NOS PAUVRES SOLDATS I
— Et VOUS venez sans doute chercher la sœur Aimée-de-Jésus?
— La sœur Aimée-de-Jésus ! s'écria-t-il d'un ton froid, presque dédaigneux, qui dévoilait combien ce moine, rendu cruel par la fièvre de son entreprise, prisait peu les êtres quUl avait une fois subjugués, soumis.
— Elle cit une de vos religieuses.
— Et vous, n'êtes- vous rien pour l'Ordre du Jugement-Dernier, qui ne vivrait pas sans l'appui de vos mains toujours débordantes de charité ?
— O Révérend Père Supérieur, merci I murmurat-elle, guérie de la blessure reçue dans la sacristie de Saint- Avertin et les yeux humides de reconnaissance.
En ce moment pathétique, Stéphane, Madeleine, madame Nadalewska, la sœur du Jugement-Dernier, lesquels avaient aperçu la calèche, entrèrent dans le salon.
— ... Ce n'est pas seulement pour la sœur Aiméede-Jésus que j'accours, articula fortement le prêtre, ayant l'air de poursuivre un entretien commencé ; c'est aussi pour vous, madame, pour mademoiselle Fuster, pour madame Nadalewska, et, s'il m'est permis d'aller jusqu'au bout de mon sentiment, car un sentiment seul- de respectueuse amitié me ramène, pour M. Nadalewski, mon adversaire et jamais mon ennemi.
— De quoi s'agit-il donc ? demanda Stéphane.