ou du jardin, la Fraise, la Framboise, la Mûre, le Cynorrhodon se récoltent dans la forêt ; — or, la Hongrie compte 9,600,000 hectares de forêts. Nous citerons la propriété de fondation de Pilis-Maroth, qui encaisse 3,5oo à 4>ooo francs de fermage annuel pour la récolte des fruits d'une forêt de 3oo à 400 hectares de jeunes taillis.

La zone du vignoble hongrois est la transition de la plaine à la montagne ; on y retrouve les cépages renommés du vignoble français. Tout n'est pas livré à la cuve; une grande partie des raisins sont vendus au marché ; toutefois le Chasselas occupe le premier rang au verger et au jardin. Une certaine quantité de raisins à vin est exportée vers la Russie et vers l'Allemagne.

La vigne sous verre a commencé son installation dans le domaine de3 grands propriétaires.

La Hongrie reçoit de l'Autriche 20,000 quintaux métriques de fruits frais ou secs, et moitié autant de l'étranger.

Sa production est évaluée à trois millions d'hectolitres de fruits.

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