‹ L'hospice des enfants-assistésChapitre 45 sur 46 · X-oulou vers Nadalewski · texte numérisé non relu

X-oulou vers Nadalewski

— Mon père Stéphane, ma mère Nadalewska, leur dit-elle, vous l'adopterez, n'est-il pas vrai ?

— Elle est notre fille, répondirent-ils ensemble.

— Je veux qu'elle s'appelle désormais Marie David- Nadalewski.

— Nous te promettons qu'elle s'appellera désormaiî Marie David-Nadalewski.

Elle promena un œil inquiet, furetant à travers 1 chambre, cherchant quelque chose ou quelqu'un.

— C'est singulier, dit-elle, comme ma vue a bais? Est-ce que, par hasard, je vais devenir aveugle

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présent?... Maman est-elle rentrée de chez M. Roussillon-Barbotte?...

— Roussillon-Barbotte ? Le notaire de M. Grégoire Phalippou ? gronda Nadalewski.

— Si vous saviez toutes les commissions que rOrdre du Jugement-Dernier lui a mises sûr les bras!... Elle n'est pas encore rentrée ?

— Non, répondit la sœur Bénédicte.

— Hélas ! reprit-elle, tournée toujours vers notre philosophe de Bellevue, hélas I c'était seulement pour vous dire combien je suis malheureuse de n'avoir rien à donner à ma filleule, d'être dénuée à ce point que je ne puis pas même lui faire le plus petit cadeau...

— La renonciation à la succession paternelle qu'on t'arracha n'a aucune sorte de valeur, intervint Nadalewski frémissant, et, s'il te convenait de faire un testament en faveur de Marie David...

— Oui, mon bon père Stéphane, maman ne me l'a pas caché, je pourrais revenir sur la donation que je fis au chevet de mon père mourant. Mais j'étais de bonne foi quand j'abandonnai mon bien à l'Ordre du Jugement-Dernier, j'étais en pleine possession de mon intelligence, et reprendre à Dieu l'offrande que je le priai d'accepter, pour en enrichir ma Loulou, ce serait exposer à la fois et mon salut et le salut de mon enfant...

Nadalewski, révolté à la pensée que madame Fuster

L*ADOi>TÎON ,^4^

n'était pas venue à Paris pour y assister sa fille mourante, mais pour y protéger jusqu'à la fin les intérêts de M. Grégoire Phalippou, allait répondre, quand sa femme, passant devant lui vivement, se pencha vers notre petite mère :

— Nous sommes riches, ma mignonne, lui dit-

cile, et tu as bien fait, en ce qui concerne ta fortune,

de ne pas désobliger ta mère. L'argent n'est rien. Si

jamais — ce qui n'arrivera pas — tu venais à manquer

^ ta filleule, tu le sais, elle est notre fille, et tout ce

^Ue nous possédons...

— Oui, oui, tout ce que j'ai gagné sera pour elle, interrompit Nadalewski, voulant à tout prix restituer à la mourante la paix morale, la quiétude, le repos de l'âme et de l'esprit.

— C'est égal, soupira-t-elle, détachant chaque mot lentement, un à un, c'est égal, je suis encore si peu dépouillée de la terre qu'il m'est pénible de n'avoir rien, absolument rien... Ma mère m'a pris tout... Elle aura beau me répéter que Dieu me comble de ses grâces en m'accordant de mourir dans un hôpital, au milieu des pauvres et des orphelins, elle a bien fait d'arriver de Lormières pour remonter mon courage qui faiblissait, car sans elle...

— Sans elle, continua Nadalewski, nous aurions connu la joie de te soigner chez nous, rue Barbet-de- Jouy.

«- Oui... rue Barbet-de-Jouy, dans la chambre dé

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