LOUIS LE GRAND
par munilicence royale pour les soldats réglant à perpétuité fonda cet édifice, l'an 1675.
groupes monumentaux en bronze « Les peuples vaincus » (par Desjardins) représentent des guerjriers enchaînés.
Cochin se.
PORTE D'ENTRÉE DE l/ HOTE L. ROYAL DES INVALIDES
Par Coustou le jeune.
Ces groupes ornaient primitivement la place des Victoires. Ils ont été transportés aux Invalides en 1800.
HISTOIRE DE l'hoTEL DKS INVALIDES
Cour d'honneur. — La cour d'honneur forme vin quadrilatère bordé de galeries ayant 80 arcades a deux étages,, sur lesquels sont superposées des lucarnes entourées de riches trophées sculptés 1 .
A chaque angle un groupe de chevaux ou dos attributs de guerre. Cet ensemble architectural présente un imposant caractère de simplicité et de grandeur. On a dit avec raison que La pureté <l<> son style rappelle les plus beaux monuments de l'architecture antique.
Du côté du midi, au-dessus de l'entrée de l'Église, une statue colossale de Napoléon, haute de 3 mètres dans son costume militaire traditionnel, est le modèle en plâtre de la statue de bronze qui en L833, avait été placée sur la colonne, de la place Vendôme 2 .
1. Lue de ces lucarnes, la cinquième à gauche, en regardant le Dôme, est ornée de la dépouille d'un loup. Ou dit que ce sont les armes parlantes de Louvois (Loup voit), dont le souvenir est ainsi rappelé dans le monument dont il fut le principal créateur.
2. La colonne de la place Vendôme, élevée par ordre de l'Empereur pour perpétuer les souvenirs de la campagne de 1805, fut exécutée de 1806 à 1810. Elle était surmontée d'une statue de Napoléon en César romain.
Cette statue fut enlevée en 1814 et remplacée plus tard par une fleur de lis qui disparut à son tour sous le gouvernement de Louis- Philippe
En 1831, à la suite d'un concours, Seurre fut chargé d'exécuter la statue de Napoléon dans son costume militaire traditionnel.
Sous le second empire, cette statue fut remplacée par un César romain comme dans le projet primitif, ce qui paraissait plus en harmonie avec le style de la colonne.
La statue, en costume militaire, fui transportée au rond-point de Courbevoie. Renversée et jetée dans la Seine en 1870, elle fut relevée depuis, mais elle n'a pas été réédifiée.
La colonne Vendôme fut renversée pendant la commune, en 1871. Elle a été réédifiée sans changement.
HISTOIHE DE l'hoTEL DES INVALIDES
Dans la galerie, derrière la statue de Napoléon, ost l'horloge dont le mécanisme est visible derrière une fflaee
LUCARNE DU 1-OUP (le loiip VOlt).
Copies des fresques de Raphaël. — Dans la galerie du rez-dechaussée, près de rentrée de l'église sont sept grands tableaux, copies des célèbres fresques du Vatican par Raphaël. Ces copies ont été exécutées de 1842 à 1850 par Raymond Balze, mort en 1909, élève d'Ingres. Lents grandes dimensions n'ont pas permis de leur trouver meilleure place dans les édifices de Paris à l'exception de deux grandes toiles : ha dispute du Saint- Sacrement et VEcolc cV Athènes qui sont à l'École des Beaux-Arts.
Composées pour être vues de loin et de bas en haut, leur disposition ne permet pas dé juger convenablement de l'effet qu elles produisent au Vatican. Ce sont : La Poésie et le Parnasse . — La Messe de Bolsène. — Saint-Pierre sauvé de prison. — Iléliodore chassé du Temple. — Attila repoussé par Saint-Léon. — La Jurisprudence.
1. C'est un des plus beaux ouvrages de Le Faute; elle fut placée en 1781. — Son exécution est si perfectionnée que le poids moteur ne dépasse pas cinq livres.
HISTOIRE DE l/ll<VrftI, DES INVALIDES
Fresques des galeries de la cour d'honneur. — Les
murs du rez-de-chaussée des galeries portent des peintures a fresque par Bénédict Masson, représentant des scènes de l'histoire de France depuis l'origine jusqu'il nos jours. Cette œuvre, commencée sous le deuxième Empire, n'a pas élé continuée 1 .
1. Bénédict Masson était un peintre de talent et un homme d'imagination. Passionné pour son art ; il rêvait de grands tableaux d'histoire, de fresques héroïques
Il fut présentr, en 186IJ, par madame la Comtesse de Valois au comte de Nieuwerkerke, surintendant des Beaux-Arts et obtint la commande de la décoration à fresques des galeries du rez-dechaussée de la cour d'honneur de l'Hôtel des Invalides.
