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CHKMIM.K MONUMENTALE DES SALONS A ARCADES

(Page loaj.

des Prévôts, et 1 ascension d'un fort curieux escalier, plein d élégance et de majesté, aménagé dans le milieu de la cour Louis XIV, couverte provisoirement, comme pour toutes les fêtes, et convertieen une sorte de hall ou de péristyle; cet escalier amenait les personnages reçus, dans la salle de la troisième commission, et de là, dans les grands salons.

« C'est là, Messieurs, vous l'avez compris depuis longtemps, la seule entrée qui soit digne de l'Hôtel de Ville, et non les couloirs sombres, les cours détournées et froides qui conduisent au grand escalier d'honneur qui se trouve à l'arrière- partie du palais municipal.

« Pour ces raisons, j'ai l'honneur de déposer la proposition suivante :

« Le Conseil

« Délibère :

L'Administration est invitée, à l'occasion du remaniement de certaines parties de l'Hôtel de Ville, relaté dans le rapport de MM. Chautard et Achille, à soumettre au Conseil un projet de couverture définitive de la Cour centrale et d'aménagement, dans cette cour, d'un escalier monumental accédant aux grands salons du premier étage.

« Signé : Lampué. »

L'Administration, à laquelle le Conseil renvoya cette proposition, n'a pas encore fait connaître son sentiment au sujet de la transformation demandée.

La cour du Nord, dite aussi cour des Bureaux, est accessible de la place de l'Hôtel-de-Ville, par une voûte sous laquelle se trouvent, à droite, l'entrée de la salle des Prévôts et celle de l'un des deux escaliers Henri II. Cette voûte est, en outre, décorée de quatre figures en bronze, placées dans des niches,

deux de chaque côté, représentant des types d'hommes d'armes employés jadis par la Ville, et dont le modèle a été payé 5.ooo francs aux artistes. Cesont : un Hallebardier du XIV siècle, par M. Chaplain ; un Sergent d'armes du XIV siècle, par M. Coutan; un A rcherdu XV e siècle, parM. Aizelin; un Archer du XV siècle, par M. Captier.

Cette cour, qui communique également avec la rue Lobau par une longue et haute voûte s'ouvrant dans son côté Est, est caractérisée, au rez-de-chaussée, par une ordonnance de pilastres cannelés flanquant des baies en plein cintre, etau premier étage, par des demi-colonnes ioniques à cannelures, et des colonnes unies, d ordre composite. Le second étage est décoré de pilastres à chapiteaux composites, séparant des fenêtres rectangulaires. Son côté Ouest est agrémenté, au-dessus des baies à vitraux armoriés de la galerie du Conseil municipal, de huit médaillons ronds, sculptés en pierre, payés 600 francs chacun, et représentant : L. Poinsot, Duperrey, C. Percier, Brongniart, J.-B. A. Lassus, par M. Aubé; H. Labroust, A. Thouin, N. Coypel, par M. Mathieu Meusnier. Le côté Est possède également une décoration de statues, payées le même prix que celles des façades extérieures, et représentant des hommes célèbres. Au rez-de-chaussée, des deux côtés de la voûte, ce sont : Legendre, par M. Lanson; Lemoine, par M. Bayard de la Vingtrie. Au premier étage : Pierre Charron, par M. Hercule; Hotman, par M. Cougny. Au-dessus, sont lesdeux médaillons de Ad. Adam et Cogniet, par M. Mathieu Meusnier. Les deux premières baies à rez-de-chaussée, du côté Sud, près de la voûte, possèdent, dans leurs tympans, deux bas-reliefs en pierre, de M. Croisy, payés 6.000 francs les deux. Ce sont des figures assises ou accroupies, entourées de génies-enfants et symbolisant V Automne et V Hiver. Dans l'angle Sud-Est, se

dresse, jusqu'au comble, une belle tourelle d'escalier en pierre, sculptée et ajourée, fort admirée des hommes de l'art, et dont les baies rampantes montent en spirales jusqu'au troisième étage. Son quatrième est décoré de lucarnes rondes enrichies de sculptures ; quatre cariatides à gaine soutiennent un dôme en pierre à toiture écaillée, couronné d'un lanternon de même.

