‹ L'hôte à ValiquetChapitre 6 sur 11 · Scène II · texte numérisé non relu

Scène II

Valiquet, Benjamin, Fanfan, Victor, Cyrille, Anthime, Auguste, Philippe, Alphonse.

Victor.

Est-il drôle ce Joachim avec ses morales !

OU LE FRICOT SINISTRE

Anthime.

Nous voici bien débarrassés. Je n'aime pas ces nuages sombres au milieu du beau temps et de la joie. Laissez-les s'enfouir, (il chante)

Et moi je m'enfoui, foui,

Et moi je m'enfouyais.

Tous.

Et moi je m'enfoui, foui, Et moi je m'enfouyais.

Anthime.

C'est en passant près d'un moulin Que le moulin marchait, (bis.)

Tous.

C'est en passant près d'un moulin Que le moulin marchait, (bis.)

Anthime.

Et dans son joli chant disait :

Ketiketac, ketiketac,

Moi j 'croyais qu'il disait :

Attrape, attrape, attrape, attrape,

Et puis je m'enfoui, foui,

Et puis je m'enfouyais.

Tous.

Et puis je m'enfoui, foui, Et puis je m'enfouyais.

(Et ainsi de suite . )

Anthime.

C'est en passant près d'un' prairie

Où les faucheurs fauchaient, (bis.) Et dans leur joli chant disaient :

Ah î l'bieau faucheur, ah ! l'beau faucheur !

Moi j'croyais qu'ils disaient :

Ah ! v'ia l'voleur, ah ! v'ia l' voleur.

Et puis je m'enfoui, foui,

Et puis je m'enfouyais.

C'est en passant près d'une église,

Où les chantres chantaient, (bis.) Et dans leur joli chant disaient :

Alléluia ! alléluia !

Moi j'croyais qu'ils disaient :

Ah ! le voilà ! ah ! le voilà !

Et puis je m'enfoui, foui.

Et puis je m'enfouyais.

C'est en passant au poulailler

Où les poules chantaient, (bis.) Et dans leur joli chant disaient :

Cou-cou-ricou, cou-cou-ricou.

Moi j'croyais qu'ell' disaient:

Coupons-y l'cou, coupons-y l'cou,

Et puis je m'enfoui, foui,

Et puis je m'enfouyais.

Anthime.

C'est tout, mes amis.

Victor.

Bravo ! bravo !

Tous.

Hourra! hourra! pour Anthime!

Valiquet.

Vite, vite, tandis que c'est chaud, encore une chanson. Tous.

Une chanson ! une chanson !

Cyrille .

Mariann' s'en va-t-au moulin, (bis.) Tous.

Mariann' sfen va-t-au moulin, (bis.) Cyrille.

C'est pour y fair' moudre son grain, (bis.)

OU LE FRICOT SINISTRE

Tous.

C'est pour y fair' moudre son grain, (bis.)

Cyrille.

A cheval sur son âne, Ma p'tit' mamzelle Marianne, A cheval sur son âne catin

S'en allant au moulin.

Tous.

S'en allant au moulin.

(Ainsi de suite)

Cyrille.

Le meunier qui la voit venir, (bis.) S'empresse aussitôt de lui dire : (bis.)

Attachez donc votre âne, Ma p'tit' mamzelle Marianne, Attachez donc votre âne catin

Par derrièr' le moulin.

Pendant que le moulin marchait, (bis) Le loup tout à Tentour rôdait, (bis)

Le loup a mangé l'âne, Ma p'tit' mamzelle Marianne.

Le loup a mangé l'âne catin

Par derrièr' le moulin.

Fanfan.

Ah ! ah ! pauvre Marianne !

Cyrille.

Mariann' se mit à pleurer ; (bis.) Cent écus d'or lui furent donnés, (bis.)

Pour acheter un âne, Ma p'tit' mamzelle Marianne, Pour acheler un âne catin

En r'venant du moulin.

30 i/nOTE A VALIQUET

Benjamin.

Uq coup à ta santé de Marianne î

Tous.

C'est bon, un coup ! un ccup !

Benjamin.

Encore un petit coup d'piton Pour me remelt', pour me remettre, Encore un petit coup d'piton Pour me remettre sur le ton.

(Tous répètent,)

Fanfan.

On passe la carafe,

Vole, vol', mon cœur, vole,

On passe la carafe

Et nous prenons un coup

Tout doux Et nous prenons un coup* (Tous répètent, puis ils boivent disant, file, file,

YlCTOR.

Igue ! igue ! igue 1 vive la joie !

Cyrille.

Le plaisir nous gagne, vive la joie !

Tous.

Vive la joie ! vive la joie !

Anthime.

La maison tourne, tourne, tourne

Tous.

Igue ! igue ! hourra !

Valiquet.

Nous étions trois capitaines, (bis)

OU LE FPJCOT SINISTRE

Tous.

Nous étions trois capitaines, (bis) Valiquet.

De la guerre en revenant

Brave, brave De la guerre en revenant

Bravement.

(Tous répètent, et ainsi de suite.)

