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CHAPITRE IV

Eiposé de la décoration picturale. — Les salons à arcades. — La galerie des Métiers. — Les salons de passage. — Le salon Lobau. — Le Cabinet de réception du Préfet. — La Grande Salle a manger.

La décoration intérieure du nouvel Hôtel de Ville, devait être Tune des phases les plus importantes de sa reconstruction.

Le point de départ date de Tannée 1 883, le 16 février, et se produisit sous la forme de deux propositions : l'une de M. le conseiller Vauthier, tendant à inviter l'Administration à faire étudier un programme d'ensemble ; l'autre, de M. Hovelacque, préconisant, pour cette décoration, l'emploi du plus grand nombre possible des tapisseries appartenant à la Ville, et conservées dans ses magasins.

En 1884, au cours de deux séances orageuses du Conseil municipal, les 14 et 17 mars, la question débuta par un grand tapage qu'occasionna la publication, dans les journaux, d'une liste contenant rénumération des principaux ouvrages d'art devant être demandés aux artistes. Dans ses remontrances à l'Administration, le Conseil trouva que les allégories, les mythologies, les symboles et les emblèmes, dont la nomenclature officieuse faisait mention, seraient trop largement représentés dans la Maison Commune, et que les titulaires des commandes étaient peut-être un peu trop choisis parmi les membres de l'Institut.

La place n'y était pas faite assez grande, trouvait-on, à l'histoire de Paris, à sa vie et à ses organes actuels. Aussi, la discussion se résumait-elle par une motion ainsi conçue :

« La décoration picturale de l'Hôtel de Ville sera empruntée à des faits de l'histoire du Paris ancien et moderne. »

De son côté, un autre conseiller municipal, M. Vaillant, le 16 mars i885, exprimait l'avis que la décoration de l'Hôtel de Ville « devait surtout reproduire la réalité contemporaine, seule vérité que l'artiste a vue, sentie, comprise, à l'exclusion des compositions mystiques et allégoriques, défroque usée du passé » . Il affirmait que la décoration du monument ne pouvait avoir de valeur artistique et historique « qu'à la condition d'être, avant tout, le tableau réel et vrai de la vie politique, économique et sociale du peuple actuel de Paris, dans le milieu où il s'agite et travaille ».

Toute la question, pourtant, fut renvoyée à l'examen de la Commission des Beaux-Arts du Conseil municipal.

Elle y resta trois ans. En 1887, cette Commission, dont M. Hattat était le rapporteur, revint devant l'Assemblée avec un projet comportant que les commandes de peintures pour la décoration de l'Hôtel de Ville, seraient faites directement aux artistes, et comprendraient des sujets se rattachant à l'histoire de Paris, à l'affranchissement des Communes, à la vie d'Étienne Marcel et aux grands événements de la Révolution.

La Commission, dans le même rapport, repoussait le concours pour toutes sortes de raisons, d'abord par crainte de l'abstention des grands artistes, qui ne voudraient pas, sans doute, risquer leur réputation sur une simple esquisse; ensuite, par peur d'être entraînée à confierun travail important à déjeunes peintres qui se seraient bien acquittés delà composition d'une ébauche, mais pourraient faiblir devant un travail à l'échelle d'exécution.

Ce projet fut rejeté dans les séances des 1 6 et 23 mars 1887. Le Conseil, ne jugeant pas suffisante la compétence de sa propre Commission des Beaux-Arts, prit une délibération qui en créait une autre, de nature particulière, chargée spécialement de lui soumettre un programme d'ensemble. Cette dernière fut composée de la façon suivante :

Les deux architectes de l Hôtel de Ville :

MM. Ballu et Deperthes.

Six membres de la Commission administrative des Beaux- Arts :

MM. Alphand, Formigé, Just Lisch, Liouville, Vaudremer, Bailly.

Bou^e membres du Conseil municipal :

MM. Cernesson, Hattat, Collin, Léon Donnât, Hovelacque, Sauton, Delhomme, Paul Strauss, Emile Richard, Alphonse Humbert, Charles Longuet, Levraud.

Dou\e personnes désignées par le Conseil municipal en raison de leur compétence :

MM. Bracquemond, Dalou, Guillaume, Thulié, Chapu, Eugène Véron, Henry Maret, Charles Clément, d'Echerac, Henri Rochefort, Lavastre, Yves Guyot.

La présidence d'honneur fut réservée à M. Poubelle, Préfet de la Seine ; la présidence effective, à M. Hovelacque ; les deux vice-présidences, à MM. Alphonse Humbert et Bailly; le secrétariat, à MM. Paul Strauss et Bracquemond, assistés des secrétaires administratifs : Armand Renaud, inspecteur en chef des Beaux-Arts, et Ralph Brown, chef de bureau au même service.

La Commission tint de nombreuses séances et procéda tout d'abord à l'examen des emplacements à décorer, puis, à la discussion des principes qui devaient présider à cette décoration, et enfin au choix des artistes chargés de l'exécuter. Après s être

fait donner le détail des surfaces, et après les avoir examinées et discutées sur place, elle désigna, suivant les termes de la délibération du Conseil municipal, celles qui seraient données à la commande directe et celles réservées pour le concours libre.