La cour du Sud, dite également Cour du Pré/et, possède les mêmes accès que celle du Nord. flPl. iG). La voûte du côté de la place de l'Hôtel-de-Ville, comme celle qui lui fait pendant, et sous laquelle, à gauche, sont les entrées de la salle des Prévôts et de l'un des deux escaliers Henri II, est décorée des quatre statues en bronze suivantes : un Héraut d'armes du XVI e siècle, par iM. Cordonnier; un Sergent du Parloir aux Bourgeois du XVI e siècle, par M. Morice ; un Héraut d'armes du XVII e siècle, par M. Guilbert; un Officier de Ville du XVII e siècle, par M. Antonin Cariés. Le modèle de chacune de ces œuvres fut payé 5.ooo francs, comme pour la voûte de la cour du Nord.

L'ordonnance architecturale de cette cour est exactement la même que celle de la précédente, décrite plus haut. Elle possède aussi, comme cette dernière, une semblable tourelle d'escalier située dans l'angle Nord-Est. Son côté Ouest est décoré, au-dessus des baies à vitraux armoriés de la galerie du Préfet, de huit médaillons en pierre, sculptés par M. Rougelet, et qui sont les portraits de : Dufresny, Lemercier, Quatremère de Quincy, Berton, Hippolyte Lebas, P. Guérin, L. Cauchy et La Condamine. Le côté Est possède également une décoration de statues de personnages célèbres, savoir : au rez-de-chaussée, des deux côtés de la voûte : Trudaine, par M. Martin, et Favart, par M. Paris. Au premier étage : Largillière, par M. Durand ; O. Patru, par M. Ch. Cordier. Au-dessus de ces deux statues

sont les médaillons de Samson, et de M • Mars, par

M. Rougelet.

Les deux premières baies à rez-de-chaussée du côté Nord, près de la voûte, ont aussi leurs tympans décorés de deux basreliefs dus au ciseau de M. Longepied. Ils représentent, dans une formule analogue à celle trouvée par M. Croisy pour les deux pendants de la cour du Nord, des figures allégoriques symbolisant le Printemps et Y Eté.

Les prix de [ces ouvrages de sculpture sont les mêmes que pour la cour du Nord.

On accède aux deux grands escaliers des Fêtes, par un vestibule ouvrant, à l'aide de trois baies en plein cintre, au milieu de la salle Saint-Jean. (Pl. 1 8). Ce vestibule, situé immédiatement au-dessous de la salle des Cariatides, comporte trois autres baies cintrées faisant vis-à-vis aux trois premières, et dont celle du milieu conduit à la salle dite du Personnel, par un perron de sept marches, tandis que les deux autres sont garnies de glaces. Des deux côtés de la montée de l'escalier Sud, deux portes rectangulaires sont ornées de tympans décorés des bustes de Pierre Puget et de Rameau, par M. Delhomme, flanqués, le premier, de génies symbolisant la Sculpture, par M. Millet de Marcilly; le second, de génies symbolisant la Musique, par M. Ogé. De l'autre côté, se retrouvent deux portes semblables, avec les bustes de Philibert Delorme et de Nicolas Poussin, également de M. Delhomme, accostés, le premier, de génies symbolisant l'Architecture, par M. Victor Peters; le second, de génies symbolisant la Peinture, par M. Rolard. Les bustes furent payés 2.000 francs chacun, et les génies 3.000 francs.

Le plafond de ce vestibule, formé de voûtes à nervures et de

clefs pendantes, est soutenu par quatre colonnes en marbre rouge royal, à chapiteaux de marbre blanc richement sculptés, sur lesquels viennent s'appuyer les retombées.

Les deux escaliers dont il s'agit montent directement, sans rampes, entre deux hautes parois de pierre qui sont revêtues de plaques rectangulaires en marbre rouge, et dont l'entablement est orné de fleurons en bronze. Au milieu de chaque montée, a été ménagé un palier de repos sur lequel s'ouvrent deux portes en chêne conduisant à des dégagements, et flanquées de pendeloques en bronze appliquées sur les chambranles.

