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nee envoyé par le Roy, des bastimens qui ne sont compris aux rooles des Quarteniers pour la fortification en date de ce jour ». C'était le 17 avril 1553.
Une pièce originale prouve que la ville pava à ses frais, en 1558, la cour et le devant de l'Hôtel qui appartenait alors au cardinal de Lorraine !. Une aventure montre, en outre, qu’en dépit des séjours royaux, l'Hôtel était toujours resté la propriété de l'abbé de Cluny qui, le 8 janvier 1565, dut se trouver heureux d’y rencontrer un refuge.
Le roi, en effet, le 13 décembre, avait rendu une ordonnance, interdisant sous peine de la hart aux soldats payés pour la garde des gouverneurs de province, d'entrer dans le gouvernement de l'Isle de France; cette interdiction s’étendait à tous seigneurs quels qu’ils fussent, s'ils n'étaient princes de la maison de France. L’ambitieux et hautain abbé Charles de Lorraine, cardinal de Guise, voulut enfreindre cette prescription. La cour était en voyage dans le midi de la France. Le maréchal de Montmorency, ennemi de la famille des Guise, était gouverneur de Paris. 11 profita de sa situation et des circonstances pour interdire l'accès de Paris à Charles de Lorraine. Ce dernier voulut entrer de force ; le 8 janvier 1565, à 8 heures du matin, il se présenta à la porte Saint-Denis. Le prévôt des marchands à la tête de ses archers, le somma de faire désarmer sa garde. Il s’y refusa et le prévôt dut se retirer, sa troupe n'étant pas en force; il prévint le maréchal qui lui adjoignit quinze arquebusiers. La troupe du cardinal les repoussa. Alors le maréchal monta à cheval avec une nombreuse escorte, qui rencontra celle du cardinal dans la rue Saint-Honoré, au coin de la rue Saint-Denis. Il somma les arquebusiers de mettre bas les armes. À ce moment un coup de feu, parti de leurs rangs, tua un gentilhomme. Le combat s’engagea , l’escorte fut dispersée.
Le cardinal se sauva dans une boutique d’un cordier nommé Garrot. On assure que l'abbé de Cluny se cacha sous le lit d’une servante.
Le 10 janvier 1565, le maréchal adressa à Jeanne d’Albret le récit de
cette aventure. Il rapporte l’histoire de cet incident en s’efforcant de l’atté-
1: Voir la pièce justificative n° XV que M. de Champeaux a bien voulu nous communiquer.
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nuer. « Le dict cardinal, dit-il, se saulva en une maison aisée à forcer, mais parce que j'avois en ma compaignie assez de gens qui ne l’aimoient guières, les outrepassay et feis outrepasser à toute ma compaignie ladicte
maison, afin de lui donner le temps de se retirer à pied dedans son hostel ONCE SONT
Le soir même, à quatre heures, le maréchal se rendit au Parlement et raconta ce qui s'était passé. La réponse fut que « la Cour désirait qu’on ne vint pas plus avant ».
Quand le soir fut venu, accompagné seulement de quelques domestiques, il se rendit par les rues les moins fréquentées à l'Hôtel de Cluny où une partie de sa suite s'était déjà retirée. Le duc d’Aumale, arrivé à Paris par une autre porte que son frère, s’y rendit par un chemin différent. Tous
deux y passèrent la nuit dans une grande inquiétude. Leur trouble augmenta
le lendemain matin. Montmorency, qui parcourait la ville pour y maintenir le bon ordre et pour faire ouvrir les boutiques, passa plusieurs fois devant la retraite du prince de Lorraine.
De Thou conte cette anecdote. Les chroniques parlent des cris de :
Mort aux Lorrains ! poussés pendant la nuit dans les rues par les gens de
Montmorency. Cette aventure eut le plus grand retentissement et les pam-
phlets s’en emparèrent.? Dans la nuit du mercredi 11 janvier, le cardinal
1. Déc. 1564. — M. le duc d'Aumale dans son Histoire des princes de Condé (t. 1°, p. 272), rapporte le fait de la façon suivante : Le cardinal de Lorraine se rendit à Paris. À peine y était-il arrivé que le maréchal de Montmorency, gouverneur de l’Ile de France et son ennemi personnel, l’expulsa brutalement de la ville sous prétexte que le prélat avait violé les édits en se faisant accompagner d’une bande d'hommes armés. Cela causa un grand émoi; les soldats du maréchal avaient fort maltraité la suite du Lorrain; un de ses serviteurs avait été tué. D’Aumale vint rejoindre son frère à Meudon; de son côté, Montmorency appela ses amis, et Coligny accourut des premiers. Condé, au
. contraire, prit parti pour le cardinal et blâma hautement Montmorency. « C’est trop pour une plaisanterie ; c'est trop peu si c’est sérieux », dit-il tout d’abord.
Ce langage, auquel on ne s'attendait pas, donna à penser.
2. Voir, dans la collection des documents inédits de l'Histoire de France, les lettres de Catherine de Médicis publiées par le C‘* Hector de la Ferrière, t. II, p. 253-254. Elle écrit de Carcassone en date du 21 janvier 1565, à Monsieur de Montmorency, maréchal de France, qu’elle a entendu « ce que vous m'avez escript estre survenu à Paris à l’arrivée de mon cousin le cardinal de Lorraine, que j’eusse bien désiré avoir passé d’autre sorte; mais encore ay-je eu plaisir d’avoir sœu par quelques autres lectres
venues de Paris, qu'il n’y ait rien eu davantage, et que la ville soyt demeurée en repos. »
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Faaoitet quitta l'Hôtel de Cluny, et se retira avec le duc d’Aumale, en petit équipage, au château de Meudon.
L’entourage de Charles de Lorraine est intéressant à connaitre. Il est, en effet, assez probable que ses assidus durent fréquenter la maison qu’il habitait. C’étaient les architectes Philibert de Lorme, Pierre Lescot, Jean Bullant; les sculpteurs Jean Goujon, Germain Pilon, Pierre Bontemps, Perret, peut-être même Bernard de Palissy. Parmi les peintres familiers se trouvaient des artistes tels que Jean Cousin”.
Charles de Lorraine mourut âgé d’un peu moins de 50 ans, à Avignon, le 26 décembre 1574. Un autre membre de sa famille, Claude de Guise, devint en ro7pûle cinquantième abbé de Cluny. C'était un homme aux mœurs dissolues. Il avait une réputation détestable, même avant son élection; ce fils naturel du feu duc de Guise passait pour un dévaliseur, et Mezerai? nous le dit plus scélérat encore que sa légende ne le décrit. Il avait pour compagnon de plaisir un sieur Garnier, dit Saint-Barthélemy, fils du marguillier des Mathurins de Paris.
Les mœurs d'alors étaient d’ailleurs relàchées ; l'exemple venait de haut; le souverain lui-même était le plus ardent aux plaisirs. Il affichait des habitudes équivoques. On prétend qu'il avait une affection particulière pour les comédiens. C’est sous l’abbatiat de dom Claude qu’une troupe d'acteurs vint s'établir dans l'Hôtel pour y donner des représentations. Fut-ce avec le consentement de dom Claude? Nous l'ignorons. Il se peut que l'abbé de Cluny n'ait fait que de courts séjours à Paris; toujours est-il certain que les scandales dont cette demeure royale et abbatiale devint le théâtre finirent par provoquer des mesures répressives. À la lecture de l'arrêt du parlement qui mit fin au séjour des comédiens dans cet Hôtel, on peut croire que le concierge fut le coupable puisqu'on le menaça d’une
amende au Cas où il recommencerait à le louer. Peut-être aussi, dit