Les emplacementsindiquéspour la commande directe étaient les suivants :

Escalier d'honneur, salon d'angle sur la place Lobau, salons à arcades et galerie latérale, vestibulessituésaux extrémités desdits salons, dessus de portes de la salle à manger, salons latéraux d'introduction, grande salle des Fêtes, portiques des extrémités, panneaux verticaux situés aux extrémités de la galerie Lobau, salon des Cariatides, grands escaliers des Fêtes, galeries latérales aux escaliers des Fêtes, galeries donnant sur les cours Nord et Sud.

Voici, d'autre part, quels étaient les emplacements à mettre au concours :

Plafond de la bibliothèque du Conseil municipal, salle du budget, salon d'angle donnant sur la place de l'Hôtel-de-Ville, plafonds de la salle à manger, salons d'introduction situés aux deux extrémités de la salle des Fêtes, galerie latérale sur la place Lobau.

On verra plus loin que ces propositions de la Commission, bien que votées parle Conseil municipal, ne furent pas toutes exécutées et que, pour une cause ou pour une autre, tel emplacement, destiné au concours, fut donné à la commande directe. De même que certaines salles, comme celles de la Voirie et de la Buvette du Conseil municipal, dont il n'est pas question ici, furent, ou seront décorées dans la suite, de peintures murales. Quoi qu'il en soit, ce programme, on peut le dire, fut à peu de choses près, suivi d'exécution.

En ce qui concernait le choix des sujets à traiter parcommande

directe, la Commission ne voulut pas le déterminer à l'avance, et désigner ensuite l'artiste qui serait chargé du travail. Elle a, au contraire, pensé qu'il était préférable de laisser aux peintres le soin de choisir eux-mêmes, d'accord avec elle, parmi les grands faits de la vie parisienne, celui qui conviendraitle mieux à leur talent et qui s'adapterait le plus facilement à la surface à décorer. Elle fit donc venir dans son sein chaque artiste à qui une commande était réservée, et discuta avec lui de l'idée générale qui devait présider à la composition qui lui était confiée.

Pour la question du concours libre, la Commission en détermina les conditions sur les données suivantes : le principe est établi que le choix du sujet à traiter est absolument laissé aux concurrents.

Une seule réserve est faite pour le salon d'angle de la place de l'Hôtel-de-Ville (cabinet de réception du Préfet de la Seine), dont le motif est fixé d'avance et doit se rapporter au siège de

Tous les artistes français peuvent y prendre part.

Chaque concurrent doit produire une exquisse signée de son auteur, au 1/10 d'exécution et au i/5 pour les détails.

Trois esquisses sont choisies pour chacune des parties à décorer. Leurs auteurs sont chargés de peindre chacun, grandeur d'exécution, un fragment compris dans les sujets présentés par eux, ce fragment devant renfermer une des parties caractéristiques du projet.

En cas d'un concours remarquable d'esquisses, le jury peut retenir cinq projets au lieu de trois.

L'artiste qui, dans le concours du 2 e degré, réunira les suffrages, sera chargé de l'exécution définitive. Les autres, classés suivant leur mérite, recevront des primes dont le montant sera subordonné à l'importance du concours.

Pl. 30

Le jury sera composé du Préfet de la Seine, Président, et de quarante membres désignés parle Conseil municipal et comprenant des membres de cette Assemblée, des représentants de l'Administration, et des personnes dont la compétence et l'autorité artistiques seront hors de tout conteste.

Si aucun des envois n'est jugé digne d'être retenu, le jury aura le droit de s'abstenir, sauf à accorder aux concurrents les primes d'usage.

Les jugements du jury serontpubliés dans un rapport public, et les esquisses primées appartiendront de droit à la Ville.

Les travaux de la Commission de décoration picturale de l'Hôtel de Ville sont reproduits dans le rapport que M. Emile Richard présenta, à ses collègues du Conseil municipal, dans la séance du 20 décembre 1888. Les conclusions en furent intégralement votées.

Nous reproduisons ci-après, en raison de son importance capitale, la délibération prise, qui constitue tout le canevas de la décoration intérieure de l'édifice. Bien entendu, ainsi que nous l'avons dit plus haut, cette délibération ne fut pas complètement exécutée dans la suite et suivant le désir exprimé par l'Assemblée municipale. Il fallut compter avec la maladie, la mort d'artistes, le refus d'acceptation, et les autres accidents et incidents susceptibles de survenir pendant une période d'exécution aussi longue. Nous aurons donc soin, autant que la chose sera possible, de signaler, les modifications survenues au texte de cette délibération :

« Le Conseil,

« Vu le rapport général par lequel la Commission chargée par le Conseil municipal d'élaborer un programme d'ensemble pour la décoration picturale de l'Hôtel de Ville, a déterminé la part à faire, dans la dite décoration, à la commande directe et

9 o L'HOTEL DE VILLE DE PARIS

celle à attribuer au concours libre, conformément au programme présenté par ladite Commission ;

« Le dit rapport évaluant, en outre, la dépense occasionnée par rensembledecette décoration, àlasoramede 2. 5oo.ooo francs, se décomposant ainsi qu'il suit :

« Travaux commandés directement, conformément à 1 état annexé à la présente délibération, 1.341.200 francs;

« Travaux mis au concours (y compris les primes et frais), 480.000 francs ;

« Echafaudages, marouflage, dorure et travaux accessoires, 5 10.000 francs;

« Réserve pour dépenses imprévues, 168.800 francs;

« Total égal, 2.5oo.ooo francs;

« Vu le devis dressé par les architectes de l'Hôtel de Ville, « Délibère;

« Est autorisée dans la limite d'une dépense de 2.5oo.ooo fr. la décoration artistique intérieure de l'Hôtel de Ville, ladite dépense se décomposant ainsi qu'il suit, savoir :

« Travaux commandés directement, conformément à l'état A, ci-an nexé, 1 .341 .200 francs.

