‹ L'hôte à ValiquetChapitre 7 sur 11 · Scène III · texte numérisé non relu

Scène III

Si- Paul, enveloppé de son linceul, entre. Tous se lèvent comme mus par un ressort, en criant, les uns : Seigneur ! Seigneur! les autres : Ah! Dieu ! miséricorde ! puis tousse sauvent, excepté Valiquet, Philippe, Alphonse et Auguste.

Valiquet,, Philippe, Alphonse, Auguste et St-Paul.

St-Paul.

Tu m'as invité, je viens.

Valiquet.

{Après un moment de silence, lui indiquant un siège au bout de la table :)

Voici une place pour vous.

{Auguste, Philippe et Alphonse effrayés se pressent à Vautre bout de la table. — Valiquet sert St-Paul, qui fait semblant de manger.)

Philippe {à demi-voix).

Vois donc, il ne mange pas ; il jette tout sous la table.

Alphonse.

Quels yeux creux il vous a !

Auguste.

Quel air sévère !

Alphonse.

Quelle figure de cadavre !

Auguste.

Cette maison est maudite !

Alphonse.

Quelque grand malheur nous menace !

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Philippe.

Si nous allions tous être engloutis au fond des enfers !

Alphonse,

• Tais-toi, il nous regarde avec des yeux de feu.

(Assez long silence.)

Yaliquet (en tremblant).

11 fait froid, ce soir, n'est-ce pas ?

St-Paul.

Oui, suspendu à tous les vents, par les rigueurs de l'hiver, dans les nuits glaciales de février, la moelle des os en frissonne au malheureux pendu. (Silence.)

Yaliquet.

La lune éclaire, je crois ?

St-Paul.

Oui, mais ses pâles rayons ne font pas descendre d'éclair de bonhenr du cœur du malheureux pendu.

{Silence.)

Yaliquet.

Il vente ?

St-Paul.

Oui, sifflant à travers les branches de la sombre forêt, comme le souffie de la mort, le vent se joue dans les cheveux du malheureux pendu. (Silence. St-Paul se lève, tous reculent épouvantés ; il fait quelques pas du côté de la porte, puis se tournant vers Valiquet :)

A mon tour, je t'invite à mon fricot, à sept heures, demain matin, Mercredi des Gendres, premier jour du carême, temps de pénitence. (Il sort.)

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