LA GRANDE SALLE DES FÊTES
Le premier grand plafond du côté du Sud, La Danse à travers les âges, est l'œuvre de M. Aimé Morot. Il représente plusieurs groupes de danseurs de diverses époques, en costumes de leur temps, exécutant des pavanes, des menuets, des exercices chorégraphiques modernes, dans une jolie décoration de nuages légers peuplés d'amours. (Pl. 36) .
Le deuxième grand plafond, côté du Nord, La Musique à travers les âges, a été peint par M. Gervex. On y voit une loge de théâtre élégamment garnie d'habits noirs et d'épaules nues, ainsi qu'un premier rang de fauteuils d'orchestre, auquel ne manquent pas les crânes traditionnels, applaudissant une chanteuse qui est en scène. Dans le ciel, au milieu de pâles nuages, un jeune couple, en costume Louis XV, joue du violoncelle et de la flûte, entouré d'une légion d'amours roses et bouffis, cependant qu'une Renommée lance des fleurs et des couronnes dans l'infini.
Ces deux plafonds sont d'une exquise délicatesse de couleur et d'une grâce charmante de composition ; il est aisé de se rendre compte que les deux artistes, pour les exécuter, ont mis leur talent à l'unisson et ont rapproché leur manière.
Les sujets intermédiaires : Les Parfums, Les Fleurs, par M. G. Férier, sont d'une tonalité un peu plus accentuée que les précédents, et montrent, sur un fond de ciel bleu, des figures allégoriques portant des corbeilles de fruits et des bronzes à parfums.
Le grand plafondcentral, La Ville de Paris conviant le monde à ses fêtes, par M. Benjamin Constant, est conçu dans une note plus vigoureuse et plus éclatante. L'intensité de coloration de ce morceau, cherchée et sans doute voulue par l'artiste, forme, par son contraste avec les peintures que nous venons de décrire, une clef de voûte superbe à tout cet ensemble décoratif. Sur des
nuages rebelles et tourmentés, la Ville de Paris, figure hautaine, gracieuse et forte, est à la barre de la galère urbaine, dont les avirons sont manœuvres par de robustes batelières, aux formes olympiennes, aux chairs dorées par un soleil couchant. Les éclats d'un grand ciel de fête font flamber les rouges de la nef, des rames, des draperies, et donnent à cette œuvre remarquable une virtuosité dont l'effet est saisissant.
Les baies des fenêtres de cette salle, et celles qui leur font vis-à-vis, sont pourvues de leurs grands rideaux définitifs. Etablis sur les dessins produits par les architectes du monument, ils ont été confectionnés par les ateliers de tapisserie de la maison Mazaroz-Ribalier. La brocatelle verte dont ils sont composés, et qui est rehaussée de broderies de soie de couleurs, a été fournie par la maison Henry, de Lyon.
L'immensité de cette salle demandait un vaste développement d'éclairage. Il a été obtenu avec douze grands lustres et douze petits, ces derniers plus élevés, afin d'éclairer le plafond. Tous sont en cristal, et à l'électricité, du modèle adopté pour les autres salons.
La décoration ornementale d'ensemble a été confiée à MM. J.-B. Lavastre, Carpezat et Guifard.
La galerie Lobau, large seulement de quatre mètres, fait pour ainsi dire partie intégrante de la grande salle des Fêtes, dont elle est un dégagement fort utile, les jours de cérémonies. Elle la longe, d'ailleurs, dans toute son étendue, séparée d'elle par une rangée d'arcades à baies cintréesdiviséespardes piliers rectangulaires. Ses dix-sept grandes fenêtres donnant sur la rue Lobau, servent, bien entendu, à éclairer la salle des Fêtes au travers des arcades dont il vient d'être question. (Pl. 46).
Les piliers sont décorés, sur leur face interne, de pilastres à