Le départ de l'escalier, côté du Sud, est décoré de deux niches cintrées en marbre gris, surmontées des chiffres en bronze R. F. et meublées de deux statues en marbre représentant: Le Chant et L ' Accompagnement > par M. E. Barrias. Pour le départ du côté Nord, les statues symbolisent Les Fleurs et Les Fruits, et sont de M. Degeorge. Elles furent payées chacune 1 3.000 francs.

Les parois dont il vient d être question sont couronnées, audessus de leur entablement, par des accoudoirs à balustres en marbre rouge, qui se retrouvent également sur les côtés à jour de la salle des Cariatides, et qui permettent de voir monter les invités. Les voûtes en pierre, très élevées, de ces deux escaliers, sont formées de caissons sculptés avec voussures, et éclairées de coupoles vitrées ; leurs retombées viennent s'appuyer sur les chapiteaux ioniques de seize colonnes en marbre : huit de chaque côté, dont les bases sont encastrées dans les accoudoirs. Entre chacune de ces colonnes est accroché un lustre en cristal déversant une abondante lumière électrique sur ces somptueux degrés.

La décoration générale des grands escaliers des Fêtes, —

arcades, voussures, coupoles — a été confiée à M. Luc-Olivier- Merson, qui n'a encore exécuté, de cette importante commande directe, que l'arcade servant d'entrée au palier Sud. Dans les deux panneaux intérieurs de cette arcade, le maître a représenté deux grandes figures symbolisant: l'une, La Toilette féminine, l'autre, L'Eclairage des fêtes. La première est une charmante jeune femme habillée d'étoffes roses, drapée dans un ample manteau bleu doublé de jaune, et au pied de laquelle une gracieuse petite fille, aux ailes d'amour, présente un miroiret ouvre un coffret plein de bijoux et de fleurs. La seconde figure est encore une jeune femme, costumée à l'antique, et fixant dans des branches d'arbre un ballon lumineux de couleur orange. A ses pieds, un génie allume un feu de Bengale. Ces deux personnages se profilent sur une tenture bleue décorée du chiffre de la République Française, et des armoiries de la Ville de Paris. Dans chacun des deux panneaux, des branches d'arbres et des feuillages se détachent sur un fond d'or.

Le berceau de l'arcade dont il s'agit est orné de cinq caissons octogonaux, dans lesquels sont peints, au centre de couronnes sur fond d'or, des génies-enfants portant des attributs et symboles de fêtes et de réjouissances.

Cette faible partie de tout l'ensemble artistique, confié à M. Merson, permet de juger ce que sera l'intégralité de l'œuvre. On y retrouve les grandes qualités du maître, dont le dessin ne fut jamais plus correct et la composition plus sévère, avec la couleur lumineuse et franche appropriée aux profusions de l'éclairage moderne.

Pour cette décoration des deux escaliers des Fêtes et de leurs abords, nous devons rappeler que cet artiste, alors qu'il en recevait la commande, dès 1888, fut désigné comme chef de groupe, c'est-à-dire qu il eut voix au chapitre, relativement au

Pl. 26.

I.ks Ml'KKH, PAM M. jri.Ks i.hf i.uvrk (PLAFOXO). S.ilu» Jc> Lettres iPjgc 9»).

choix de MM. Joseph Blanc et Schommer, pour les attributions des paliers Nord et Sud.

