V. — Forêts
L'ancienne splendeur agricole de la Tunisie semble avoir coïncidé avec la période romaine ou bysantine, et depuis, les Arabes, saccageant les forêts et les vergers, en ont arrêté la prospérité,
Pendant trop longtemps, la région montagneuse a été abandonnée aux arabes Tripolitains qui vivaient exclusivement du produit de leurs chèvres et de la fabrication de la chaux ; un déboisement successif et ruineux en a été la conséquence.
Si l’indigène persiste à incendier les taillis et fourrés pour y trouver ensuite un tendre pâturage pour ses troupeaux, le Gouvernement actuel emploie tous les moyens en son pouvoir pour défendre et protéger les boisements. Le service officiel de l'État, secondé par la Chambr- d'agriculture, les Comices, les Jardins d'essais et les Pépinières, recommande et propage les essences appropriées au sol, au climat, aux influences désertiques ou marines.
Les pépinières de Crétéville, à la firme Crété et Ce; de Soliman, à M. de Carnières; de Bordj-Cédria, à Paul Potin, les multiplient et les livrent aux planteurs.
Ici, le Chêne-Liège et le Chêne-Zan ; là, les Pins, les Callitris ou Thuias, les Cèdres ; ailleurs, les représentants de la flore australienne,
On évalue à 135,000 hectares l'étendue des forêts de Chêne-Liège, et leur démasclage à plus de 100,000 quintaux de Liège représentant une valeur commerciale qui dépasse 7 millions de francs,
Les Pépinières et les Jardins d'études précédemment cités ont introduit des essences moins connues et en ont fait don ou vente à bas prix aux planteurs. Les expériences de reboisement avec leurs succès et leurs revers, pratiquées depuis plus longtemps en Algérie, sont autant de leçons à ofrir au Tunisien.
De grands domaines, d'ailleurs, entreprennent des iravaux de plantation qui ne doivent pas rester inaperçus. Ksar-Tyr à Pilter, Bordj-Cédria à Paul Potin, l'Enfida, d'une contenance de 120,000 hectares, à la Société franco-africaine, enfin le domaine de la Compagnie de Bone-Guelma, installé en 1879, lors de la construction de la voie ferrée de Medjerda, fournissent des exemples frappants des richesses réservées à la Tunisie par l’arboriculture forestière.
Sur un vœu de la Chambre consultative, le service forestier est rattaché à la Direction de l'Agriculture, et disjoint de l'Administration des Travaux publics,
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Il. — Culture potagère.
Les climats divers de la Turquie autorisent la culture de produits variés ou de saisons différentes,
De bonne heure, viennent débarquer au port animé de la Corne d'Or, à Constantinople, les Pastèques et les Melons de Jaffa; un peu plus tard, les mêmes productions arrivent successivement de Tripoli, de Rhodes, de Smyrne; ces deux derniers centres envoient ensuite leurs principaux légumes : Fèves, Petits Pois, Haricots, Artichauts, Tomates, Aubergines,Concombres, sans oublier la Ketmie comestible, nommée « Bamié », le Gombo, dont on mange les jeunes fruits.
Une bonne partie des denrées alimeniaires est encore dirigée sur Odessa, et vers les principaux ports de l’Archipel, de l'Autriche, même d'Alexandrie.
A ces primeurs succèdent, sur les marchés de la Turquie d'Europe, les légumes récoltés dans les jardins qui avoi tinent les grandes villes, de préférence sur le bord des rivières ; ils sont généralement cultivés par des Bulgares.
Ce sont les Artichauts, Aubergines, Céleris, Choux, Choux-fleurs, Concombres, Épinards, Fèves, Gombos, Haricots, Lentilles, Melons, Navets, Pastèques, Poireaux, Pommes de terre, Salades, Topinambours, Tomates, et surtout la Tomate verte acide dite «Kavata », etc.
Les environs de Stamboul produisent des Artichauts renommés et des Fraises qui font l'objet d'un commerce important ; celles-ci sont d'un rose pâle, et si elles ne possèdent pas le coloris brillant des variétés cultivées dans l'Europe occidentale, elles exhalent un parfum plus pénétrant.