Valiquet.

Nous entrâm's dans un auberge,] Hôtesse, as-tu du vin blanc ?

Brave, brave, Hôtesse, as-tu du vin blanc?

Bravement.

Tous.

Hourra ! hourra !

Valiquet.

Oui, vraiment, nous dit l'hôtesse, J'en ai du rouge et du blanc

Brave, brave, J'en ai du rouge et du blanc,

Bravement.

Hôtess', tire nous chopine, (bis) Chopinelte de vin blanc,

Brave, brave, Chopinette de vin blanc,

Bravement.

Tous .

Hourra ! hourra ! le plaisir ! le plaisir !

Valiquet.

Quand la chopine fut bue ; (bis) Nous tirâm's trois écus blancs,

Brave, brave, Nous tirâm's trois écus blancs, Bravement.

Tous.

Igue ! igue ! igue ! le plaisir ! le plaisir ! hourra ! hourra !

Valiquet.

Grand merci, nous dit l'hôtesse, Revenez-y donc souvent

Brave, brave, Revenez-y donc souvent

Bravement.

Tous.

Igue ! igue ! igue ! hourra I

Fanfan.

Le plaisir, Benjamin, le plaisir !

Benjamin.

Le plaisir, Fanfan, le plaisir !

Fanfan.

Tiens, Benjamin, je t'ai toujours aimé.

Benjamin.

Moi aussi, Fanfan, toujours aimé.

Fanfan.

Tu as toujours été mon meilleur ami.

Benjamin.

Toi aussi, toujours mon meilleur ami.

Fanfan.

Je n'en aurai jamais d'autres.

ou le fricot sinistre. 33

Benjamin.

Moi aussi, jamais d'autres.

Pour rattacher l'amitié, prenons un petit coup, Benjamin.

Benjamin.

C'est bon, prenons un petit coup, Fanfan. Fanfan.

Quand je trinque avec toi, ça le goût de sucre. Benjamin.

Moi aussi.

Fanfan.

Ça le goût de miel.

Benjamin.

Moi aussi.

Fanfan.

Ça me chatouille le gosier délicatement.

Benjamin.

Moi aussi.

Fanfan.

On passe la carafe,

Vole, vol', mon cœur, vole,

On passe la carafe

Et nous buvons un coup

Tout doux, Et nous buvons un coup.

{Les autres répètent.) A ta santé, Benjamin.

A ta santé, Fanfan.

Tous.

File, file, file !

Fanfan.

Encore un petit coup sucré, Benjamin.

Benjamin.

C'est bon, Fanfan, encore un petit coup. (// commence à chanter.) Encore un petit coup cT piton**

Fanfan . (l'interrompant.)

Laisse donc là ton piton.

Benjamin.

Pourquoi ?

Fanfan.

C'est ennuyant.

Benjamin.

Pas plus ennuyant que ta carafe.

Fanfan.

Oui, c'est plus ennuyant.

Benjamin.

Non, ce n'est pas plus ennuyant.

Fanfan.

Oui, te dis-je.

Non, te dis-je.

Oui.

Non.

Fanfan.

J'aime mieux ma carafe.

Benjamin.

J'aime mieux mon piton.

Fanfan .

Ma carafe est meilleure.

ou le fricot sinistre.

Benjamin.

Mon piton est meilleur.

Fanfan .

Tu es un chétif, Benjamin.

Benjamin.

Toi aussi, Fanfan, un chétif!

Fanfan.

Un vaurien !

Benjamin.

Toi aussi, un vaurien !

Fanfan.

Un vagabond !

Benjamin.

Toi aussi, un vagabond î

Un ivrogne !

Benjamin.

Toi aussi, un ivrogne !

Fanfan.

Moi, je te dis que ma carafe est meilleure. Benjamin.

Moi, je te dis que mon piton est meilleur. Fanfan.

T'as menti.

Benjamin.

T'as senti.

Fanfan.

Tiens ! attrape. (// lui jette sa tuque.)

Benjamin.

Toi aussi, attrape.^

(// lui jette sa tuque aussi, ils se prennent à bras le corps.)

Valiquet.

Holà ! aie ! paix ! paix !

Tous.

Paix, paix ! (On les sépare.)

Fanfan.

Vive la carafe, toujours !

Vive le piton !

Fanfan et Benjamin. (Chantant ensemble.)

On passe la carafe, Encore un petit coup d'piton

Vole, vol' mon cœur, vole, Pour me remett', pour me On passe la carafe * remettre,

Et nous prenons un coup Encore un petit coup d'piton Tout doux, Pour me remettre sur le

Et nous prenons un coup. ton.

Anthime.

Valiquet, on cogne à la porte.

Valiquet.

Au diable, le quéteux ; qu'on aille cogner ailleurs.

(On boit: file, file, file.)

Anthime.

Valiquet on va défoncer.

Valiquet.

Tonnerre d'un tonnerre, sorcier, feu-follet, loupgarou, qui que vous soyez, entrez.

OU LE FRICOT SINISTRE. 37

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