EXTÉRIEUR DE L'HOTEL-DIEU
TUDioNs l'Hôtel-Dieu tel que le créa le Chancelier et que vient de nous le rendre une heureuse et intelligente restauration. Pour dessiner cet édifice, nous nous aiderons d'une description faite par le chevalier Bard (i). Pour que tout dans cette esquisse soit un et semble d'une même main, nous fondrons notre texte avec celui de l'habile archéologue.
Les constructions faites par Nicolas Rolin forment un vaste parallélogramme long de quatre-vingts mètres et large de cinquante-deux et demi. Il renferme une magnifique cour pleine d'air et de soleil. Les eaux cachées de laBouzaise qui roulent sous cette cour emportent toutes les immondices de la maison et lui assurent une merveilleuse salubrité.
A proximité des salles de service s'élève un puits, qui est l'une des belles œuvres de serrurerie du
(i) Situation monumentaire du grand Hôiel-'Dieii de Beaune, par Joseph Bard,
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XV' siècle : on le dirait fait de la main des fées. En dehors des constructions primitives, se trouvait le cimetière auquel conduisait une longue galerie terminée par « deux chambrètes : l'une pour me6lre les povres malades frénétiques & hors du sens, & l'autre où on enfeveliffait les trelpaffés (i). »
Le grand Hôtel-Dieu de Beaune est, avec la maison de Jacques Cœur à Bourges et le palais de justice de Rouen, l'un des plus précieux bijoux de l'architecture du XV* siècle. Il faut voir ce palais des pauvres avec son luxe royal d'ornementation, ses admirables profils, ses frêles et délicieuses découpures que la brise fait frissonner, que l'air du soir fait gémir et que les siècles n'ont pomt ébranlé. C'est un trésor pour l'artiste qui aime à s'inspirer de la pensée du moyen-âge à son époque la plus fleurie, pour l'historien qui se plait à se recueillir dans le passé et pour le poète qui vit de souvenance et de religieux parfums. L'Hôtel-Dieu de Beaune est sans contredit l'un des édifices les plus curieux de France.
L'ordonnance générale de ce monument est d'un majestueux aspect. Cependant tant de profils varient sa structure, tant de détails accentués, mais complexes et capricieux, modifient les zones diverses qui en composent l'ensemble ; tant de charmants accessoires expriment un caractère particulier à chaque portion des lignes mères de l'édifice, qu'il en résulte pour le spectateur une impression confuse, difficile à vaincre, plus difficile encore à
(i^ Inventaire de 1501.