En haut des deux grands escaliers dont il vient d être parlé, se trouvent les paliers en question, qui précèdent les salons d'arrivée. Celui de l'escalier du Sud est décoré, dans sa coupole et dans les pendentifsde la voûte, de peintures de M. Schommer intitulées: Les Chansons des rives de la Seine. L'artiste y a représenté des groupes, infiniment gracieux, de jeunes femmes, d enfants, d ephèbes, se jouant dans un fond de légers nuages, et entourés de fleurs, de roseaux et de sources, qui sont celles de la Seine et de ses affluents. Les pendentifs montrent, sous les traits de jeunes femmes, également délicieuses de formes : La Chanson bachique (Pl. 20), La Chanson satirique, La Chanson patriotique et La Chanson amoureuse. La porte, qui permet de pénétrer de ce palier dans le salon d'arrivée, est flanquée de colonnes ioniques, et surmontée d'un fronton représentant des Enfants symbolisant le Commerce et l'Industrie, par M. H. Lemaire.

Le palier de l'escalier du Nord est orné de peintures de M. Joseph Blanc. La coupole est dédiée aux Mois républicains : des figures allégoriques de jeunes filles et de femmes représen tent, en des attitudes et avec des attributs appropriés, les diverses saisons de l'année, fixées par le calendrier révolutionnaire. Germinal, floréal, prairial, messidor, thermidor, fructidor, vendémiaire, brumaire, frimaire, nivôse, pluviôse, ventôse, ont été l'occasion, pour le peintre, de montrer les ressources de son imagination et de son talent. Dans les pendentifs, se voient: Le Jour, sous les traits d'Apollon ; La Nuit, sous ceux de Diane ; Le Crépuscule, qui est Vénus, et L'Aurore, représentée par une jeune femme. La porte sculptée faisant vis-à-vis à la précédente, est de M. Enderlîn, avec une décoration d'Enfants symbolisant le Chant et la Musique.

Les figures peintes dans les pendentifs de ces deux paliers, se détachent sur un fond d'or. Le centre des deux coupoles est percé d'un œil-de-bœuf vitré, dont l'effet, d'ailleurs, n'est pas heureux, et autour duquel se déroulent les personnages allégoriques.

Ces paliers, généralement sombres durant le jour, sont éclairés, les soirs de fête, chacun par deux lustres en cristal alimentés de lumière électrique.

Les pourtours des grands escaliers, se composent de galeries régnant au-dessus des parois de marbre, dans toute leur longueur, et qui sont bordées, du côté des marches, par les accoudoirs mentionnés plus haut. Les voûtes sont en pierre, à nervures et à pendentifs sculptés ; les retombées reposent sur des pilastres en marbre rouge, à chapiteaux d'ordre ionique. De vastes baies cintrées y sont meublées de glaces, tandis que d'autres, revêtues de portes vitrées, accèdent à la grande Salle des Fêtes. Les surfaces unies sont décorées de grands paysages peints à l'huile, représentant des vues de Paris et de la banlieue, répartis de la façon suivante :

Pourtour du côté de la Salle des Fêtes : Vue prise à Vile du Bas-Meudon, par M. Yon ; Vue de la Seine à Billancourt, par M. Bernier ; Les bords de la Seine, par M. Hanoteau ; un panneau en cours d'exécution, par M. de Vuillefroy ; Vue prise au parc de Monlsouris, par M. Pointelin ; Vue prise des hauteurs de Passy, par M. Charnay ; Un coin de la traversée de la Bièvre, par M. Gosselin ; Vue prise à Vétang de Villebon, par M. E. Michel.

Pourtour du côté de la galerie des Tourelles : Vue de la plaine Saint-Denis, par M. Raffaelli ; Vue prise au bois de Chaville, par M. E. Breton ; Vue prise au boulevard des Invalides,

par M. Zuber ; Paris, vu des hauteurs de Bellevue, par M. Busson; Vue prise au square Cluny, par M. Deraont ; Vue prise au Jardin d'acclimatation, par M. Vayson ; Vue prise au Jardin du Luxembourg, par M. Le Lièpvre ; Vue de la fontaine du Chàtelet, par M. V. Binet.

