PSP TAN NI
Le f
Ne » maison audit lieu jadis appelé le Palais des Thermes : assise entre la » rue de la Harpe et la rue de Sainct Jaques pres les Mathurins. Aussi en » feit-il bastir à Cluny le Palais surnommé d’ Amboise. C’este somme de » cinquante mille angelots tirée en trois ans du revenu des familles » d'Angleterre ne doibt étre trouvée étrange, ni excessive, pour le regard » d’un Abbé de Cluny faisant chef d'Ordre‘.»
Nous avons parlé de deux témoignages d’une date plus ancienne, mais qui ne donnent pas de renseignements détaillés.
L'un d'eux est dû à Corrozet,
dont le livre”, paru en 1550, est le
premier qui nous fournisse une indi-
cation, bien succincte il est vrai, sur
l'habitation des Clunisiens. Il se con-
tente de la faire figurer sans obser-
vation dans la liste des quarante principaux hôtels que possédait alors Fig. 16
Paris. Du moins apprenons-nous ainsi, Orrement au-dessus des arcades du portique de la cour d'entrée. presque par un contemporain, que
c'était déjà l’une des plus importantes habitations de la capitale. Le second
document en date est le plan de Paris de 1552, retrouvé récemment à Bâle
1. Pierre de Saint-Jullien cite ensuite un exemple à l’appui de ce dire ; mais nous sortons alors des détails afférents à l'Hôtel. Ajoutons que M. Du Sommerard fait correspondre à 600,000 fr. les 100,000 écus de 1640, représentant eux-mêmes les 50,000 angelots dont avait parlé Saint-Jullien. On voit que cette somme ne fut pas uniquement consacrée à l'Hôtel de Cluny. Il est vrai qu’on peut supposer que des sommes d’une autre provenance ont pu être adjointes à la portion des 50,000 angelots qui fut consacrée à sa construction.
Le père Jacques du Breul, dans son Théâtre des Antiquités de Paris (Paris 1612, in &), cite Saint-Jullien et donne l'explication du mot despouilles qu'emploie ce dernier : « Il appelle despouilles ce que les autres nomment cottes mortes, qui sont les biens des religieux deceddez du dict ordre, desquels le seul abbé se dit héritier. » (P. 619.)
2. Gilles Corrozet, Les Antiquitez, histoires et singularitez de Paris, 1550. La [leur des Antiquités de Paris du même auteur, livre paru en 1531, ne renferme aucune indication sur l'Hôtel.
mé et publié par les soins de M. Cousin : il nous fait voir, en croquis perspectif, l'édifice situé entre les rues de la Harpe et des Mathurins, tel qu'il est maintenant.
La plupart des historiens de l'hôtel de Cluny n’ont pas fourni de témoignage plus ancien que celui de Saint-Jullien, le troisième en date des auteurs auxquels nous recourons; ils ont puisé leur citation non chez cet auteur même, mais dans la reproduction qu’en donne Claude Malingre*. Ce dernier se borne à citer le livre de « M. de Sainct-Julian, » et qui, selon lui, n’était pas encore imprimé. Nous ne reproduisons pas cette page de Claude Malingre. Nous avons donné les renseignements qui se trouvent dans son ouvrage directement d’après Saint-Jullien. Toutefois, les dernières lignes de Malingre sont intéressantes, car ses appréciations prouvent l'importance de ce bâtiment. Pour justifier la nécessité de cette construction, il expose en effet que « ni l’hostellerie du couvent, encore qu’elle soit très belle, ni le logis de Bourbon n’estaient assez capables pour recevoir duement les Abbés, Prieurs et Docteurs tant de l'Ordre qu’autres qui, de toutes parts de la Chrétienté, venaient aux Chapitres généraux ? ».
IL serait intéressant de connaître les noms des artistes qui ont élevé sur notre sol des monuments célèbres. La chose est difficile en général. Dans le cas présent, des conjectures permettent seules de répondre avec plus ou moins de certitude. L'architecte fut-il un moine clunisien? Joconde en a-t-il fourni les plans? La réponse est aussi hypothétique que lorsque l'on en attribue les sculptures à Jehan Juste ou à Paul Ponce, et les peintures à un groupe d'Italiens qui auraient également décoré une des chapelles de la cathédrale d’Albi. Tels sont, du moins, les noms mis en avant par M. Du
Sommerard *.