II. — ORI0IHS DE L^HÔTEL-DIEU
qu'il prit rendit bientôt insuffisante cette installation; un bâtiment distinct, auquel fut annexé un modeste oratoire, devint nécessaire^ ; p6ur assurer la surveillance de l'évéque comme pour £sciliter aux diacres Paccomplissement de leur mission, c'est aux abords de la catbédilale qu^il fut élevé.
Tel était au viii* siècle Tétat du service d^assistance établi, dans chaque civit€is\ dès l'origine du siège épiscopal; les canons du concile tenu, en 8i6, à Aix-la-Chapelle en font foi. Dans cette réunion, on ne s'occupa de rien moins que d'une réforme des asiles épiscopaux; ces établissements étaient déjà assez anciens pour que des abus graves fussent signalés dans leur administra* tion« Il fut enjoint aux évéques d'assurer une dotation à leur ho6«pice et on leur en indiqua les moyens; c'était aux chanoines que la gestion de l'établissement devait être confiée désormais; ceux-ci avaient le devoir d'aller, sinon toute l'année, du moins à Fépoque du carême, laver les pieds de tous les pauvres qui se trouvaient à l'asile; aussi était-ce dans le voisinage immédiat de la cathédrale que devait être installé le service hospitalier^.
N'eût-on aucun texte précis, aucun document parisien^ on ne saurait pourtanrse refuser à croire qu^il existât un service d'assistance à Paris, sous le règne de Charlemagne, comme ii en existait dans toutes les autres villes épiscopales; le caractère général qu'affectaient les décisions des conciles ne laisserait guère de place au doute. Du reste, le fait est attesté par une pièce de treize années seulement postérieure au concile d^Aix-la^hapelle. En 829, révêque de Paris, Inchade, constitue la mense de son chapitre, auquel il abandonne quelques-uns de ses domaines des environs de la ville; avec la dîme des revenus de ces v///a, il dote l'établissement hospitalier : « illud hospitale pauperum quod est apud memoriam Beati Christophori, ubi patres, tempore statuto, pedes pauperum lavandi gratia, confluant. » Il s^agit certainement ici de l'asile épiscopal, qui s^élevait proche Téglise Saint-Christophe, c'est-à-dire aux portes de la cathédrale. La cérémonie du mandé est indiquée dans la charte de 829 comme dans les canons de 8 1 6 ; révêque s^est manifestement inspiré des prescriptions du concile d'Aix-la-Chapelle.
x« Du Gange, Glossaire, Art. Diaconia. — Guîgue, Les voies antiques du Lyonnais déterminées par les hôpitaux du moyen âge, Lyon, 1877,