« Travaux mis au concours libre (y compris les primes et frais de concours) , conformément à l'état B, et sur le programme ci-annexé, dont la teneur est approuvée, 480.000 francs.

« Echafaudages, marouflage, dorure et travaux accessoires, 5 10.000 francs ;

« Réserve pour dépenses imprévues, 168.800 francs.

« Total égal, 2. 5oo. 000 francs;

« La dépense s'élevant à 2. 5oo. 000 francs, sera imputée sur les fonds d'emprunt affectés aux travaux d'Architecture, au moyen de sept annuités de 3 55. 000 francs chacune, à partir de l'exercice 1889. »

ÉTAT A. COMMANDE DIRECTE Salle des fêtes

MM. Benjamin-Constant, Gervex, Morot. 3 plafonds à 20.000 francs = 60.000 francs.

M. Gabriel Ferrier, 2 petits plafonds à 7.500 = i5.ooo.

MM. F. Humbert, Paul Millict, Hippolyte Berteaux Wecrts, 16 figures* à 2. 5oo francs = 40.000 francs.

M. Aublet 3 , 6 camaïeux à 1.200 francs = 7. 200 francs.

Grands escaliers des fktks

M. Luc-Olivier Merson.

Evaluation pour un escalier.

4 panneaux à 5. 000 francs = 20.000 francs.

6 pénétrations à i.5oo francs = 9.000 francs.

3 travées de la nef à 1 .000 francs = 3. 000 francs.

2 arcs-doubleaux composés de 10 caissons à 5oo francs = 5.ooo francs.

8 travées bas côtés à i.5oo francs = 12.000 francs.

4 petits arcs-doubleaux à 5oo francs = 2.000 francs.

M. Joseph Blanc, 4 pendentifs de la coupole à 2.000 francs = 8.000 francs.

1 coupole à 12.000 francs.

Même répétition pour l'autre escalier, dont les travaux sont attribués à M. O. Merson, et la coupole avec les pendentifs, à M. Shommcr.

Galeries latérales aux deux escaliers*

MM. Bernier, Victor Binet, E. Breton, Busson, Charnay,

1 Remplacé par M. Ehrmann.

2 11 s'agit des anciennes provinces.

1 Commande supprimée et non exécutée.

' 11 s'agit des deux pourtours des grands escaliers des fêtes.

9 a L'HOTEL DE VILLE DE PARIS

Demont, Gosselin, Hanoteau, Lelièvre, Emile Michel, Pointelin, Raffaëlli, Vayson, de Vuillefroy, Yon, Zuber, 1 6 paysages à 5.ooo francs = 80.000 francs.

Galeries donnant sur les cours nord et sud '

MM. Jules Breton, Harpignies, Damoye, Pelouse, Rapin', 5 grands paysages à 8.000 francs = 40.000 francs.

Salle des cariatides

M. Cabanel', 7 tympansà 3. 000 francs =21 .000 francs. 2 pénétrations à 12.000 francs = 24.000 francs. 8 voussures à 3.ooo francs = 24.000 francs.

Galerie lobau, latérale a la salle des fêtbs

MM. Baudouin etCazin, 2 grands panneaux à 10.000 francs = 20.000 francs.

MM. Blanchon, Delahaye, Clairin, Ehrmann*, 4 panneaux à l'entrée des berceaux de loggia, à 5.ooo francs = 20.000 francs.

Portiques a arcades

MM. F. Barrias et Henry Lévy, 2 petits portiques à arcades à 1 5.ooo francs = 3o.ooo francs.

Salon d'introduction (salon d'arrivée sud)

M. PuvisdeChavannes, décoration d'ensemble, 60.000 francs.

Salon d'introduction (salon d'arriver nord)

M. Roll, décoration d'ensemble, 60.000 francs.

1 II s'agit des deux galeries des Tourelles.

5 II y a en réalité 6 paysages. MM. Jules Breton et Rapin n'y sont pas représentés et sont remplacés par MM. Montenard, Billotte et Pierre Lagarde.

1 M. Cabanel est décédé avant l'exécution. La salle n'est pas encore décorée.

1 Ces peintures, terminées et marouflées, furent enlevées en vertu d'une décision du Conseil municipal, et la galerie entière confiée à M. Georges Picard. Voir la description ci-après. MM. Cazin, Delahaye, Ehrmann n'exécutèrent pas leurs commandes, dont l'une fut reprise par M. H. Berteaux.

LA DÉCORATION PICTURALE 03 Escalier d'honneur

M. Elie Delaunay », i plafond à 25.ooo francs.

1 5 compositions (tympans et voussures) à 4.000 francs = 60.000 francs.

Grands salons a arcades. Salon des arts

M. Bonnat, 1 plafond à 20.000 francs.

2 petits plafonds latéraux à 5. 000 francs.

