‹ L'Hotel-Dieu de Paris au moyen âge. Histoire et documents: histoire et documentsChapitre 126 sur 236 · VI. — LBS BATIMENTS DE l'hÔTEL-DIBU. i · texte numérisé non relu

VI. — LBS BATIMENTS DE l'hÔTEL-DIBU. i

pital, aux « chambres-révêque », sorte de latrines publiques, établies sur le bord de la rivière, refuge des malfaiteurs et des c fillettes », qui, chassés de là, étirent bientôt domicile au Marché-Neuf ^

Un avantage important résultait pour l'hôpital de sa situation dans la Cité : s'élevant au cœur de Paris, il était également à la portée des gens de la Ville et de l'Université.

Au surplus, THôtel-Dieu était Pœuvre de l'Église, le firuit de sa sollicitude et de son dévouement aux malheureux ; c'était une dépendance de la cathédrale, comme le palais épiscopal et les maisons canoniales : pouvait-il dès lors ne pas s^élever aux portes mêmes de la basilique ?

Le temps enfin ne vient-il pas en quelque sorte apporter son témoignage en faveur du choix de cet emplacement sept fois séculaire ? Il 7 a quelques années, quand on eut décidé la reconstruction de rhôpital, on agita à nouveau la question de le transférer hors de la Cité ; des projets furent présentés^ comme autrefois sous Louis XVI : mais, comme si la cathédrale exerçait sur Phôpital nous ne savons quelle attraction qui le retienne dans son voisinage, les partisans du statu quo l'emportèrent, et lk>n réédifia r Hôtel-Dieu de l'autre côté du Parvis.

Les travaux exécutés à THôtel-Dieu de Paris depuis la seconde moitié du xiii* siècle jusqu'aux premières années du xvi* siècle consistèrent surtout en restaurations et en réédifications; durant cette longue période, l'hôpital ne reçut que des accroissements d^importance secondaire, intéressant plus l'église et les bâtiments conventuels que les locaux affectés aux malades'.

Au commencement du xiv« siècle, le chapitre de Notre-Dame résolut de reconstruire l'infirmerie des religieuses et leur réfectoire, en même temps que d'agrandir Téglise.

1. Les chambres-révéque et le passage qui y conduisait sont mentionnés dès le commencement du xiii* siècle. — A. P., iK, n* 17; iRr, n* 52; 3Xx^ Zï, A«a, Cec, Eee, n~ 61, 62, 64, 67; 1421, n» 85i; 142 *« Y, n* 856. — Arch. nat., H 3666| 637. — Bibl. nat., coll. Delamare, ms. fr. 21546, compte du receveur du domaine de la Ville, 1572. —Documents, n* 23. — CartuL H.'D., n» 83. — Félibien et Lobineau, Histoire de la ville de Paris, preuves, II, 625.

2. Rondonneau de la Motte commet une erreur en prétendant (p. 37) que f les bâtiments de PHôtel-Dieu commencèrent sous le règne de ce prince (Charles V) à se multiplier entre la rivière et la rue du Sablon. i

l66 PRSMIÈRB PARTIS.

La générosité de Pierre des Essarts, bourgeois de Paris, qui mit à la disposition des chanoines une somme de 200 livres parisis, s'engageant à Taugmenter de moitié, s'il était nécessaire, permit de réaliser, dès 1 325, la première partie de ce programme de travaux * .

Un demi-siècle devait s'écouler avant qu'on pût entreprendre « Teslargissement » de l'église, en jetant bas la maison qui lui était contiguë et à laquelle son mode de couverture avait valu le surnom de maison du Plomb. Le maître de THôtel-Dieu s^tait pourtant rendu acquéreur de cet immeuble dès 1324; il Pavait acheté aux héritiers du dernier propriétaire, un tavemier, Guymar le Breton. La dernière mention que l'on rencontre relative à cette maison étant consignée dans un acte du mois d^août i383, c'est vraisemblablement dans le courant de l'année suivante que fut commencée la restauration de Téglise et la construction, sur l'emplacement de la maison du Plomb, d^une nouvelle chapelle, dédiée à saint Jean l'Évangéliste, celle-là même que le plan de 1 674 dénomme « chapelle du Saint-Esprit. » Les travaux furent terminés pour l'hiver de 1394; à cette date, on voit le maître de Phôpital, le chapitre de Notre-Dame et le souverain pontife prendre respectivement les mesures nécessaires pour la consécration du nouveau sanctuaire, cérémonie qui eut lieu dans les premiers mois de Tannée suivante^.

C'est à un riche bourgeois de Paris, le changeur Oudart de Maucreux, que revient Phonneur d'avoir permis aux chanoines de réaliser un projet qu^ils caressaient depuis soixante ans; on voyait encore au xvii* siècle, dans l'église de l'hôpital, à gauche,

1. 25 juin i325 : c Charta capituli Pariaîensis qua, quum sorofes Domus Dei, propter stabulum porcorum suo infirmatorio et refectorio contiguum, multa paterentur incommoda, jubetur^ proponente Petro de Essartis, cive Parisiens!, ut porci non in Domo Dei, sed in aliqua suburbana villa nutriantur, novumque sororibus infirmatorium construatur et refectorium, cujus constructionis gratia ducentas libras parisiensium, et, si non sufficiant, trecentas, dictus Petrus, donationis titulo, se soluturum promittit. ) (Guérard, Cartul. cité, III, 446.)

2. Juillet i336 : a ... nous (le Roi) enclinanz à la supplicacion desd. frères pour Teslargissement de leurd. église et lieu qui sont moult escroitz... s (Ârch. nat., JJ 69, n* 363, fol. i63.) — c ... duo altaria et unuih cimiterium incapella Domus Dei Parisiensis... noviter constructa... 1 (23 décembre 1394.) ^ c ... capellam principalem in Dbmo Dei Parlsiensi... noviter constnictam... I (8 février i3g5, — A. P., 866*. 0, nV 4i3i, 4i35.) — A. P., liasse 9.

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