Voici comment il exprime lui-même sa conception dans une lettre à madame la Comtesse de Valois :
« Tous les grands hommes sortent de l'ombre en tourbil-
lonnant autour de moi, les épées flamboyantes m'éblouissent, les Normands, les Saxons, les Croisés, les Anglais.... les Rollon, les Roland, les Pierre l'Hermite, François I er , Henri II, Benvenuto,... tout cela s'entrechoque avec les Robespierre, les Danton, Napoléon! les machines, les engins!... C'est à devenir fou si je ne l'étais déjà.... »
La surface à décorer était de huit mille quatre cents pieds carrés. — Au point de vue matériel, il demanda « mille francs par mois pour ses dépenses et, le travail achevé, telle indemnité qu'il serait jugé convenable ».
(Extrait des Souvenirs de madame la Comtesse de Valois, par Gve Clément-Simon, Paris, Pion, 1909.)
L'œuvre était gigantesque ; elle ne fut pas réalisée.
Cette immense fresque patriotique et non sans valeur artistique ne mérite pas le triste sort aviquel elle a été abandonnée.
Soit préparation insuffisante des enduits, soit conséquence de l'exposition au grand air et des alternatives de sécheresse, d'humidité, et de l'action du vent et des poussières, ces fresques s'effritent et sont condamnées à une destruction plus ou moins rapide.
HISTOIRE DE l'hÔTEL DES INVALIDES
Les fresques de la galerie, coté de l'orient, formant une suite Ininterrompue, représentent :
Les druides ;
Passage du Rhin par les Francs (an 112); Triomphe de Clovis (an 486) :
Exécution de Syagrius ; Partage du royaume (au 511); A rduinna :
Saiui Boniface ;
Frédégonde et Landri (an 597) ;
L'Evêque Prétextai ;
Charles Marte] (an 732);
( Ihildeberl sauvé |>ar ( rondebaut ;
Brunehaut (an 0 1 3) ;
Prise de Poitiers (an 7.*>2) :
Les Enfants de ( llodomir;
Ghildéric el Carloman moines (an 751);
Le Christianisme remplace [rminsul;
Pépin le Bref (an 708);
I ,es douze Pairs ;
Sacre de Charle magne (an 800);
1 [aaroun-al-Raschid :
Code Théodosien (Eginhard; Âlcuin; Pierre de Pise; Clément | :
I *es fils de ( Ihar le magne ; I nvasion des Normands :
Louis le Débonnaire choisit sa femme (an 821);
Supplice de Bernard :
Baptême des Normands (an 912);
Leur débarquement ;
Pudlon renverse Charles le Simple;
Féodalité : Pillage ; Massacre ;
Charte échangée (an 977) ;
Résistance ;
Établissement des Communes (an 1070).
HISTOIRE DE i/lloTEL DLS INVALIDES
La porte d'entrée de la section historique du Musée de L'armée es< surmontée de figures allégoriques représentant la Guerre. La Paix*
Au milieu un aigle aux ailes déployées dans une couronne de lauriers placée sur un bouclier posé sur deux palmes; sur le socle de la figure représentant la guerre, signature : Bénédtcf Masson, J S(i7.
Les fresques de la galerie, côte de l'occident, représentent :
I ies Liais ( îénéraux, L789 :
La Pat rie en danger, 1 7 ( dl ;
Les Enrôlements volontaires, 17!)2;
La ( îonyention, I 792-J 795 ;
La Général Augereau présente au Directoire les drapeaux pris par l'armée d'i t&lie, 1 797 ; Signature du Concordat, 180j ; Le Camp de Boulogne, 1803-1805;
Napoléon distribue les Croix de la Légion d'honneur à la Grande Armée, L804 ;
Distribution des Aigles, L804; Le Code civil, L804;
Le Maréchal Moncey à la Barrière de Clirhy, 1814; Le Gouvernement représentatif, L815-1848; Le retour des Cendres de l'Empereur, 1840; Siège de Home, 1849;
Rétablissement de Pie IX dans ses États, 1849 1 ;
Le second Empire, L852 ;
Le siège de Sébastopol, 1854-1855^
Ces fresques n'ont pas été terminées, l'indication des faits représentés n'a pas été inscrite.
1. La France est sons les traits de l'Impératrice Eugénie. Au second plan, portraits du pape Lit 1 IX, du généra] de Goyon.