Tout récemment, le Chou de Bruxelles et l'A sperge ont fait, avec succès, leur apparition sur les marchés.
Les riches contrées voient progresser la culture potagère. Le bassin de la Maritza, les plaines de Sérés et de la Salamvria, les environs de Saionique, de Janina, d'Andrinople, étendent leurs champs de plantes alimentaires ; les vallées de l’Anatolie se préparent à l'exploitation des primeurs.
Après une période de tâtonnements et d'encouragements, tous les efforts réunis ont contribué à mettre d'accord la production avec la consommation. Il en résulte même un supplément de légumesracines, de légumes-fruits ou de légumes-feuilles qui, exportés, représentent un chiffre de 4 millions de francs.
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Les plaines > la Basse-Albanie ou Épire s'enrichissent avec la Vigne et les :.\ores fruitiers. Le Raisin, excellent de qualité, produit un bon vin alcoolisé ; l'indnstrie des Raisins secs n'y a pas encore atteint le degré de perfection obtenu dans d’autres provinces.
Aux environs de Brutrinto, de Santi-Quaranta et de Pargha, on récolte en quantité des Amandes et des Noix.
Quant aux Oliviers, ils arrivent à une taille très élevée et forment de véritables forêts.
Tous ces produits, apportés sur les marchés de l'Orient, trouvent un débouché immédiat, quoiqu'ils aient été devancés par les primeurs fournies par l’Asie-Mineure ; cette annexe ultra-marine fait concurrence à la métropole, comme l'Algérie à notre Provence française.
Les premiers fruits mis en vente sont d’abord les superbes Oranges et les Citrons de Jaffa, puis, successivement, ceux de Tripoli, des îles de Candie, de Chypre, de Chio, de Rhodes, enfin de Smyrne.
Ces régions envoient ensuite en abondance, Abricots, Amandes, Cerises, Pêches, Poires, Pommes, Coings, Figues, Grenades, Olives.
Pendant le cours de l’année, on peut déguster les délicieux Abricots de Damas et de Beyrouth ; on les consomme frais en été et séchés en hiver; dans cet état, ils conservent la délicatesse de leur parfum.
Les îies de l'Archipel cultivent le « Frapa », hybride du Bigaradier et du Cédratier, très estimé pour les confitures.
Quant au Raisin, son aspect engageant et sa saveur exquise lui assurent une vente certaine ; il figure bon premier sur les marchés russes, avant les originaires d'Espagne.
D «illeurs, le passerillage en emploie des quantités énormes: la France, à elle seule, reçoit jusqu'à 30 millions de kilogrammes de Raïsins secs, provenant surtout de Smyrne qui s’est fait, de cette production, une réputation européenne.
Les variétés de Raisins les plus répandues sont : Soultanina: Rosakia ;
Les «Noirs », se divisant en plusieurs sous-variétés, portent le nom de leurs localités de production : le Voula, le Tzesmé, ete.:
Le Thyra, de Smyrne, spécial aux vins de coupage ;
Le Vouria, destiné aux vins de liqueur, façon Madère.
L'ile féconde de Samos cultive le Muscat, base d'un vin alcoolique de dessert, et les plants Noirs destinés au séchage.
Près de 50 millions de kilogrammes de Raisins, produits par le Vilayet d'Alep, entrent moitié à la cuve et moitié au passerillage.
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vement des caisses et des sacs de Figues sèches P essaims de jeunes filles juives, grecques ou a
Les premières qualités de Figues sèches, en caisses de I Sont vendues de 50 à 70 fr. les 100 kilogr,, L Ch vastes sacs et cotée 35 fr.
Ïa France, et tonifier les y
ses vergers de Figuiers, véritables
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Riche en figueraies et en vignobles, le vilayet d'Aïdin, de l'Asie- Mineure, conduit ses récoltes au port de Smyrne et livre à bord, 11 Paraît que des industriels autrichiens viennent y acheter les Figues
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En matière d'exportation, les paquebots et les chemins de fer emmènent encore chaque année une quantité appréciable de Dattes, d'Oranges, de Citrons, de Noisettes et d'Abricots.