V. — LES REVENUS J» l'hÔTEL-DIBU. i
uns jugeaient bon dé garder Tanonyme; les autres expliquaient le motif de leur offrande : tel donne à l'Hôtel-Dieu qui veut c sa conscience apaisier > ; tel autre, ignorant le nom de son créancier, adresse au maître de Tbôpital le montant de sa deue ^
Deux troncs, d'ailleurs, sollicitaient, tout le long de Tannée, les aumônes des personnes charitables.
Lie « grand tronc > était placé à rentrée de la maison, du côté du Parvis, au pied de deux statues du Christ et de la Vierge ; un cierge et une lampe, fondée en i383, brûlaient devant les reliques exposées à cet endroit ; aux mois de février et de juin, deux ou trois chanoines, délégués par leurs collègues, procédaient à Touverture de ce tronc. La levée du tronc de Tlnfirmerie, établi devant Tautel Saint- Louis, était confiée au maître.
Quant au tronc de Tliôtel-Dieu qu'on avait longtemps vu à Notre-Dame, derrière le chœur, il avait été supprimé en 1408.
I. A. P. 243Be, n" 12 10; 266", n» 1327. — Comptes, passim, — T. H, n** 641, 659. -^ Voir le tableau des budgets du maître.
En 1168, à l'instigation de leur évéque, Maurice de Saïij, les chanoines décidèrent qu^euz et leurs successeurs laisseraient, à leur mort ou à leur départ, sMl leur arrivait de se retirer, leur literie à l'Hdtel-Dieu ; celle<i devait au moins valoir 20 sous. En 1430, on parla d'abroger cette coutume; elle fut pourtant maintenue ; la somme à payer par les héritiers du chanoine défunt, s'ils préféraient garder le c lit îoumy t de leur parent, fut fixée à 100 sous.
En fait, THÔtel'Dieu bénéficiait-il régulièrement de cette ordonnance capitulaire î On trouve, dans les comptes, la mention du versement à rhdpital de la literie de maints chanoines, ou de la somme équivalente ; citons, entre autres noms, ceux de Pierre du Châtel (1394), Jean Durand (1416), Thomas d'Aunoy (1417)» Guillaume Cardonnel, Richard Bourgeois, Guillaume de Châlons (1418), Raoul Lejart (i43o), Jean Cassot (1445), Jacques des Pars, Jean Baubignon, Aubert de Rouvroy, dit de Saint-Simon (i438), Jean Chauvin (i5o6). D'autre part, on ne trouve certainement pas dans les comptes, ce qui devrait pourtant se produire, le nom de tous les chanoines décédés dans le courant de l'année à laquelle ces documents sont relatifs. Comment expliquer ce fait ? Était-il loisible de ne verser à l'Hôtel-Dieu ni literie, ni argent ? Ou bien le maître négligeait-il de faire valoir ses droits auprès des héritiers récalcitrants i Nous nous refusons à le croire : nous pensons que les héritiers des chanoines dont le nom ne paraît pas dans les comptes désintéressaient l'Hôtel-Dieu en prenant avec le maître des arrangements qui nous échappent. — Comptes, III, 90; IV, 86; V, 119, i3o; X, 58; XIV, 60; XXI, 411. — Arch. nat., LL 2i5, xio, i37, 196, 212, 2i3, 2x7; LL 216, 126. — T. Il, n** 236, 572, 573, 977, 1077, MOI, 1102, 1104, 1169, 1391. — Félibien et Lobineau, Histoire de la ville de Paris, I, 198. -** Mélanges historiques^ III, 274, coll. des Doc, inéd, — Doc. hospit,^ III, vi.
l36 PREMIÈRE PARTIE.
 certains jours de fête, les Parisiens venaient en foule yisiter PHôtel-Dieu, le Vendredi Saint notamment; on mettait alors à la porte du Petit- Pont une boîte en bois ferré, destinée à recueillir les « oblacions » des fidèles, qui avaient encore à leur disposition le coffret du tronc d^entrée et les troncs supplémentaires de la Salle-Neuve et de l'Adoration de la Croix ^
Le service du « tronc de l'image Notre-Dame » était confié à deux sœurs « tronchières » : elles devaient garder les reliques, fournir de monnaie les visiteurs dépourvus, leur donner reçu de leur offrande, entretenir le cierge et la lampe, et, le 24 juin, décorer les statues de couronnes d'argent et de chapeaux de roses, en l'honneur de saint Jean ^.
Si Ton ajoutait au produit des dons et des legs le revenu des troncs, on serait encore loin du chiffre auquel s^élevait la recette des indulgences, parfois si fructueuse qu^elle atteignait 2,000 à 3,000 livres, sans parler des tonneaux et des charretées de linge, qui revenaient à la prieuse'.
Tous les ans, pour la fête de la Chaire de Saint-Pierre (22 février) et pour le dimanche de la Passion, l'Hôtel-Dieu publiait
1. Décembre i3o3 : c Item, legavit ad opus et augmentacionem cerei ardentis coram ymagine Beate-Marie dicte Domus Dei, decem solidos. » (A. P. i32«, n* 765.) — c Pour cire neufve achettée de Jaquet d'Erpî, eapicier, pour faire cierges mis devant l'image Nostre-Dame estant ou tronc de cest hostel, et pour la façon, lvii s. > (Comptes, IX, 141.) — c Pour jaunir et nestoyer le lampier ouquel est la lampe devant Fymaige Nostre-Dame, et pour blanchir la chesne dud. lampier, viii s. — Pour desmembrer et rassambler led. lampier, un s. — Pour nettoyer le voirre dud. lampier et pour îcelluy remettre à point, un s. » (Comptes, V, Soi.) — « Pour rebumir les reliques dud. tronc, iiii s. > (Comptes, IV, 253.) — Comptes, III, 96, 97; IV, 93; V, i35, i36; VIII, 58, 59; IX, 62; X, 74; XI, 62; XII, 59; XIII, 68; XIV, 62, etc. — Arch. nat, H 3664, i3, i5. — T. II, n- i35, 238, 362, 428, 429. — Invent, -somm., I, n' 2197. — Doc. inéd,, Mil, histor., III, 539, 540.
2. c Pour demie livre de cire vert, achetée pour seeller les quittances du tronc, II s. » (Comptes, III, 249.) — Comptes, IV, 252; V, 3oo; VIII, 147; XI, 69; XIV, 171. — Arch. nat., H 3663, 201; H 3664, 34. — A. P. Fonds des Enfants-Rouges, pièce i,' p. 12. ~ Règlement du xvi* siècle, art. 140. — T. II, n» i3io.
3. «... pardons ne indulgences du Pape dont viennent les principaulx et plus clercs deniers dud. hostel... » (Bibl. nat., ms. fr. 4431, fol. 66.) — 1445 : 1,611 1.; — 1446 : 7,110 1.; — 1496 : 3,200 1.; — 1497 : 3,3oo 1.; —
1499 • ^}049 ^'9 "^ 1^02 • 2i7io 1*; ~~ i^o3 ' 2>3o7 ^* ~~ Voii' 1® tableau des budgets du maître.