Livre Il, Université, p. 287 du livre de CI. Malingre
3. Notons, à ce propos, que quelques auteurs ont attribué, par erreur, l'honneur de la construction de l'Hôtel à Georges d’Amboise : tel est le cas de Brice. Arago, devant la Chambre, dans la séance du 17 juin 1848, a réitéré cette erreur, sans doute après avoir consulté Brice. Seul, Pierre de Sainct-
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Nous donnerons, dans les pièces justificatives, le nom des artistes employés par Georges d’Amboise à l'édification de son château de Gaillon. Les artistes étaient souvent appelés à concourir aux travaux qu’un même seigneur élevait parfois aux points les plus opposés de la France ; tel fut le cas de certains de ceux qui travaillèrent au célèbre château de Gaïllon, le fait est certain. La liste des artistes de Gaillon renferme peut-être les noms de quelques-uns de ceux de l'Hôtel de Cluny. Faute de renseignements plus sûrs, il nous parait juste de perpétuer ces noms, d’ailleurs trop peu connus.
Jacques d’Amboise quitta Paris en 1510 pour aller à Clermont, où il mourut en 1517. Geoffroy d’Amboise fut ensuite abbé de Cluny, de 1510 à 1518; son abbatiat paraît dénué de tout acte d'éclat et rien ne le rattache à notre Hôtel qui dut rester encore la propriété des Clunisiens. Comment se fait-il pourtant que François I# en ait eu la libre disposition et que, dès les premiers jours de son règne, il l'ait octroyé à la veuve de Louis XII, Marie
d'Angleterre, sœur du roi d'Angleterre Henri VII? Il se peut que la congré-
gation l'ait cédé au roi, comme nous verrons qu’elle le fit dans la suite en
lusieurs circonstances. Toutefois, il est avéré par des témoignages certains P ; gnas
qui seront rapportés au cours de cet ouvrage que l'Hôtel n’a jamais cessé
Jullien peut nous fixer à cet égard. Il parle positivement de Jacques, et non de Georges. On peut voir, p- 20 du présent ouvrage, des preuves plus certaines encore.
En ce qui concerne l'architecte, M. Du Sommerard remarque l’analogie qui existe entre la disposition des lucarnes et celle des lucarnes de l'ancien Palais de la Chambre des comptes que Joconde construisit de 1459 à 1506, mais qu’il ne rebâtit probablement qu’en partie. De plus, Joconde était l’architecte du roi, et, par suite, il a pu être recherché par une famille aussi bien en cour que celle des d'Amboise. Il n’y a pas là d’argumentation bien décisive. Quant à l'attribution de son architecture à des moines clunisiens, c’est une simple supposition basée sur leur rôle habituel d’architectes.
On attribue, sans vraisemblance, la sculpture à Jehan Juste pour cette seule raison qu’il était le sculpteur attitré de la maison d’Amboise. On a donné ce titre à Paul Ponce dont on a fait, pour la même raison, le sculpteur de notre Hôtel.
Les hypothèses relatives aux auteurs des peintures sont plus hasardées encore. Elles se basent sur une remarque que fit Dauzat à M. Du Sommerard père, lorsqu'il exposa au Salon de 1833 un tableau représentant une chapelle de cette belle cathédrale d’Albi, remarquable par les riches peinture qui la décorent. Dauzat, se fondant sur des analogies techniques, pensait que les peintures de l’abside de la chapelle de Cluny étaient dues aux mêmes artistes italiens dont il reproduisait l’œuvre dans son
Tr d'être la propriété des Clunisiens jusqu'à la Révolution francaise !. Il est possible pourtant que, Jacques d’Amboise
l'ayant fait élever à ses frais personnels,
comme semble le prouver la provenance des - 5o,000 angelots et ses armes partout reproduites, il ait passé dans le domaine royal par acquisition ou donation, lors du départ de Jacques pour Clermont, et ait été ensuite réoccupé par l'Ordre.
Pour expliquer comment il se fait que
l’on voit à plusieurs reprises l'Hôtel habité
par des personnages étrangers , il est bon de rappeler certains faits. Ainsi un passage du
Mesnagier montre qu'au xiv* siècle, lorsqu'un
seigneur était absent, ses domestiques avaient
ordre de louer son hôtel pour loger les étran-
gers ou pour donner noces et festins. Au xvre
siècle, il en était encore de même, comme nous l’apprend la Relation des ambassadeurs
Fig. 17. vénitiens à Paris”. Les concierges louaient Pavillon du concierge, vue prise de la cour. : h : 5 . encore garnis et à la journée les hôtels de leurs maitres absents. On admet généralement que cet usage tomba
tableau de 1833. Ajoutons que ces peintures d'Albi furent faites alors que Louis d’Amboïise, frère de Jacques, fondateur de notre Hôtel, était évêque d’Albi. Il est donc possible que Louis d’Amboise ait prêté à son frère le concours de ces artistes, comme le fit peut-être aussi Georges d’Amboiïse en prêtant Joconde à Jacques d’Amboise.
Les recherches que nous avons faites de notre côté ne nous ont fourni aucun renseignement précis
à cet égard.
1. On voit, en effet, au cours de cette histoire, l'Hôtel habité à diverses reprises par les Abbés, et l'on possède un bail qui, à la veille de la Révolution, établit la propriété de la congrégation sur cet
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immeuble : à ce moment encore on continuait à le louer, comme nous en trouvons de nombreux exemples dans toute l’histoire de cette habitation. En outre, Heurtaut et Magny, dans leur Dictionnaire de la Ville de Paris, paru en 1779, rapportent comme fait de notoriété publique que l’Hôtel de Cluny
appartient à l'Abbaye de ce nom.