M. Léon Glaize, 2 frises, 25. 000 francs.

M. Chartran, 12 écoinçonsà i.25o francs = i5.ooo francs.

M. Rivey, 4 médaillons à 5oo francs = 2.000 francs.

MM. Tony Robert-Flcury, Ranvier 1 , Dagnan-Bouveret, Layraud, 4 panneaux de figures à 7.000 francs = 28.000 francs.

MM. Gustave Collin, Français, Bellel, Lapostolet, 4 panneaux de paysages à 5. 000 francs = 20.000 francs.

Salon des lettres

M. Jules Lefebvre, 1 plafond à 20.000 francs; 2 petits plafonds latéraux à 5. 000 francs.

M. Comerrc 3 , 2 frises, 2 5. 000 francs.

M. Albert Maignan, 12 écoinçons à i.25o francs = 1 5.000 francs.

M. Raphaël Collin», 4 médaillons à 5oo francs = 2.000 francs. M. Urbain Bourgeois, 2 dessus de portes à 3. 000 francs = 6.000 francs*.

MM. E. Thirion, H. Le Roux, Henner* et G. Callot, 4 panneaux de figures à 7.000 francs = 28.000 francs.

1 L'exécution fut confiée postérieurement à Puvis de Chavannes. 1 Remplacé par M. François Flameng.

■ Remplacé par M. Cormon.

* Remplacé par M* Forget.

* Portés à 10 000 francs, ultérieurement.

* Remplacé par M. R. Collin.

MM. Henri Saintîn, Lavieille Lansycr, Guillemet, 4 panneaux de paysages à 5. 000 francs = 20.000 francs.

Salon des sciences

M. Besnard, 1 plafond à 20.000 francs; 2 petits plafonds latéraux à 5. 000 francs.

M. Lerolle, 2 frises, 2 5. 000 francs.

M. Carrière, 1 2 écoinçons à 1 .2D0 francs = 1 5. 000 francs.

M. Marchai, 4 médaillons à 5oo francs = 2.000 francs.

M. Ducz, 2 dessus de portes à 3. 000 francs = 6.000 francs 8 .

MM. Jcanniot, Buland, A. Berton, Rixens, 4 panneaux de figures à 7.000 francs = 28.000 francs.

MM. John Lewis Brown 3 , Pierre Vauthicr, Luigi Loir, Lépine, 4 panneaux de paysages à 5. 000 francs = 20.000 francs.

Galerie latérale aux salons a arcades

M. Galland, 1 3 travées à 8. 000 francs = 104.000 francs, y compris la dorure et la peinture accessoire évaluées à 5o.ooo francs, 2 pignons à 8.000 francs = 16.000 francs.

Salon d'angle, place lobau

M. Jean-Paul Laurens. Décoration d'ensemble, 80.000 francs.

Grande salle a manger

M. Vollon l , 8 dessus de portes à 3. 000 francs = 24.000 francs.

Vestibule, salon de passage ouest

M. Lhermitte, Grand panneau, 10.000 francs*.

1 Remplacé par M. Berthelon.

2 Portés a 10 000 francs ultérieurement.

' Remplacé par M. E. Barau.

4 La décoration totale de la grande salle à manger a été ultérieurement confiée, après concours, À M. Georges Bertrand.

» Une délibération postérieure a alloué 5.000 francs de plus à M. Lhermitte. En 1907, ce tableau a été enlevé et transporté au Petit Palais.

MM. MonginotetQuost, 2 dessus de portes à 3. 000 francs = 6.000 francs.

Vestibule, salon de passage est

M. Tattegrain, Grand panneau, 10.000 francs 1 .

MM. Jeannin et Cesbron, 2 dessus de portes à 3. 000 francs = 6.000 francs.

ETAT B. CONCOURS LIBRE Bibliothèque du conseil municipal

Plafond 1 , 12.000 francs.

Salle du budget

Plafond et parois verticales 1 , 60.000 francs.

Salon d'angle De la place db l'hôtel-dk-villb

Parois verticales. Sujet imposé : Le Siège de Paris', 80.000 francs.

Grande salle a manger

Grand plafond elliptique et 2 petits plafonds carrés', 2 5. 000 francs.

Salon d'introduction. coté sud

Plafond et parois verticales*, 60.000 francs.

Salon d'introduction, côté nord

Plafond et parois verticales 7 , 60.000 francs.

1 Une délibération postérieure a alloué 5.000 francs de plus 1 M. Tattegrain. » Par M. Georges Picard.

1 Exécutes en commande directe, par M. Edouard Détaille. 1 Par M. Adolphe Binet.

» La décoration totale de la salle à manger fut confiée, après concours, a M. Georges Bertrand.

« Par M. H. Martin.

■ Par M Bonis

Galerie lobau

i3 travées de voûte; 2 berceaux de loggia 1 et tous frais accessoires d'ornement compris, 120.000 francs.

A présent que l'œuvre est accomplie, ou à peu près, et que l'Hôtel de Ville a reçu la décoration intérieure pour laquelle la Municipalité a consenti de si grands sacrifices, il sera curieux de connaître le jugement de l'opinion sur les résultats obtenus par le système employé : commandes directes aux représentants consacrés et réputés de toutes les écoles; concours ouvert entre tous les jeunes talents susceptibles de s'affirmer. Assurément, cette méthode n'était pas faite pour produire l'unité de décoration si recherchée jadis, lors de l'édification des palais et églises, et qui ne pouvait s'obtenir qu'en chargeant un grand artiste d'en assumer à lui seul la responsabilité; mais elle était susceptible d'être fort intéressante, à la condition, bien entendu, que les peintres conviés fussent à la hauteur de la tâche, très généreusement rétribuée, qu'on leur demandait.

