‹ L'Hotel-Dieu de Paris au moyen âge. Histoire et documents: histoire et documentsChapitre 142 sur 236 · VII. — LA RÉFORME DB L^HÔTBL-DIEU. I · texte numérisé non relu

VII. — LA RÉFORME DB L^HÔTBL-DIEU. I

même avec les charretiers du Pressoir ; elles étaient constamment au four, à la cuisiné ou à la rivière, mangeant et buvant avec les premiers venus et laissant tout à faire aux malheureuses sœurs grises, qu^on dut bientôt reconduire en Flandre. Il n'est pas jusqu'à la fête des Rois qu^on ne dut interdire ^

De i5i5 à 1 520, il n'est plus guère question de la réforme; le ÙLit s'explique aisément : le chapitre était alors absorbé par la préparation des comptes en retard^ que les gouverneurs s'obsti*naient à lui réclamer ; en outre, on espérait quelque peu obtenir avec le temps seul le résultat que Ton poursuivait en vain depuis trente ans.

En foit, la situation ne s^améliora pas, et THôtel-Dieu n'était plus à cette époque digne de l'estime dont on Phonorait encore en province. Pour être bien soignés, les malades devaient être chaudément recommandés; l'opinion publique reprochait au maître de n^être pas assez sévère; aux frères, d'être toujours dehors et de boire à l'excès; aux sœurs, de se faire aider par des marauds qui les suivaient jusque dans les parties les plus retirées de la maison ; une troupe de gens d^armes passait-elle dans la rue, les religieuses quittaient leur service et se précipitaient aux portes; allaient-elles garder un malade en ville, elles ne remettaient pas, en rentrant, la totalité de l'argent qu'on leur avait donné'.

D'ailleurs, les religieuses ne laissaient pas ces accusations sans réplique : si les recettes de la Chambre aux coûtes avaient sensiblement diminué, la cause en tenait, d'après elles, à ce qu^on ne trouvait plus parmi les malades de gens un peu aisés, comme cela se voyait souvent jadis; et^ à leur tour, elles accusaient les proviseurs laïques : les portions étaient insuffisantes; les salles n^étantplus chauffées, les malades gelaient dans leur lit; autrefois on donnait aux « griefz malades » de la volaille, çlu petit poisson frit; ils n'avaient plus maintenant que l'ordinaire, du bœuf ou du mouton ; au demeurant, les gouverneurs, notamment le pré-

1. Comptes, XXIII, 1172, iBiy-iSig, 1324. — Documents, n* 19. — T. II, n** 1621, 1622, 1625, 1626, 1629, 1646, 1647, i65i, i656, 1677, 1688, 171 1, 1762, 1765, 1920, 20i3. — Doc. hospit,, III, 141.

2. G>mpte8, XVI, 102; XVUI, 25o, 25i; XXI, 4x1. — Arch. nat., H 3666, 461. ParlemeQt, Conseil, Xi& i539, fol. 280. — A. P. 866q, n* 4137, règlement du xvx* siècle, art. 128. — Invtnt.-somm,, I, n* 3966. — Documenu, n** 25, 39. — T. II, n»« 533, 1758, 1999, 20i3, 2059, 2067.

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skient Briçonaet, n^avaient d'autre but que de causer les plus graves préjudices à PHôtel-Dieu et au chapitre de Notre-Dame^ Ainsi, vers i526, le personnel de Thôpital, animé jusqu'alors des plus mauvais sentiments à l'égard du chapitre, opère un curieux mouvement de conversion, et, se réclamant de son autorité, vient implorer sa protection. Cette démarche ne fut pas repoussée, et, en i534, quand les gouverneurs laïcisèrent les trois services de la cave^ de la cuisine et de la paneterie, le chapitre protesta-, le Parlement conseilla Tentente, le Premier président intervint pour conjurer procès et démissions ^ finalement un accord fut conclu : les mesures qu'ils avaient prises étant maintenues, les gouverneurs consentirent à déclarer la laïcisation seulement provisoire, les services devant être confiés à des religieux dès qu^il s'en trouverait qui fussent capables de les diriger'. Cette

I. Documents, n*» 25, 26. — T. Il, n" rg66, 1979, 2001, 2007, aoi3, 2020, 2022y 2o5o^ 2o58, 2o59, 2664, 2080, 2084.

'2. A. P. 8691, n* 4174. — Documents, n* 27. — T. II, n*' 2090, 2093- 2096, 2098, 2099, 2102-2104, 2io6> 2109, 2x10.

« A nosseigneurs de Parlement. -^ Supplient humblement les commis au gouvernement du temporel de lliostel-Dieu de Paris, comme pour pourreotr à la penneterie dud. Hostel-Dîeu, qui par cy devant a esté èonduitte par frère Jehan Petit, à présent commis à la maistrise du spirituel d'icelluy, et depuis par frère Julian Lucas, religieux pareillement dud. Hostel-Dieu, qui le plus souvent est occupé au service qui se fait continuellement en icelluy Hostel-Dieu, et congnoissant qu*il n'y povoit vacquer, a requi par plusieurs foys ftusd. supplians estre deschargé dud. estât de pennetier, ayent iceulx suppUans, lundy dernier, commis et estably. à l'exercice d'icelluy estât de pennetter m* Pierre Mabillote, homme honneste et expert à conduire une telle charge, et en la présence dud. frère Jehan Petit luy auroient dés lors baillé les clefz tant des greniers où estoient les blez de la maison que pareillement celles du four et du paii^ d'icelle, ce neantmoins, icelluy frère Jehan Petit, commis dessuad., de son autorité privée, est venu le jour de Noatre- Dame de mars dernier passé, qui sont deux jours après, oster réaniment et de fait lesd. clefz du fbur et pain dHcelle maison aud. m* Pierre, en lay deffendant qu'il n*eust à aucunement se mesler ne immiscer en lad. charge, disant qu'il n'est loysible à aucun mettre ou instituer serviteurs et officiers aud. Hostel-Dieu que à luy, qui est totallement contrevenu aux arrestz de lad. Court sur ce donnez ; et ne pevent pensser et ymaginer iceulx supplians qui meult icelluy Jehan Petit sinon que soubz Tauctorité de messeigneurs de chappitre de Teglise de Paris il le face, ou qu*il ayt crainte qu*on congnoisse les abbuz qui ont esté commiz de son temps oud. estât de pennetier et autres malversactons qui journellement il commect, ainsi que iceulx supplians feront apparoir; — ces choses considérées, et que par vostre arrest cy ataché avez ordonné que s'il subvenoit aucun débat ou question sur le temporel

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