‹ L'hôtel de ClunyChapitre 29 sur 84 · Trois volumes in · texte numérisé non relu

Trois volumes in

2. T. 1, p. 160. Note obligeamment communiquée par M. A. Franklin, administrateur de la Bibliothèque Mazarine.

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nous devons la conservation de la chapelle, ce joyau d’architecture. Voici

ce fait trop peu connu :

« Il y a quinze ans environ ”, un Anglais offrit à M. Le Prieur, propriétaire

de l'Hôtel de Cluny, d'acheter la chapelle pour la transporter en Angleterre. La somme proposée était considérable; néanmoins M. Le Prieur refusa en disant : « Quoique je me sois occupé toute ma vie de commerce et que votre

offre doive plaire à un homme qui, comme moi, se connaît fort peu en

architecture, si ma chapelle est aussi belle que vous le dites, je veux qu’elle

reste en France ?. » Bel exemple digne de louange et d'imitation.

Après toutes ces vicissitudes, M. Albert Lenoir se préoccupa à son tour de l'Hôtel. Nous ne saurions trop remercier cet homme éminent du zèle infatigable qu'il apporta à la conservation de cette charmante habitation. Son père, Alexandre Lenoir, avait déjà sauvé un grand nombre de chefsd'œuvre qui honorent notre art et que les troubles des époques révolution-

naires risquaient de faire complètement disparaitre. Le fils du fondateur du

Musée des Monuments français a poursuivi l’œuvre paternelle pendant plus de trois quarts de siècle. Ses dessins ont préservé de l'oubli une multitude d'œuvres parisiennes détruites ; parmi ses nombreux ouvrages, la Statistique

monumentale de Paris constitue, à elle seule, un véritable monument.

Parmi tous ses travaux, nous devons signaler ici le projet qu'il

exposa au Louvre en 1833, sous le n° 1546. Le jeune architecte proposait

la création d’un Musée d’Antiquités nationales. Il exprimait le désir de voir

V'Etat acquérir le Palais des Thermes, l'Hôtel de Cluny et le couvent des

Mathurins pour les transformer en garde-meubles des siècles passés. Il

conseillait des dispositions très simples, peu dispendieuses, qui permettaient

de faire l'acquisition d’un splendide et unique musée où chaque objet se fût

abrité naturellement dans une construction de l’époque qui l'avait vu naitre.

| Dans la cour qui précède l'entrée, du côté du boulevard Saint-Germain, on

1. Donc, vers 1830, la notice anonyme (p. 105) qui rapporte ce fait étant de 1845. Elle parut chez Belin Le Prieur.

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