En dépit de certaines œuvres, dont la conception ne répond en rien à une décoration architecturale de monument, consacrées pourtant par de véhémentes acclamations, et devant lesquelles on n'ose pas encore dire ce que l'on pense; malgré quelques autres — très peu nombreuses — dont les auteurs ont été inférieurs à leur talent habituel, on peut affirmer que l'ensemble des morceaux produits est digne de l'Ecole française actuelle, et constitue un intéressant groupement de la production artistique d'aujourd'hui.

• La décoration totale de la galerie Lobau fut confiée, après concours, a M. Georges Picard. Postérieurement, on y ajouta, en commande directe, les surfaces qui avaient été confiées à MM. Baudouin, Blanchon, Clairin et H. Bateaux, dont les peintures furent enlevées.

Pl. 32.

VA TER RE. PAS M. liri. ANIl.

Salon des SdciKM

La chose amusante sera de se souvenir, en admirant les dieux nombreux, les déesses aimables, les génies ailés, qui peuplent plafonds et murailles, des ardeurs juvéniles et prodigieusement modernistes de 1884, qui se manifestèrent par un idéal particulier, dont la formule était : plus d'allégories ! plus de mythologies ! plus de symbolisme ! pas de membres de l'Institut! rien que des jeunes ! tout au concours ! de la vie moderne ! du pavage en bois ! des usines! des foules dans les rues! etc., etc.

Mais si tout cela était élégant à proclamer du haut d'une tribune écoutée, il en allait autrement pour la réalisation d'un programme sérieux. En vertu de l'aphorisme qui veut que tout s'arrange dans la vie, tout s'arrangea à l'Hôtel de Ville... mais autrement. Les novateurs irréductibles se sont rendus aux bonnes raisons de plus pondérés, qui leur ont fait comprendre que tous les genres de peinture ne convenaient pas pour une décoration de fêtes, de bals et de solennités. Et tout doucement, les petits amours joufflus ont montré le bout de leur nez rose dans les blancs nuages de l'Empyrée classique, tandis que s'en allaient, grognons et maussades, les lourds terrassiers remuant des pierres et pilonnant des squares, les monotones bourgeois attendant le bateau-mouche dans les brumes de la rivière, les noirs bitumiers asphaltant les chaussées, les dîneurs sur l'herbe du bois de Vincennes, et les ballons du 14 Juillet!

Cet exposé, ainsi terminé, de l'œuvre de la Commission qui présida à la décoration intérieure du Palais municipal, il nous restera, maintenant, à aborder la description et le détail des œuvres destinées à enrichir, ou simplement à occuper, les surfaces du monument. Nous les examinerons salon par salon et suivant leur importance.

Disons, en passant, que la Maison Commune est largement ouverte au public des visiteurs et que, tous les jours, de

nombreuses caravanes la parcourent en tous sens, guidées par d'aimables fonctionnaires-cicérones doués d'une mémoire prodigieuse et connaissant jusqu'au moindre coup de pinceau de la plus dissimulée des décorations.

Les trois salons à arcades, éclairés sur le quai par neuf fenêtres, soit trois par salon, sont une réminiscence de ceux qui existaient déjà dans le monument de Godde et Lesueur, sauf quelques modifications de détail, particulièrement la création de la galerie actuelle des Métiers, qui n'existait pas alors. (Pl. 25).

L'ensemble de l'ornementation fut commandé directement aux artistes, les peintres chargés des plafonds étant considérés comme chefs de groupe, et invités à désigner eux-mêmes ceux de leurs confrères qui devraient être sollicités de décorer les autres parties de leurs salons respectifs.

M. Jules Lefebvre obtint le salon des Lettres-, M. Bonnat, celui des Arts et M. Besnard, celui des Sciences.

Disons, dès maintenant, que la désignation des artistes, faite par ces troismaîtres, pourtravailler sous leur inspiration, adoptée en principe par le Conseil municipal, ne fut pas observée rigoureusement pour les raisons multiples déjà signalées plus haut, de mort, de refus ou d'abandon de commande, de démission, etc.

Le plafond du salon des Lettres, œuvre de M. Jules Lefebvre, montre, gracieusement dessinées, les muses avec leurs attributs, accompagnant la Ville de Paris drapée de rouge et coiffée de la couronne murale, tourbillonnant autour du campanile du Palais municipal, représenté dans l'angle droit. (Pl. 26).

Les deux petits plafonds latéraux : L'Inspiration et La Méditation, du même artiste, symbolisées par deux exquises femmes nues, du dessin le plus serré et le plus pur, sont traités dans une note lumineuse et tendre qui contraste heureusement avec le ciel un peu lourd du plafond central.

ioo L'HOTEL DE VILLE UE PARIS

Le peintre Cormon a décoré les deux frises de scènes ingénieusement reliées entre elles, se rapportant à YHistoire de VÉcriture. C'est une sorte de défilé panoramique commençant aux temps antiques du papyrus égyptien, en passant par les presses deGutenberg, pour arriver au moderne kiosque à journaux de nos boulevards.

