Félibien, Histoire de Paris, tome V, page
3. Nous trouvons, dans des pièces, l'indication des droits payés pour l'Hôtel; on lit, en effet, un passage intéressant dans « La déclaration par le menu des justices censives.... et quais de Paris appartenant aux prévosts des marchans et eschevins de la dicte ville, tant à cause de leur fief du parlouer aux bourgeois, franc rozier que de la domaine patrimonial, etc. » : « Rue du Palais des Thermes, autrement rue des Mathurins. Sur une grande maison, jardin, estables et lieux assis en ladicte rue joignant les Mathurins, où soulait estre enciennementle Pallais des Termes, appellé maintenant l'Hostel de Clugny, appartenant à l’abbé de Clugny, par an au dit jour Sainct Remy dix deniers oboles Parisis cy.... x d. ob. p.»
Viennent ensuite diverses citations faisant connaître les noms des propriétaires voisins. Les maisons de la rue des Mathurins qui touchaient l’Hostel de Clugny étaient : 1° celle de M° Jehan Lemoine, avocat, « où est pour enseigne sur le portail d’icelle la Teste Noire, » maison qui payaitla même somme que l'abbé de Clugny; — 2° celle qui divisée en deux appartenait aux héritiers de Champlevoy et à Le Camus, advocat, « aboutissant par derrière à l’Hostel de Clugny, » et qui payait 6 deniers parisis de cens.
Julpis te.
— fn —
Nous abordons maintenant une phase spéciale de son histoire. Le séjour que firent les nonces du pape au xvu siècle nous fournit une preuve nouvelle de l'importance qu’il avait alors.
« Rien, dit M. du Sommerard, ne précise l'époque où commença cette Occupation, mais le fait du séjour des nonces à l'Hôtel de Cluny est bien constaté par un passage de la Diplomatique de Dom Mabillon ‘ qui établit qu'ils avaient l'habitude de vivre dans la demeure clunisienne. » Il est, en outre, démontré que cette affectation remontait au moins à Henri IV, par cette circonstance rappelée dans Felibien et Dom Lobineau ? que le nonce Robert Ubaldin y demeurait en 1600, lors de l'arrivée des Carmes déchaussés envoyés par le pape Paul V.
L'expression consueverant, employée par Mabillon dans sa Diplomatique publiée en 1687, indique qu’alors et depuis quelque temps, sans doute, la légation pontificale avait déserté notre Hôtel, peut-être déjà réduit vers ce temps par des calculs tout positifs des abbés de Cluny à l’état de propriété productive. Ainsi les nonces du pape,y auraient séjourné entre 1600 et 1687 environ.
I est bien prouvé, en tous cas, que l’un des plus illustres d’entre eux, Mazarin, séjourna dans cet hôtel. Aucune histoire de Cluny ne mentionne un fait aussi important, mais nous en avons trouvé la preuve *.
Nous avons parcouru, en effet, dans la liste des nonces, durant cette période, ceux qui pouvaient avoir laissé trace de leur séjour à Cluny. Parmi eux, se trouvait Mazarin. Nous avons recherché alors dans les histoires consacrées à cet homme d'État, et nous avons appris ainsi que le 26 novembre 1634, Mazarin , nonce extraordinaire du pape Urbain VII près la Cour de France, fit son entrée solennelle dans Paris où il résidait incognito depuis le commencement du mois. À la fin de cette grande
1. Liv. 1v, p. 408. — Hinc vinco (quem Mathurinorum dicimus), Thermarum nomen, quia eo sita loco erant ubi nunc visuntur Cluniasenses aedes in quibus apostolici nuntii, sive oratores decere consueverant, » — Voir aussi Piganiol, Description de Paris, 1. V, p. 489.