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POMMES A CIDRE DE TROISIÈME SAISON

Bédan Saint-Hilaire. Grise Dieppois.

Binet blanc. Hauchecorne.

— rouge. Marabot.

Bramtot. Marin-Onfroy.

De Boutteville, Or-Milcent.

De Filasse. Peau-de-Vache (nouvelle).

Fréquin-Audièvre. Rouge Avenel.

Galopin. Rouge de Trèves.

Groseiller. Rousse Latour.

Nous avons donné le chiffre officiel de la récolte en pommes de 1892, d'après le Ministère de l'Agriculture. L'Administration des Finances, de son côté, déclare que le Cidre de cette même année est évalué à 15,141,000 hectolitres. Mais nous ne devons pas ignorer deux faits capitaux: l'on met sous le pressoir des fruits de provenance étrangère et, d'autre part, certaines Pommes à cidre où « à deux fins » sont livrées à la consommation.

Cependant, il est reconnu qu'une plantation de cinquante Pommicrs peut produire 3,000 kilogr, de fruits qui, pressurés, rempliront douze barriques de Cidre, de 295 litres chacune, soit une pièce pour 250 kilogr. de Pommes.

Or, un hectare peut contenir cent arbres, sans nuire aux herbages,

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PRUNIER. — Le Prunier est dispersé sur toute l'étendue du territoire. Son fruit est consommé frais ou se transforme en confi. tures, pâtisseries, confiseries, ou se soumet au séchage, ou se conserve en bocal, ou même se distille à l'alambic.

De là, la popularité des Prunes et du Prunier.

La Reine-Claude est la variété la plus répandue, Combien de villages, en Brie, en Bourgogne, en Champagne, en Lorraine, en Picardie, dans l’Anjou, la Touraine, le Bordelais, le Roussillon, le Languedoc, la Provence, le Dauphiné, le Lyonnais, et la banlieue de Paris, qui perçoivent de 50,000 à 150,000 francs de Reine-Claude ?

Les vallées de la Seine, de la Loire, du Rhône, de la Garonne sont favorables aux plantations de ce genre, en plaine, en côteau, par massifs ou disséminées dans le vignoble,

Nous pourrions citer des vergers dont la récolte a été vendue sur pied 50, 60, 80 francs par arbre.

Le prix du beau fruit est majoré par les confiseries, et celui du fruit précoce l’est par la consommation directe.

Les tenanciers des jardins côtiers abritent leurs légumes des raffales marines par des lignes de Pruniers, en partie de la Reine-Claude ou de la Victoria, destinées aux enfants d’Albion.

Si Paris reçdit 2,500,000 kilogr. de la Reïine-Claude, il entre en même temps 1,500,000 kilogr. de la Mirabelle, non moins précieuse,

Gette excellente petite Prune jaune ambrée a établi son quartier général en Lorraine, particulièrement aux environs de Saint-Mihiel et de Verdun, entre Apremont et Damvilliers, sur le versant Est des Argonnes orientales, chaine de collines qui sépare le bassin de la Meuse du bassin de la Moselle,

Les villages qui bénéficient de cette exploitation sont ceux de Woinville, de Buxières, de Heudicourt, de Saint-Maurice, du Thillot, de Haudimont, de Châtillon-sous-les-Côtes… enfin de toute la zone viticole parallèle au cours de la Meuse.

Le Mirabellier y réussit admirablement en vergers purs, en présvergers, associé à l'arbre à fruits à pépins, ou répandu dans les vignes du pays des Trois-Évéchés. Là, notre Prunier produit, — sur le pied de 15 francs le quintal de fruits : 1 franc à l'âge de G ans: 8 francs à l'âge de 12 ans; 19 francs à l’âge 16 ans: 15 francs à l'âge de 20 ans, et au delà.

« Établissons notre calcul de rendement, écrit un honorable agronome de Saint-Mihiel, au Traité de la Culture Jfruitière commerciale el bourgeoise : à dix ans, un Mirabellier produit annuellement et en moyenne soixante kilogrammes de fruits. Entre vingt et quarante ans, il produira facilement un quintal de fruits, Or, avec un hectare

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de terrain renfermant deux cents sujets, espacés de sept mètres, on obtient, à dix ans, cent vingt quintaux, et de vingt à quarante ans, deux cents quintaux métriques de Mirabelles, Ces fruits, vendus au prix moyen de quinze francs le quintal, donneront un total annuel de dix-huit cents francs, dès l'âge de dix ans, et de trois mille francs dans la période de vingt à quarante ans.

II faut, à la vérité, faire entrer en ligne de compte les pertes de récolte occasionnées par les intempéries.

€ D'un autre côté, on ne doit pas oublier que le prix de quinze francs le quintal est un minimum souvent dépassé.

« En admettant que les frais d'installation, c’est-à-dire d'achat et de plantation de deux cents Pruniers par hectare, se soient élevés à mille francs,.en admettant encore que les intempéries diminuent le revenu annuel d’un tiers, il n'en est pas moins vrai que, dans nos localités, un seul hectare de Mirabelliers en verger peut donner, avec moins de main-d'œuvre, plus de bénéfices nets que dix hectares de blé semé dans les champs voisins, et médiocrement fumé... y»

La vente se fait directement aux courtiers qui viennent, sur place, faire annoncer, au son du tambour, le prix offert,

« Le moment psychologique du pesage des fruits est bien intéressant. Les villageoises qui, en Lorraine, tiennent parfois la bourse, assistent à la pesée et couvent la balance des yeux, pour ne pas laisser à l'acquéreur la velléité de se faire trop bonne mesure, Que de récriminations et combien d'histoires auprès de la balance-bascule ! — réédition plus ou moins amplifiée des causeries du lavoir ou de la veillée.….

«€ Notez que le personnel féminin est assez nombreux et se renouvelle dans « l'enceinte du pesage », les plus gros propriétaires du pays n'ayant guère plus de cent pieds d'arbres en Mirabelle.

« Le transport à la gare se fait au moyen de chars à quatre roues, attelés de un, deux ou trois chevaux, et munis de leurs brancards à foin,

« Les principales gares expéditrices sont celles de Lérouville, ligne de Bar-le-Duc à Nancy, et Eix-Abaucourt, ligne de Verdun à Metz...

« Somme toute, ajoute M. Louis Hast, le paysan s'enrichit et agrandit son patrimoine; car nos caisses d'épargne comptent d'autant plus de déposants que le village comporte davantage de vergers ou de prairies. »

L'espèce cultivée, de pied franc ou greffé, est la Petite Mirabelle, dite de Metz, la plus recherchée pour les conserves, la pâtisserie, la confiserie; puis la Grosse Mirabelle, dite de N ancy, également bonne

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