Les douze écoinçons de cette salle sont de M. Albert Maignan et symbolisent les grandes œuvres littéraires. En des positions souvent gênées et tortueuses, imposées à l'artiste par l'exiguïté des surfaces à couvrir, des figures allégoriques rappellent : Roland et sa Chanson : Voltaire et l'Encyclopédie; Victor Hugo, avec Eviradnus; Alfred de Musset, avec Mimi Pinson; Corneille, avec le Cid; Racine, avec Phèdre. Ce sont, aussi, les Essais de Montaigne, les Pensées de Pascal, le Pantagruel de Rabelais et la Cigale de La Fontaine.

M"' Forget a été chargée de reproduire, en grisaille sur fond d'or, dans quatre médaillons moulurés, les figures de Molière, Victor Hugo, Michelet et Descartes.

Les deux pilastres flanquant la cheminée, et ceux qui leur font vis-à-vis, sont décorés de figures allégoriques en pied, qui ont été demandées à des artistes de tempéraments — et disons-le aussi — de talents différents :

M. Thirion est l'auteur de L'Histoire, qu'il a peinte sous les traits d'une déesse au port de reine. C'est une œuvre de grande allure et qui rappelle un peu la facture de Paul Baudry. La tête de la jeune femme est pleine de noblesse et de distinction. (Pl. 28}.

La Poésie, de M. Raphaël Collin, est une jeune fille à demi nue, charmante de jeunesse et de fraîcheur, peinte dans l'atmosphère imprécise et molle, coutumière à cet artiste.

M. G. Callot a représenté une Philosophie aux formes plutôt

matérielles que symboliques, mais dont le coloris ne manque ni de charme ni de vérité.

L'Éloquence, de M. H. Le Roux, est une imposante vestale laurée d'or, à la figure hautaine et noble, tumultueusement drapée d'étoffes légères soulevées par le vent.

Trois sites parisiens, et un paysage de la banlieue, décorent quatre pilastres de ce salon : deux, du côté du quai, et deux du côté de la galerie de la Cour du Sud. Vers le quai, se voit une Place de la Concorde, de Lansyer, qui présente de grandes qualités de vérité architecturale (pl. 44) ; tandis que l'autre panneau, de M. H. Saintin, montre une vue des Vieilles Carrières a" Arcueil, qui détient, injustement selon nous, la place d'un paysage urbain.

Les deux autres toiles sont : la première, de M. Guillemet, La Fontaine de Médicis, débordante de couleur et de brio; la seconde, de M. Berthelon, représentant Le Petit bras de la Seine vu du Pont-Neuf. Cette peinture, consciencieux paysage parisien, remplace une toile précédente sur laquelle le même peintre avait dessiné un Coin de Vile Saint-Denis, et qui fut lacérée, en i8g3, par un visiteur déséquilibré, qui la découpa à l'aide d'un canif et la jeta dans un coin de la pièce.

Les deux tympans des portes accédant aux petits salons de passage conduisant au cabinet du Préfet, d'un coloris lumineux plus heureux que le dessin, sont de M. Urbain Bourgeois, et représentent : L'Histoire recueillant les leçons du Passé, et La Philosophie affranchissant la Pensée.

La cheminée monumentale existant dans ce salon, payée 24.000 francs au sculpteur, est une grande pièce d'architecture de style Renaissance, montant jusqu'au plafond, et décorée de deux figures couchées : une jeune fille et un jeune homme, symbolisant les Lettres, et qui sont d'une grâce infinie. L'auteur,

M. G.-J. Thomas, l'a également ornée de deux cariatides et de gaines à tètes sculptées, d'un fort beau travail. Elle est malheureusement déparée par une banale pendule en œil-de-bœuf, et par une sorte de grand plat en céramique à fond bleu, qui enlèvent à l'ensemble de l'œuvre la haute tenue d'art qu'elle aurait sans ces deux médiocres ornements. (Pl. 24).

Le Salon des Arts a son plafond décoré par M. Bonnat, qui a peint Le Triomphe de F Art. Dans un ciel bleu d'une grande intensité de couleur, s'enlève Apollon nimbé d'or, monté sur Pégase aux ailes éployées, foulant aux pieds l'Ignorance et la Barbarie. Un génie et une renommée gravitent autour du sujet principal, dont l'impeccable et vigoureux dessin, plus que celui des figures qui l'accompagnent, produit vraiment une grande impression. (PI. 3o).

Le même maître a représenté, dans les deux petits plafonds latéraux, deux figures nues : V Idéal et La Vérité^ sous la forme de deux jeunes femmes, dont les cheveux rouges enveloppent et font valoir des formes aussi délicatement modelées que puissamment peintes.

Les deux frises de ce salon sont de M. Léon Glaize et représentent La Musique et La Danse. Dans la première, Orphée, personnifiant sans doute l'Idéal, y fait pendant à un personnage antique derrière lequel se dresse une figure de la Vérité. Des génies ailés peuplent le ciel et jouent d'instruments divers. La seconde frise montre des nymphes tourbillonnant par groupes, aux sons d'un orchestre de jeunes femmes.

M. Chartran a été chargé de décorer les douze écoinçons, dans lesquels il a peint, avec une belle expression de style, des figures symbolisant les arts : le graveur, le peintre, le sculpteur, etc.

Pierre Puget, Philibert Delorme, Le Poussin, Rameau, ont leurs portraits en grisaille sur fond d'or, exécutés par M. Rivey.

