L K PROJET BALLU ET DEPERTHES
avis du Conseil d'Architecture et à la demande de M. Violletle-Duc, rapporteur :
« Vu le mémoire, en date du 16 janvier 1877, par lequel M. le Préfet de la Seine propose de raser les fondations restant actuellement sous le bâtiment central de la place Lobau, à l'exception des piles supportant la voûte de la salle Saint- Jean;
« Vu l'extrait du procès-verbal de la séance du Conseil d'Architecture, en date du 27 décembre 1876, ensemble le rapport de M. Émile Trélat ;
a Vu les plans annexés et le devis de la dépense qu'occasionnerait l'enlèvement total desdites fondations, sans en excepter les piles supportant la voûte basse de la salle Saint- Jean ;
« Estimant qu'aucune partie des dites fondations ne doit être conservée :
« Délibère :
« Il y a lieu de procéder à la démolition totale des fondations du bâtiment central de la place Lobau à l'Hôtel de Ville.
« La dépense, évaluée à la somme de quatre cent quatrevingt-deux mille cinq cent trente-sept francs seize centimes sera imputée, etc.. »
Le terrain était, cette fois, complètement déblayé, et table rase faite de tout ce qui pouvait gêner les architectes et les maçons, qui avaient eu ainsi le dernier mot.
La conséquence de cette démolition fut, en vertu de la délibération du 24 mai 1877 : a la construction d'une galerie supplémentaire formant avant-corps sur la partie milieu de la façade du nouvel Hôtel de Ville sur la place Lobau ».
5 o L'HOTEL DE VILLE DE PARIS
Les travaux de maçonnerie de tout l'édifice avaient été exécutés par M. Vernaud, déclaré adjudicataire le 26 juillet 1873. En 1877, trouvant que cet entrepreneur n'allait pas assez vite, on lui substitua MM. Riffaudet Civet, qui demandèrent, comme condition, d'être autorisés à remplacer la pierre tendre prévue pour certaines parties de la construction, par de la pierre dure extraite des carrières leur appartenant, de Château-Gaillard, Charentenay et Courson. La pierre employée précédemment provenait du bassin de l'Oise : Banc-Royal deMarly et Vergelé. Ce fut une augmentation de dépenses de plus d'un million, autorisée par délibération du 16 mars 1878.
Commencé en 1874, le monument fut en état d'être inauguré en 1882. A cette époque, tout le gros-oeuvre était terminé ; les aménagements intérieurs et la décoration du dedans restaient à faire.
La prise de possession se fit le i3 juillet 1882, dans la plus grande solennité et coïncida ainsi avec la fête Nationale. Au milieu d'un décor provisoire, brossé par le peintre Lavastre pour la grande salle des Fêtes, la Municipalité parisienne ayant à sa tête M. Songeon, président du Conseil municipal, et M. Ch. Floquet, Préfet de la Seine, reçut en un grandiose banquet M. Grévy, Président delà République, entouré de ses ministres, des Présidents du Sénat et de la Chambre des députés, des ambassadeurs des puissances, des maires de France, des représentants de la magistrature, de l'armée et des grands corps de l'État.
Dans un toast très écouté, M. Grévy félicita la Ville de Paris : a de voir sortir de ses ruines avec une nouvelle splendeur son vieil Hôtel de Ville, maison paternelle de la cité, antique berceau de ses libertés municipales, théâtre souvent glorieux, orageux quelquefois, et toujours attachant, des dra-