‹ L'Hôtel-Dieu de Beaune, 1445-1880Chapitre 39 sur 72 · ORIGINES DE SON DOMAINE · texte numérisé non relu

ORIGINES DE SON DOMAINE

fie, en laquelle maladie plulieurs des feurs on la plupart du temps affilié à l'entour de moy en l'oftel de feu Monfeigneur le comte de Cliarny où je me tenoie, dont je me tiens eftre'bien obligée au dicl hofpital ; auffi affîn que perpétuelement je puiffe eftre participante es bienfaiz fpirituels & temporels, je donne au di6l hofpital une myenne pièce de vigne, contenant dix oyrées, au Sault de la Vache (i). »

Les donations se multiplièrent ; toutes sont empreintes d'un sentiment d'admiration et de profonde gratitude, et écrites dans ce style si pittoresque et si chrétien du XV^ siècle. Nous aurions désiré le consigner, et inscrire ici, comme dans un livre d'or, les noms des bienfaiteurs de l'Hôtel- Dieu ; mais nous devons y renoncer pour ne pas trop allonger ces pages. Ces dons Joints à quelques achats formèrent bientôt un notable domaine ; en 1487 , l'hôpital possédait déjà , à Beaune ou dans la banlieue, plusieurs maisons, seize journaux de terre, quatre soitures de pré et plus de deux cents ouvrées de vigne (2).

Le bienfaiteur le plus insigne de l'Hôtel-Dieu fut le Fondateur lui-même ; parmi ses dons nous devons mentionner le moulin de la Tour. Claude de Montagu, seigneur de Couches, avait possédé le fief des moulins situés sur le cours de la Bouzaise dans les murs de Beaune, près du château ducal, et de plus le privilège de vendre vin trois jours et demi, chaque année aux approches de la

(0 Archives de l'Hôtel-Dieu, Layette 14, n° 10. (2) Archives de l'Hôtel-Dieu, Layette 2, n° 28,

Toussaint, en la quinzaine des bancs de la ville. Ce seigneur vendit à Pierre de Beaufïremont, sire de Charny, son fief et son privilège, avec la réserve de les racheter, quand il lui plairait, moyennant mille francs d'or. Le sire de Montagu, voulant s'associer à la grande œuvre de Nicolas Rolin, lui céda, en 1454, en faveur de l'hôpital, son droit de rachat. Le Chancelier versa les mille francs d'or à Pierre de Beaufïremont, et le magnifique moulin devint la possession de l'Hôtel-Dieu. Le bon duc Philippe exempta de tout impôt le Moulin de de la Tour, le déclara franc-alleu, et autorisa la maison des pauvres à «en joyr & ufer paifîblement &à toujours comme chofe morte, donnée à Dieu & à l'Eglife (i). ))

Plus tard, moyennant vingt livres tournois de cens perpétuel par an, le gouverneur de l'hospice adjoignit à ce moulin la vieille Tour « appelée vieille Cuisine » du château ducal. En 1477, Louis XI affranchit perpétuellement l'Hôtel-Dieu de cette redevance, « à caule, dit-il, de la grande diminucion des revenus appartenant au dicl hofpital, advenue à l'occafion des guerres & divifîons qui ont eu & ont encore à préfent cours es marches de par de là (2)." »

Dans le domaine de l'hôpital au XV^ siècle nous devons encore signaler la « Maifon de Paradis » ainsi appelée du nom de la rue où elle s'élevait. Elle fut bâtie en i486 pour servir de « ménaigerie» à l'Hôtel-Dieu ; elle avait une cour, et fournissait

(i) Archives de l'Hôtel-Dieu. — Tctit Cartulaire de l'Hctcl-Dieu, p. 79. {2) Archives de l'Hôtel-Dieu. — Petit Cartulaire, p. 85.

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