Sur les pilastres séparant les salons et se faisant vis-à-vis, se voient les quatre figures suivantes : La Sculpture, La Musique, V Architecture et La Peinture.

La première, œuvre de M. Layraud, représente une jeune femme vue de dos, torse nu, jambes drapées, qui taille dans le marbre une statue dont on n'aperçoit que la base.

La Musique, de M. François Flameng, est personnifiée par une femme entièrement nue, étalant ses formes gracieuses dans la profondeur d'une nuit étoilée, au bord d'un ruisseau, dans lequel se reflète le croissant de la lune. Les sons qu'elle tire d'une harpe rustique semblent charmer de petits oiseaux perchés sur une branche morte.

M. Tony-Robert Fleury est l'auteur de L'Architecture. C'est encore une jeune femme, drapée d'étoffes légères laissant deviner une admirable anatomie et des formes du plus pur dessin. Elle est appuyée sur une colonne sculptée et tient d'une main un rouleau de plans.

La Peinture fut exécutée par M. Dagnan-Bouveret : la poitrine découverte et les jambes drapées, le coude appuyé sur une colonne corinthienne, avec une palette dans la main, une jeune fille, qui semble être coulée en bronze florentin, se détache, rêveuse et charmante, sur une belle mer bleue d'Italie, bordée de maisons blanches et de campaniles.

Parmi les quatre paysages des pilastres, celui de M. Lapostolet : Le Port Saint-Nicolas, est un joli point de vue parisien montrant l'Institut, la pointe de la Cité, les tours Notre-Dame. (Pl. 42).

Pour les trois autres : Vue prise à Bougival, par Français ; Vue vrise au Bas-Meudon, par M. Gustave Colin; La Marne à

Champigny, par M. Bellel, nous persisterons, en dépit du talent dépensé par leurs auteurs, à regretter que ces trois panneaux n'aient pas été réservés pour la reproduction d'aspects parisiens.

A propos du paysage représentant La Marne à Champigny, par M. Bellel, nous croyons intéressant de rappeler que ce tableau est la reproduction de celui qui fut exécuté par le même peintre, pour l'ancien Hôtel de Ville, et qui se trouvait dans la Galerie du Secrétariat. Ayant appris que le vénérable artiste vivait encore au moment de la décoration du nouvel édifice, le Conseil municipal, par une attention délicate, lui demanda une réplique de sa première œuvre.

Nous passons maintenant dans le salon des Sciences, dont le plafond : L'Apothéose de la Science, est l'œuvre de M. Besnard. Des planètes vertes et bleues, de toutes grosseurs, évoluent dans l'espace, entremêlées de longues théories d'êtres humains dont la nudité se reflète de lueurs flamboyantes. Ces fantômes hybrides semblent guidés dans leur marche par une jeune femme, d'ailleurs superbe de modelé, portant dans ses bras des gerbes de feu. Cette peinture étrange, d'allure astrale et sublunaire, a été l'objet de vives discussions. Il est certain qu'elle eût été plus à sa place dans un Observatoire, dans un établissement purement scientifique ou même, à titre d'échantillon d'un genre qui a ses admirateurs, dans une salle moins officielle et plus intime du monument. On estimera certainement, sans le moindre parti pris d'école, qu'elle ne présente pas la conception artistique convenant à la décoration du salon le plus solennel, le plus classique du Palais municipal. (Pl. 40).

Les deux plafonds latéraux, du même artiste, La Météorologie et V Électricité, montrent deux femmes nues, aux cheveux

cpars, dont les poses convulsées se débattent au milieu des éléments en furie.

M. Lerolle a été chargé de la décoration des deux frises, traitées par lui dans une note d'un charme infini. L'Enseignement de la Science se déroule dans un paysage grandiose, calme et reposé, coupé de larges chemins. Plusieurs personnages, en redingotes et en vestons, et dont les têtes sont celles d'hommes politiques et d'artistes connus, y méditent studieusement sous la surveillance de deux jolies figures, la Vérité et la Gloire, en costumes heureusement plus mythologiques.

La seconde frise, La Glorification de la Science, montre un paysage de même allure, aux vastes espaces silencieux et recueillis, au milieu duquel deux muses viennent couronner un penseur, assis au pied d'un arbre, dans une attitude contemplative.

Les douze écoinçons de M. Carrière, figures symbolisant Les Sciences, ont été exécutés selon la formule de l'artiste : imprécision effacée du dessin et de la couleur, rendant le sujet pour ainsi dire illisible. On devine qu'un peu plus poussées, ces figures eussent été remarquables. Les œuvres de ce peintre, d'ailleurs, ne peuvent convenablement se juger que sur leurs reproductions en gravure ou en lithographie; et telle peinture, indéchiffrable au naturel, apparaît d'un modelé suave dès qu'elle est reproduite sur le papier. Ce sont des femmes nues, à l'aide desquelles l'artiste a voulu représenter les mathématiques, la physique, la minéralogie, la mécanique, la chimie, la médecine, etc.

Dans les panneaux des pilastres :

La Terre, par M. Buland, est une jolie figure de jeune paysanne, aux carnations laiteuses et rebondies, s'épanouissant dans un décor rutilant de produits maraîchers et de végétation intensive. (Pl. 32).

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LEau, que présente M. Berton, est symbolisée par une femme à l'allure tragique qui, dans un paysage désolé, aux eaux blafardes et indéfinies, semble conduire un bateau invisible, dans lequel, dailleurs, elle ne se trouve pas.

