LA GALERIE LOBAU
Blets dorés et à chapiteaux composites se reproduisant entre les fenêtres.
Le plafond, forme de seize coupoles, a reçu une décoration qui est l'œuvre de M. Georges Picard, et qui lui a été confiée après concours. Cet artiste, dans une note tendre et délicate, infiniment heureuse et agréable, a peint une suite de sujets dont chacun est, pour ainsi dire, une glorification de la femme, traitée parlui en véritable divinité.
Ces sujets, dans lesquels de jeunes et radieuses créatures tiennent et occupent tous les emplois, sans analogie ni répétition dans la composition, représentent les allégories les plus diverses, avec les poses, les attributs, l'ambiance se rapportant au symbols évoqué. Le peintre a lui-même dénommé ses coupoles : La Nuit, Le Rêve, La Naissance de Paris, La Lutte, La Renaissance, La Poésie, La Philosophie, 178g (pl. 48), L'Histoire, 188g, La Science, L'Art, L'Industrie, La Paix, La Bienfaisance, Le Réveil.
Les écoinçons de ces coupoles ont été décorés, par M. Risler, de génies-enfants portant des attributs et complétant, en une tonalité de grisaille, les symboles interprétés par M. G. Picard. A chaque extrémité de la galerie, une demi-coupole et une arcade en berceau, sont et seront couvertes de peintures ornementales à fond d'or par ces mêmes artistes. Cette partie est, en effet, en cours d'exécution.
L'ensemble décoratif de la galerie Lobau a été l'objet d'une modification importante que Ton ne saurait trop louer, et qui est la suivante : conjointement au travail entrepris par M. G. Picard, la peinture de quatre grands panneaux avait été confiée : pour le premier, à M. P. Baudouin : Le Soir à Paris ; pour le second, à M. Blanchon : Etablissement d'un square ; pour le troisième, à M. Berteaux : Souvenir de Fête
nationale ; et pour le quatrième, à M. Clairin : Fête champêtre aux environs de Paris.
Quand les coupoles furent terminées et que le marouflage des quatre panneaux fut un fait accompli, on constata bien vite que les peintures, dont ces surfaces étaient recouvertes, ne pouvaient rester en présence les unes des autres. Il y avait, en effet, un manque de rapport tellement évident, une si grande différence entre les allégories éthérées de M. Picard et les modernités positives et vécues de MM. Baudouin, Blanchon, Berteaux et Clairin, que la Commission de décoration n'hésita pas aies séparer. Sans mettre en cause la valeur réelle des peintures occupant les quatre panneaux, mais seulement leur sujet et leur tonalité, celles-ci furent enlevées, et les surfaces devenues libres, attribuées à M. G. Picard, titulaire, par ce fait, delà décoration totale de la galerie.
C'était, sans doute, un sacrifice très sensible que s'imposait la Municipalité parisienne ; on ne saurait, néanmoins, que la féliciter de cette décision qui aura pour résultat de rendre à la galerie Lobau l'unité parfaite de décoration qu'elle n'eût pas eue sans cela, et qui fera d'elle l'une des parties les plus agréables du monument.
La nouvelle commande donnée à M. Georges Picard, le 29 décembre 1904, comprend six panneaux verticaux, deux voûtes de passage formant arcs doubleaux, et trente-quatre piliers avec les arcs qui les relient, le tout moyennant une somme de 24.500 francs. Les panneaux de cette galerie, démarouflés en 1907, prirent place dans les collections municipales.
Seize petits lustres en cristal, pendus entre chaque coupole, assurent à cette galerie un éclairage électrique abondant, les soirs de féte et de gala.