LES PORTIQUES DE LA SALLE DES FÊTES
laires s 'ouvrant de chaque côté, et séparées par des piliers ornés de pilastres unis, bordés d or, à chapiteaux ioniques également dorés.
La décoration picturale du portique Sud, composée de trois coupoles et de deux demi-coupoles aux deux extrémités, a été commandée directement à M. Henri Lévy. Le sujet, traité par lui et peint sur la pierre même, en raison de l'impossibilité de maroufler les toiles, représente Les Heures de jour et de nuit. C'est une suite infiniment gracieuse de jeunes femmes, symbolisant chaque moment de la vie, se déroulant dans des ciels azurés, mouchetés de nuages blancs, et semés de guirlandes de fleurs, d'amours et de colombes. (Pl. 39).
Dans les deux demi-rotondes, couvertes de peintures ornementales à fond jaune et or et à guirlandes de feuilles, se dressent deux gaines en marbre qui sont des morceaux de grande valeur d'art, et qui représentent Sapho et Anacréon, par Guillaume. Elles furent payées 12.000 francs chacune.
Le portique du côté Nord, composé également de trois coupoles et de deux demi-coupoles, a été aussi commandé directement à M. F. Barrias. Son sujet, intitulé : Scènes de Fêtes, est symbolisé, dans la coupole centrale, par une jeune femme conduisant un orchestre de musiciennes se profilant sur des nuages. Les autres peintures des coupoles, qui sont des allégories enguirlandées de fleurs, moins séduisantes, moins gracieuses et moins délicates que celles du portique Sud, ne possèdent pas moins de réelles qualités décoratives, mais plus lourdes et plus massives, en dépit de l'azur qui les enveloppe sans les alléger. (Pl. 47).
Les deux gaines sculptées des demi-rotondes, dont le mérite n'est pas inférieur à celui des deux précédentes, dues, comme elles au ciseau impeccable de Guillaume, représentent Horace et
Lesbie, et ont coûté chacune 14.000 francs. La décoration ornementale des deux portiques est l'œuvre de M. Gui fard.
Deux petits lustres en cristal, du modèle adopté pour les salons, éclairent électriquement ces deux pièces.
La grande salle des Fêtes, qui passe à juste titre pour être l'une des plus belles de Paris, et dont la décoration générale fut conduite avec un grand sens artistique par M. Formigé, architecte actuel du monument, est située de façon à recevoir les invités montant par les deux grands escaliers qui portent son nom. Elle est éclairée par les treize baies circulaires de la galerie Lobau, qui l'inondent de lumière à travers les arcades qui la bordent de ce côté. (Pl. 35).
Sa longueur totale, allant du Nord au Sud, est de 5o m ,3o, pour une largeur de 1 2",8o et une hauteur de 1 3 mètres. Son côté Est se trouve donc limité par les treize arcades dont il vient d'être question. Sur son côté Ouest, treize autres baies circulaires font face aux précédentes et donnent accès aux pourtours des escaliers. A ses deux extrémités, sont les trois baies ouvrant sur les portiques Nord et Sud. Toutes ces baies et arcades sont décorées de pilastres cannelés, dorés dans les cannelures, à chapiteaux composites également dorés. Une frise à modillons, alternant avec des rosaces à couronnes murales, aussi dorées, règne au-dessus des chapiteaux des pilastres. Elle sert de base à une galerie percée d'arcades faisant le tour de la salle, et permettant, à l'aide de balcons à balustres de marbre, d'assister aux fêtes et aux cérémonies qui s'y déroulent.
Entre ces arcades supérieures, se dressent douze grandes figures sculptées en forme de cariatides, couvertes d'un ton ivoire légèrement teinté de rose, et flanquant les voussures. Parmi les
LA GRANDE SALLE DES FETES tarj
six décorant le côte Est, une est de M. Boisseau, deux sont de M. Boucher, deux de M. Moreau-Vauthier, une de M. Claudius Marioton. Celles du côte Ouest sont : de MM. Claudius Marioton, une; Moreau-Vauthier, deux; Boucher, deux ; Boisseau, une. Elles ont été payées 3. ooo francs pièce à leurs auteurs.
Les voussures, outre une décoration ornementale très riche de fleurs sur fond d'or, sont ornées de figures peintes de jeunes femmes assises, représentant les anciennes provinces de la France et de ses colonies, costumées suivant les régions, et entourées des attributs susceptibles de les symboliser. Ces œuvres, commandées directement aux artistes, ont été exécutées avec un grand souci de l'unité de décoration; et Ton n'en remarque pas une qui nuise à sa voisine et qui en amoindrisse la valeur. Toutes, d'ailleurs, sont d'une grande beauté de composition et de couleur, et il n'est pas exagéré de dire que cette suite de seize figures est une des belles choses de l'Hôtel de Ville.
Les voussures Nord comprennent : La Flandre La Picardie, par M. Weerts.
Les voussures Est : Le Berry, La Champagne, La Bretagne, La Bourgogne, L'Auvergne, La Lorraine, par M. Ehrmann.
Les voussures Ouest : L'Algérie, Le Lyonnais, Le Languedoc, La Gascogne, La Provence et La Guyane, par M. F. Humbert.
Les voussures Sud : La Normandie et Le Comté de Nice, par M. P. Milliet. (Pl. 37).
Toutes ces figures se détachent sur un fond bleu pâle encadré de bordures de couleur bleu foncé, et ornées de fleurs d'or.
Aux quatre angles des galeries supérieures, quatre cariatides sculptées et dorées, statues décoratives de femmes nues, symbolisent : Le Chant, La Musique, La Danse, La Poésie. Elles sont de MM. Blanchard et Desbois.
i$o L'HOTEL DE VILLE DE PARIS
La voûte, construite en anse de panier, est dune richesse infinie et se compose de trois grands plafonds peints, l'un, au centre, deux, aux extrémités, et deux plus petits, placés de chaque côté du plafond central. Ces peintures sont séparées entre elles par six écussons flanqués de génies sculptés en basrelief, ton ivoire sur fond d'or, qui ont été modelés par MM. G Debrie, Sobre et Michel. Dans ces écussons, on remarque, peints en lettres d'or, la devise : Liberté, Egalité, Fraternité se répétant deux fois. Aux deux extrémités de la voûte, audessus des voussures, se voient deux autres blasons en relief, aux armes de la Ville de Paris, entourés de lauriers, et ayant comme supports des figures décoratives posées de chaque côté, et modelées par le sculpteur A. Croisy.
Entre les voussures et les plafonds peints, règne encore une large frise décorée de chaque côté, de trois caissons rectangulaires simulant du marbre rouge, et flanqués de groupes de femmes assises : figures allégoriques avec attributs, modelées en ton ivoire rehaussé de rose. Les troisgroupes du côté Est, comme les trois du côté Ouest, ont été exécutés par les sculpteurs P. Berthet, J. Perrin et G. Germain. Entre ces groupes on a placé, dans chacun des côtés de la frise, deux grands frontons Renaissance, décorés, l'un d'armes romaines avec des boucliers, l'autre, d'avirons antiques, de caducées et de proues de navire : symboles de la paix et de la guerre.
A propos des caissons de marbre rouge, dont nous venons de parler, rappelons que leur emplacement devait être occupé par six camaïeux représentant des Amours avec attributs de bals et de fêtes, commandés à M. Albert Aublet. Mais la Commission de décoration renonça à les faire mettre en place.
Passons maintenant aux peintures de la voûte, commandées directement aux artistes.
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