‹ L'Hotel-Dieu de Paris au moyen âge. Histoire et documents: histoire et documentsChapitre 141 sur 236 · VII. — LA BÉFOBMB DB l'hÔTBL-DIBU. igt · texte numérisé non relu

VII. — LA BÉFOBMB DB l'hÔTBL-DIBU. igt

trèfles du lambris pour quatre sous six deniers tournoie par trèfle.

La couverture coûta trente-sept sous six deniers tournois la toise.

Jean Châtelain se chargea de i faire et parfaire toutes les verrières qu'il conviendra, le tout à verre blanc, en gros plomb, de la sorte de Teschantillon, au pris de 4 s. t. chascun pied, moiennant lequel pris il sera tenu faire tous les escripteaulx qui luy seront baillez pour mettre ésd. voirrieres; et s^il advient qu'on face en grans voirrieres quelzques enrechissemens, oultre led. verre blanc, en sera faict nouveau marché; et qUant aux lucarnes, les deux toises ne seront comptées que pour une. »

Le 20 novembre, on commandait à Bellemare et à Patin de peindre, « selon le pourtraict qu^ilz ont baillé » , un certain nombre d^écus; aux armes du Roi et du Légat, pour mettre aux tirants, au droit des poinçons; chaque écu leur était payé cent sous tournois.

Le 28 août précédent, le tapissier Simon du Ru avait demandé vingt-cinq livres tournois pour doubler de toile les cent couvertures : on lui donnait la toile, mais il devait fournir « le ruban blanc à Fentour des couvertures, et les coudre par bandes d'un pied en carré en tous sens. »

Au début de l'année i535, tout était flni; Tagrandissement de THôtel-Dieu, projeté depuis plus de trente ans, était enfin réalisé * .

La réforme de F Hôtel-Dieu de Paris au xvi« siècle ne porta pas seulement sur l'administration du temporel de l'hôpital et sur le mode d'hospitalisation des malades, mais bien aussi sur Porganisation du personnel religieux.

Antérieurement à Tannée i5o5, le chapitre de Notre-Dame, estimant avec raison que le personnel hospitalier n^était plus capable d'assurer seul le fonctionnement régulier des services, avait introduit à THôtel-Dieu trente-cinq sœurs grises, qui, par leur conduite contrastant avec celle des religieuses anciennes, devaient ramener celles-ci dans la voie du bien. Cet espoir devait

I. Registres des délibérations du Bureau de VHôtel-Dieu^ I, 45, 5o, 5a. — T. n, n* 1073. — Doc, hospiU, I, 2, 3. — Journal d'un bourgeois de Paris sous le règne de François /*, 429. — Les antiquité^, croniques et singularité^ de Paris, par Gilles Corrozet, Parisien, et depuis augmentées par N[icolas| Blonfonsj, Parisien, I, 167. — Delamare, Traité de la police, I, 618. «* Nous n'avons pas à parler ici des difficultés que les gouverneurs rencontrèrent, pour le paiement des travaux, auprès du fils d'Antoine Duprat. (A. P. 6t, n* 76; Doc, hatpit,, III, xi.)

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être déçu. Dés leur arrivée, les sœurs grises furent l'objet des plus grossiers outrages et des plus mauvais traitements ; vingt d'entre elles tombèrent malades, deux moururent; le 10 mars i5o5, trois autres avaient reçu l'extréme-onction ; celles qui étaient restées indemnes^ demandaient instamment à rejoindre leur monastère*. Découragés, les chanoines déclarèrent abandonner à la sollicitude du Parlement la réforme de FHôtel-Dieu ; mais le gouvernement n'avait nulle envie de se charger seul d'une tâche aussi lourde; il le fit vite savoir aux intéressés.

Peu de temps après, à la suite d'une entrevue entre les chanoines de Notre-Dame, d'une part, le confesseur du Roi et les prieurs des Chartreux, des Célestins et des Prêcheurs, ceux-ci délégués du légat d'Amboise, d'autre part, on fit à nouveau venir à l'Hô* tel-Dieu quelques sœurs grises; en même temps, on transférait dans d'autres maisons onze des religieuses anciennes : cette nouvelle expérience n'ayant pas mieux réussi, les proviseurs donnèrent leur démission et le chapitre émit une fois de plus le vœu de voir confier à d'autres une mission qu'il était incapable de mener à bonne fin. Le Parlement répondit par des mesures énergiques, et même vexatoires : le 19 juillet i5o5, il faisait conduire à la 0>nciergerie le chanoine Émery, qui avait accusé la Cour de commettre une usurpation; le 3 août, il ordonnait aux chanoines de poursuivre leurs collègues Gaignon et Émery, sous peine d'être dépouillés de tout droit sur THôtel-Dieu; le 8 suivant, il leur enjoignait de remplacer le maître; dix jours plus tard, ayant appris qu'on avait protesté à Notre-Dame contre certains de leurs arrêts, les conseillers mandèrent le chapitre métropolitain, le 22 août, à sept heures du matiri, « pour avouer ou desavouer » ; la menace d'une amende de douze cents livres parisis réprima toute velléité de résistance ^.

Malheureusement, les menaces, les incarcérations, les excommunications demeuraient vaines et ne changeaient en rien la situation; on rencontrait toujours la même insubordination, on constatait les mêmes désordres ; les sœurs continuaient à entretenir des relations coupables avec les frères, avec les domestiques et

I. Mémoires du Parlement, IV, fol. 62, à la bibl. deTArsenal, ma. n" 2893. — T. II, li** 1607, 1608. •

a. Comptes, XXI, 409, 85a. — Arch. oat., Parlement, Conseil, Xi» i5io, fol. 114, 121 v% 159 V*. — T. II, «•• 1609, i6ia, i6i3, i6i8-i6ai, lôaS, 1624, i634-i636, 1639, 1640. — Doc. Aot/7tY., III, 126, 127.

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