Trois volumes in
2. T. 1, p. 160. Note obligeamment communiquée par M. A. Franklin, administrateur de la Bibliothèque Mazarine.
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nous devons la conservation de la chapelle, ce joyau d’architecture. Voici
ce fait trop peu connu :
« Il y a quinze ans environ ”, un Anglais offrit à M. Le Prieur, propriétaire
de l'Hôtel de Cluny, d'acheter la chapelle pour la transporter en Angleterre. La somme proposée était considérable; néanmoins M. Le Prieur refusa en disant : « Quoique je me sois occupé toute ma vie de commerce et que votre
offre doive plaire à un homme qui, comme moi, se connaît fort peu en
architecture, si ma chapelle est aussi belle que vous le dites, je veux qu’elle
reste en France ?. » Bel exemple digne de louange et d'imitation.
Après toutes ces vicissitudes, M. Albert Lenoir se préoccupa à son tour de l'Hôtel. Nous ne saurions trop remercier cet homme éminent du zèle infatigable qu'il apporta à la conservation de cette charmante habitation. Son père, Alexandre Lenoir, avait déjà sauvé un grand nombre de chefsd'œuvre qui honorent notre art et que les troubles des époques révolution-
naires risquaient de faire complètement disparaitre. Le fils du fondateur du
Musée des Monuments français a poursuivi l’œuvre paternelle pendant plus de trois quarts de siècle. Ses dessins ont préservé de l'oubli une multitude d'œuvres parisiennes détruites ; parmi ses nombreux ouvrages, la Statistique
monumentale de Paris constitue, à elle seule, un véritable monument.
Parmi tous ses travaux, nous devons signaler ici le projet qu'il
exposa au Louvre en 1833, sous le n° 1546. Le jeune architecte proposait
la création d’un Musée d’Antiquités nationales. Il exprimait le désir de voir
V'Etat acquérir le Palais des Thermes, l'Hôtel de Cluny et le couvent des
Mathurins pour les transformer en garde-meubles des siècles passés. Il
conseillait des dispositions très simples, peu dispendieuses, qui permettaient
de faire l'acquisition d’un splendide et unique musée où chaque objet se fût
abrité naturellement dans une construction de l’époque qui l'avait vu naitre.
| Dans la cour qui précède l'entrée, du côté du boulevard Saint-Germain, on
1. Donc, vers 1830, la notice anonyme (p. 105) qui rapporte ce fait étant de 1845. Elle parut chez Belin Le Prieur.