Anciens réfectoires. — A Test et à l'ouest, bordant les galeries de l'orient et de l'occident, étaient les réfectoires des soldats 1 et celui des officiers. Ils sont décorés de fresques peintes par Martin, élève de Van der Meulen 2 ; les unes, allégoriques a la gloire de Louis XIY ; les autres représentant des vues perspectives des places conquises dans les Flandres, en Franche-Comté, en Alsace, etc.
Ces quatre grandes salles soul actuellement affectées au Musée de l'Armée, ainsi <|ue les salles des étages supérieurs qui formaient des chambres de soldats.
Les anciens réfectoires du côté de l'orient, affectés à la section historique du Musée portent Les noms de Turenne et de Bugeaud. — Elles sont consacrées aux trophées et aux souvenirs glorieux des armées françaises.
Les anciens réfectoires du coté de l'occident sont affectées à la section d'artillerie (ancien Musée d'Artillerie), Ce sont les salles des A km un es.
1. Une estampe de l'époque de Louis XIV (exposée salle Bugeaud), représente les invalides au réfectoire.
Au centre se trouve une table isolée dite des buveurs d'eau, réservée à ceux qui <c se sont enyvré et cômis quelque désordre ou d'avoir découché sans congé qui sont mis à cette table après huit jours de prison pour vingt deux jours, au pain, à la viande et à Feau ».
2. Ces fresques ont été restaurées en 1820 par M. Vauthier, sauf celles de la salle Turenne.
Fresques des anciens réfectoires.
Les fresques de la salle Bugeaud avaient pour but de rappeler les faits de la guerre de Dévolution 1 .
1° Au-dessus de la porte à? entrée, Louis XIV à cheval revient après les conquêtes de la Flandre et de la Franche-Comté. La Renommée marche devant lui. La Valeur e\ la Victoire le suivent en portant des palmes.
La Franck e-Corn té, sous la figure d'une femme enchaînée, est accompagnée d'un vieillard, dans l'attitude d'un vaincu, allégorie de la Flandre subjuguée.
1. La guerre de Dévolution (1667-1668) eut pour cause la revendication par Louis XIV, à la mort du roi d'Espagne Philippe IV, d'une partie des Pays-Bas, comme revenant à sa femme, fille du roi Philippe IV, en vertu d'un vieux droit de la coutume des Flandres, dit droit de Dévolution. La guerre eut deux théâtres, la Flandre et la Franche-Comté. Turenne , le maréchal d'Aumont, le duc de Créqui commandaient trois armées. Courtrai, Douai, Tournai se rendirent sans résistance. Lille capitula après neuf jours de siège. En peu de temps toute la Flandre vallonné était redevenue française (1667).
La rapidité de cette conqurte émut l'Europe. Une triple alliance entre la Hollande, l'Angleterre, la Suède, se forma à La Haye.
Louis XIV répondit à cette menace par une nouvelle conquête. Le prince de Condé s'empara en quinze jours de toute la Franche- Comté.
La paix d'Aix-la-Chapelle (1668) donna à la France les villes conquises en Flandre, mais l'obligea à rendre la Franche-Comté qui fut cédée plus tard par le traité de Nimègue en 1678.
2° Au-dessus de ta porte du fond 1 :
Louis XIV, sur des nuées, entouré des Grâces, accompagné de la Justice, de La Prudence, de la Tempérance met en fuite V Ignorance et la Superstition*
La France, à genoux, entourée de Y Abondance el de la Munilicence, remercie le ciel des biens don! elle est comblée sons le règne de Louis Le Grand.
I)ans le ciel, le Dieu des Combats el le Génie de la Guerre.
2° Cinq grandes fresques face aux fenêtres, dont quatre de 5,30x4,20 et une au centre de 9,30 X 4,20 représentent en vue cavalière les plans des principales villes conquises; au premier plan, groupe de cavaliers et d'hommes à pied.
OUDENAKDE 2 , CoURTRAI 3 , LlLLE *, DOUAI 5 , ToUHNAY 6 .
5° Cinq petites fresques de 0,75x1,25 entre colonnes séparant les grandes fresques,
Alost 1 , au-dessous l'inscription : « La ville d'Alost a été prise le 31 août et celle d'Oudenarde le même jour en 1607 ».
Furnes 8 : « La ville de Furnes a été prise le 30 août et celle de Courtrai le même jour en 1007 ».
Bergues-Saixt-Yinoc 9 : « La ville de Bergues a été prise le 5 juin et celle de Lille le 27 août en 1067 ».
1. Cette fresque, en très mauvais état, est masquée par un grand tableau allégorique de Pierre Dulin : Louvois présentant les plans de l'Hôtel des Invalides à Louis XIV entouré du duc d'Orléans, du prince de Condé, du maréchal de Turenne, du maréchal de Luxembourg, etc.