Ces peintures, de très grandes dimensions pour de simples paysages, sont de valeurs diverses, de même que les vues représentées sont plus ou moins agréables, suivant les saisons et les endroits choisis. On regrettera, sans doute, que les panneaux en question, affectés à ce genre spécial, n'aient pas été consacrés entièrement à la représentation de sites parisiens : monuments anciens et modernes, aspects, rues, etc. Que s'il était absolument nécessaire de commander, à des paysagistes célèbres, des paysages avec des arbres et de la verdure, il n'eût pas été impossible, selon nous, de trouver, dans les limites de l'enceinte actuelle, de quoi satisfaire leur talent. Que de jardins silencieux et ignorés, cachés dans les vieux hôtels et les couvents, que de parcs somptueux, surtout du domaine privé, il eût été facile alors, de fixer sur ces emplacements, avant les expropriations survenues depuis !

Les deux escaliers Henri II ont leurs départs sous les voûtes de la façade donnant sur la place de l'Hôtel-de-Ville; à droite, pour la voûte du côté Nord, à gauche, pour celle du côté Sud. Ce sont de larges degrés en marbre, montant sans rampe, par des paliers à demi-étage, aux locaux du Conseil municipal, où ils s'arrêtent à deux vestibules situés des deux côtés de la salle des séances de cette Assemblée. Ils conduisent, ensuite, à l'étage supérieur, qui est celui des tribunes publiques de ladite salle, et enfin à la galerie des bureaux du deuxième étage. Les plafonds des paliers sont décorés de rosaces sculptées dans la pierre et fouillées avec beaucoup de délicatesse, tandis que les

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voûtes rampantes sont formées de caissons de modèles différents. Les parois des murs sont unies, percées, aux étages et entre les étages, d'ouvertures en œil-de-bœuf, moulurées et à têtes de lion, et de larges baies cintrées ou rectangulaires.

L'escalier d'honneur, dit aussi escalier du Préfet, est considéré comme un pur chef-d'œuvre d'architecture, ennobli par une décoration picturale qui le complète, le termine, et pour laquelle l'auteur a voulu se soumettre aux nécessités d'une ambiance qu'il fallait servir sous peine de stérilité. Il est certainement l'une des parties les plus intéressantes de l'édifice, en même temps qu'il restera la démonstration évidente qu'un ensemble parfait ne saurait être obtenu, en matière de décoration de monuments, sans la subordination absolue, consentie, non seulement sans effort, mais avec une joie clairvoyante et sage, de la peinture à 1" architecture. (Pl. 21).

On y accède par une galerie vitrée longeant la cour du Sud, et ouvrant, à droite, sous la voûte située du côté du quai, dans la façade principale de l'Hôtel de Ville.

Son départ se trouve dans un vaste péristyle ou vestibule, à demi couvert par le dessous de la montée en pierre décoré de caissons sculptés, et dont l'encoignure droite forme une sorte de dais au-dessus du monument de Théodore Ballu. De suite, à gauche, est l'entrée des appartements particuliers du Préfet de la Seine, sur l'historique desquels nous reviendrons plus loin. A partir du rez-de-chaussée, six cariatides à bustes d'hommes et de femmes montés sur des gaines, coiffées de chapiteaux ioniques se prolongeant en hauteur, soutiennent la plate-forme du palier du premier étage. Entre ces chapiteaux, cinq bas-reliefs, payés chacun 4.000 francs, représentent des sujets symbolisant : La Gravure, par M. Carlier; La Sculpture, par M. Victor Peters ; L'Architecture, par M. Daniel Dupuis ; La Peinture, par

M. L. Martin ; et Une Renommée, par M. Félon. Deux niches de ce rez-de-chaussée sont encore vides de statues. En haut du premier petit palier de sept marches, à partir du rez-de-chaussée, existent deux niches décorées de groupes allégoriques représentant, à droite : La Justice, par M. A. Mercié ; en face, La Sécurité, par M. Delaplanche. Au deuxième palier, se trouve la porte des services du Cabinet du Préfet.

