ORIGINES DE SON DOMAINE II
la charité. Pour nous en convaincre, nous n'avons qu'à parcourir les premières donations.
La première porte la date de 1457 ; elle est d'un habitant de la rue Saint-Martin, de Beaune. Il s'exprime ainsi : « Jehan de Clomoux, je fais fçavoir à tous préfens & advenir que, de ma fcience certaine & de bon propoux, comme faige & bien advifé, eu reg-ardt aux grands fervices, curialitez, fecours & bienfaiz qui fe font continuelement aux pouvres membres de Noftre-Seigneur, qui affluent chacun jour en l'hofpital nouvellement fondé à Beaune, en l'honneur Monfeigneur S' Jehan-Baptifte, par noble & puiffant feigneur, Monfeigneur d'Authume, chancelier de Bourgoingne, auquel je fuis de préfent bien penfé & curieufement gouverné ; Eu aufii regardt aux fraiz & miffîon qui convient faire en icelluy pour fubftancer moi & les autres pouvres; délirant faire choufe qui foità la louange de noftre Créateur & de fa glorieufe Mère & à la falvacion des âmes de furent mes père & mère, mes parents &amis & de moy auffi ; & affin que nous foyons participans es bienfaits qui fe font & feront chacun jour au di6l hofpital ;
« A icelle hofpital je donne une moie Maifon, au faubourg du di6l Sain6l-Martin, avec le curtil, les arbres, fonds, aifances & appartenances ; je veulz que les pouvres foient fervis des fruits qui croiftront chafcun au dicl jardin. »
Le II juin 1471, une pieuse veuve dispose en ces termes d'une part de son bien : « Jehannète, vefve de honorable homme Claude Dubois, à fon vivant
bourgeois à Beaune, je faiz fçavoir à tous préfens & advenir que, pour les bons agréables fervices, amours, plailirs, curialitez, humanitez, courtoifies, & bienffaiz à moi faiz au temps paffé, au grand hofpital,pour augmentacion du di6lhofpital,& affin que je foye participant es euvres de miféricorde qui chafcun jour font fai6les & accomplies au di6t hofpital & es prières, oroifons qui fe font en iceliuy, je donne huit ouvrées en Courton. »
Le 31 décembre 1479, un bon paysan fait ainsi sa donation : « Jehan Roidot, de Labergement, conlidèrant plulieurs bons & agréables fervices, omofnes, doulceurs, curialitez & bienfaitz à moy faiz par cy devant au grand hofpital de Beaune, &. affin que je ioye participans es biens fuffraiges & oroifons qui fe font au dicl hoipital ; je donne tous mes biens meubles & immeubles pour le nourriffement & alimentacion des povi^es y eftans ou qui feront cy après au di6l hofpital. »
Le 18 janvier 1489, une dame de haut lignage témoigne en ces termes, dans ses dispositions testamentaires, sa gratitude aux hospitalières de Beaune : « Anthoine Pot, Dame de Sombernon & de Puffey, femme de noble & puiffant feigneur Monfeigneur Meffire Charles de Beffroymont, chevalier,feigneur & baron du di6l Sombernon, confidérant plufieurs bons & grans agréables fervices à moy faiz par cy devant par les maiftreffe & feurs du grant hofpital de Beaune, en une griefve maladie que jay eheue depuis quatre mois en ça au di6l Beaune, ou jay efté malade long temps de parali-