‹ L'hospice des enfants-assistésChapitre 7 sur 46 · NOS PAUVRES SOLDATS · texte numérisé non relu

NOS PAUVRES SOLDATS

et avec votre fille , interrompit Madeleine lui fermant la bouche d'un geste mutin.

Elle fit trois pas, et, d'une secousse énergique, ouvrit un des battants de la porte vitrée du salon.

Les cîeux continuaient à se vider sur la terre en lourds amoncellements de neige. Les flocons énormes, liés les uns aux autres^ formaient dans Pair comme une nappe immense à travers laquelle passait péniblement un jour indécis et blafard. Le canon, comme un tonnerre sourd, grondait longuement à travers ces vagues confuses.

— Et vous croyez, mon père Stéphane, repartit Madeleine, que nous vous abandonnerons seul au Pertuis par cet horrible temps !

Le philosophe considéra les masses roulantes qui s'abîmaient dans l'atmosphère épaisse, et ce cri déchirant s'échappa de sa poitrine oppressée :

— Nos soldats I nos pauvres soldats !

Les jfronts se courbèrent, puis des larmes parurent dans tous les yeux.

L^OUVROIE SAINT-GRIÎGOIRE.

La maison que le révérend père Phalippou poss| dait à Bordeaux, rue Thiac, était, en effet, très petit! Elle avait deux étages seulement. Au rez-de-chausséi quatre pièces sombres et humides affectées à divei services : à la cuisine, au réfectoire, aux ateliers 4 couture ; au premier, les chambres destinées à laRév4 rende Mère Supérieure et aux Sœurs dirigeantes ; a second enfin, le dortoir , mansardé, oti s'alignaient 1< couchettes blanches des jeunes i)uvrières, — des ei fants de dix à seize ans, orphelines de père et de mèi pour la plupart. La façade de FOuvroir du Jugemen Dernier donnant sur la rue, délabrée, tachée c jajures de plâtre zigzaguant dans tous les sens et qi

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