Le premier étage est décoré d'une ordonnance de colonnes engagées, unies, à bases ornées de guirlandes de fleurs et de fruits et à chapiteaux composites supportant les retombées de la voûte. Dans les encoignures, du côté de la façade de la place de l'Hôtel-de-Ville, se voient deux groupes allégoriques, ayant les mêmes proportions que La Justice et La Sécurité, et représentant : V Assistance, par M. Mathurin-Moreau, et L'Instruction, par M. Schœnewerck. Chacun de ces quatre groupes a été payé 8.000 francs. De ce même côté, existe une sorte de loggia à trois baies éclairant toute la cage, et dont les balcons en fer forgé sont dessinés de feuilles et rinceaux entourant 1 ecu de la Ville. Deux autres grandes baies se font également vis-àvis, voilées par des glaces et ornées de balcons du même modèle que les précédents.

Le palier du premier étage, en outre des colonnes, des dessus de portes et des chambranles sculptés, est encore décoré de quatre statues placées dans des niches et représentant : Les Lettres, par M. Schœnewerck ; Les Sciences, par M. MathuriniMoreau ; VArt, par M. Mercié et Le Commerce, par M. Delaplanche. La rampe en fer forgé et ornements de bronze, est un superbe morceau de ferronnerie composé de feuillages, de rosaces, de rinceaux, sentrelaçant autour des armes de la Ville de Paris et du chiffre de la République Française. Le modèle, ainsi que celui des balcons dont il est question plus haut, a été

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dessiné par le sculpteur Legrain, tandis que l'exécution était confiée aux maisons G raux-Marly et Trioullier. Sur ce palier du premier étage, donnent plusieurs portes ouvrant sur les salons, galeries et Cabinet du Préfet.

Nous avons parlé du monument de Théodore Ballu, élevé dans le vestibule de cet escalier, et pour lequel une somme de i2.5oo francs fut affectée. Il s'agit d'une stèle dessinée par M. Albert Ballu fils, supportant le buste en marbre de l'architecte de la nouvelle Maison Commune, par M. Barrias. Devant la stèle, un génie en bronze, avec palmes et couronnes, est l'œuvre de M. Coutan.

Dans le même vestibule, un porte-falot à cheval, en costume du xvi* siècle, coulé en bronze d'après le modèle de M. Frémiet, payé 24.000 francs, rappelle l'aménagement des anciens logis seigneuriaux de la Renaissance. (Pl. 22).

La décoration picturale de cette partie du monument, est entièrement l'ccuvre de Puvis de Chavannes qui y a représenté, au plafond, Victor-Hugo offrant sa lyre à la Ville de Paris (Pl. 23) et, dans les voussures et les tympans, des figures allégoriques des âges anciens et des temps modernes, symbolisant les vertus de la capitale : Le Patriotisme, La Charité, L Ardeur artistique, Le Foyer intellectuel, L'Esprit, La Fantaisie, La Beauté, L'Intrépidité, Le Culte du Souvenir, L'Industrie, V Urbanité, La Générosité, et La Poésie.

On a été unanime, dans le monde des arts, pour reconnaître et admirer l'effet considérable obtenu par le maître, dans cette magistrale décoration, effet résultant surtout des concessions respectueuses du décorateur envers l'œuvre accomplie et intangible de l'architecte. Le plafond, d'une douceur et d'une sérénité infinies, est particulièrement remarquable par la beauté archaïque du dessin de ses personnages et par la pureté vérita-

blemcnt céleste de l'atmosphère dans laquelle ils se meuvent.

La plénitude de l'union entre ces deux manifestations d'art, l'Architecture et la Peinture, est tellement intense que leur ensemble, désormais indivisible, paraît être l'œuvre d'une même main, la conception d'un même cerveau.

Pourquoi faut-il, cependant, par une remarque que l'on n'ose guère formuler qu'à voix basse, tant la mémoire du demi-dieu est encore jalousement défendue, constater et regretter, dans quelques parties de cette décoration autres que le plafond, la banalité de certaines figures, la maladresse de certaines lignes, la lourdeur de certains morceaux ?

Quel étrange talent que celui de ce peintre, susceptible de s'élever à des hauteurs grandioses s'il a pour auxiliaires les artifices d'une architecture complaisante, mais défaillant, parfois, et souvent pénible, si on l'examine en détail!

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