‹ L'hospice des enfants-assistésChapitre 10 sur 46 · IV · texte numérisé non relu

IV

38 LA I^ETITE MÈRE

la sœur Aimée-de-Jésus, sous l'œil vigilant de la Révérende Mère Supérieure, à tous les exercices de la chapelle, à tous les travaux de Tatelier.

Depuis le commencement de la guerre, le révérend père Miquelard, qui faisait auparavant des visites hebdomadaires à certains magasins bien notés, dans le but d'obtenir de la besogne pour ses enfants, avait cessé toutes démarches auprès des négociants pieux de la ville. Mis en relation avec la Préfecture par une influence inconnue, — peut-être celle du vicomte Eustazade de la Livinière, — une énorme commande de charpie lui était échue en lot, et les petites ouvrières de la rue Thiac n'avaient cessé d'efiîler du vieux linge et de plier des paquefs pour le gouvernement.

Madeleine s'appliquait au travail avec les autres dans la salle basse, et entassait brin de fil sur brin de fi] . Flavie Réthel, la mignonne fillette remarquée dès le premier jour, assise sur un tabouret, trimait, elle aussi, de ses dix doigts. Quand elle était lasse, elle inclinait sa tête brune sur les genoux de sa protectrice et sommeillait.

« Elle est ravissante ! » pensait Madeleine.

Elle ne pouvait s'empêcher de la caresser d'un regard, mais elle se serait bien gardée de l'embrasser, de peur d'une réprimande de la Révérende Mère Supérieure; dont le petit œil vif était ouvert à tout et à toutes, et qui ne savait supporter la moindre infraction au règlement.

NOVICE SANS LE SAVOIR Sç

Ce règlement, affiché aux murailles nues de Patelier, disait :

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