‹ L'hospice des enfants-assistésChapitre 6 sur 46 · IV · texte numérisé non relu

IV

Le moine parla de la situation de Tours, menacé de bombardement.

— Mais les Prussiens ne viendront pas au Pertuis, je pense? dit le philosophe, que l'idée d'une fuite nouvelle tout ensemble humiliait et indignait, en lui faisant sentir plus amèrement et son malheur personnel et le malheur de la patrie.

— La barrière de la Loire franchie, sait-on jusqu'où l'armée allemande, qui ne rencontrera plus d'obstacle sérieux devant elle, peut étendre ses ravages, répliqua le révérend père Phalippou avec une visible épouvante... Non, non, reprit-il chaleureusement, personne, désormais, n'est en sûreté ici, et je vous invite, je vous supplie, je vous adjure tous de me suivre aujourd'hui à Bordeaux. La maison que je possède là-bas, et que je dois à la munificence du général Fuster, est petite, mais elle sera assez grande pour servir d'abri à la femme, à la fille, aux amis de mon bienfaiteur... Dans la paix de l'Ouvroir Saint- Grégoire de Nazianze, nous prierons pour qu'il plaise à Dieu d'avoir pitié de la France, pour qu'il veuille l'arracher sans retard du milieu des batailles, pour qu'il daigne panser ses blessures et lui rendre la vie.

— Nous sommes prêts à partir. Révérend Père Supérieur, dit la baronne.

— Quanta moi, madame... articula Stéphane vivement.

— Quant à vous, vous partirez avec votre femme

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