VAir, de M. Jeanniot, nous est montré sous la figure d'un vigoureux pêcheur, défendant contre la mer en furie, une barque dont les voiles sont enflées par le vent.

Le Feu, est l'œuvre de M. Rixens : devant son four allumé, un fondeur, le torse nu et flamboyant des reflets du brasier, manipule le métal en fusion avec la puissance d'un cyclope des temps héroïques.

Les quatre médaillons en grisaille sur fond d'or, figurant Arago, Ampère, Cuvier et Lavoisier, sont de M. Marchai.

M. Duez est l'auteur des deux dessus de porte : La Physique et La Botanique :

Le premier est une femme de figure sévère, drapée de satin gris, appuyée sur de rébarbatifs in-folios, et entourée d'appareils aussi bizarres que peu décoratifs.

La botanique nous est montrée sous la forme d'une jeune fille parée seulement de sa nudité, étendue dans la verdure, et cueillant des fleurs.

Pour les quatre paysages réglementaires, trois, cette fois, sont essentiellement parisiens :

Le Val-de-Grâce, vue prise de la rue de la Santé, par M. Luigi Loir, possède bien la note paisible et recueillie de ce coin silencieux du vieux quartier universitaire. (Pl. 38).

Dans son Bassin de V Arsenal, M. Pierre Vauthier a montré, avec beaucoup de talent et de vérité, le canal Saint-Martin et la colonne de la Bastille, enveloppés des brumes transparentes de l'hiver parisien.

M. Lépine a peint une vue du Petit bras de la Seine au

Goo

Pont-Neuf, dans laquelle l'opulence des grands monuments de cet endroit est rendue d'une façon précise et mesurée.

L'Ile de la Grande-Jatte , qui forme le quatrième paysage, est l'œuvre de M. E. Barau.

Le salon des Sciences, comme celui des Lettres, est également décoré d'une cheminée monumentale, payée le même prix, et lui faisant pendant. Elle est l'oeuvre de M. J.-P. Cavelier, qui l'a décorée de deux figures couchées, symbolisant Les Sciences, de deux cariatides, et de tètes de faunes et de bacchantes. Ainsi que la première, elle est ornée d'une pendule en œil-de-bœuf et d'un plat en céramique, pour lesquels nous ferons les mêmes observations.

Nous avons trouve dans les comptes de l'Hôtel de Ville, que le dessin des deux cheminées monumentales des grands salons de réception, aurait été demandé au sculpteur Legrain, pour le prix de 8.000 francs.

La décoration ornementale de ces trois salons est infiniment variée et dune grande richesse. Son auteur, M. Guifard, y a semé, sur un fond gris, des ornements d'or, d'argent et de couleur, inspirés du style Renaissance, et qui font le plus grand honneur à son talent. Quatorze lustres tout en cristal, d'un modèle très riche, servent à l'illumination par l'électricité. Si une petite critique nous était permise au sujet de cet ensemble artistique, nous la formulerions à l'occasion des portes et des lambris de ces trois salles. Leur couleur de chêne naturel, en effet, qui est d'une pauvreté décorative évidente, ne se comprend guère au milieu des richesses ambiantes, et en amoindrit assurément la portée.

Un commencement d'ameublement a été exécuté pour cette partie du monument ; il se compose d'un certain nombre de fauteuils recouverts de tapisserie d'Aubusson, et dont les archi-

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tectes de l'Hôtel de Ville fournirent les dessins. Les bois, de style Louis XIV, complètement dorés, ont été livrés par la maison Jeanselme, et les tapisseries, écussonnées aux armes de la Ville, par M. Bracquenié. (Pl. 19).

La galerie des Métiers, dite aussi galerie de la cour du Sud, fait pour ainsi dire partie des salons à arcades, dont elle n est séparée que par des piliers, formant de larges baies de pénétration dans ces derniers. Elle mesure 42", 5o de longueur sur 5 mètres de largeur ; sa hauteur est de 7" > ,5o. On y accède par le palier de l'escalier d'honneur, ou du Préfet, à l'aide d'une porte rectangulaire, dont le chambranle en pierre montre des motifs de style Renaissance : armes, mascarons, corbeilles de fleurs, rinceaux et volutes, sculptés avec la plus grande délicatesse et dans le dessin le plus heureux. Deux cartouches y portent la mention : Anno i883. Le fronton de cette porte, décoré de dauphins, du même style et du même fini, est orné du chiffre delà République Française : un R et un F entrelacés. L'autre extrémité de la galerie est pourvue d'une porte semblable, ouvrant sur la grande salle à manger. Son ensembleest éclairé, sur la cour du Sud, par neuf grandes fenêtres cintrées, séparées par des pilastres ioniques cannelés et dorés. Ces mêmes pilastres se retrouvent de l'autre côté de la galerie, appliqués contre les piliers rectangulaires des salons à arcades. La voûte en berceau, dont les travées reposent sur les chapiteaux de ces pilastres, a été décorée, par la voie de la commande directe, de motifs peints avec beaucoup de style par M. Galland, et dans un sentiment d'archaïsme très prononcé. Ils représentent, dans des costumes du xv e siècle, des personnages travaillant à divers métiers. Chaque travée ou coupole de cette voûte contient deux panneaux peints, et neuf travées y sont consacrées à ces sujets,

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