‹ L'Hotel-Dieu de Paris au moyen âge. Histoire et documents: histoire et documentsChapitre 226 sur 236 · novembre · texte numérisé non relu

novembre

Enquête but le c tumulte 1 du 6 novembre. — Extrait.

Arch. nat., L 536^, original, 48 feuillets papier.

Information faitte sur le tumulte advenu à TOstei-Dieu de Paris le mardi siziesme jour de novembre l'an mil cinq cens trente sept, sur les articles interrogations sur ce faittes par nous frère Jehan Bordier, humble abbé de l'abbaye mons' Sainct-Victor, et frère Jehan Gardequin, prieur de Sainct-Ladre lez Paris, vicaires de mess» les doyen, chanoines et chappitre de l'église Nostre-Dame de Paris, par ordonnance de la court supresme de Parlement et de nostre chappitre gênerai, ayant sur ce la délégation dud. chappitre de Paris pour la visitacion dud. Hostel-Dieu.

Seur Jehanne de Costes, prieuse, aagée de zzxvii ans ou environ, sur le premier article a depposé que le maistre est homme de bien et £Biict bien son debvoir, et pareillement les religieulx de la reformacion ; dict oultre que le tumulte est venu à cause de Tynobedience et rébellion d'un religieux du précédant la reformacion, nommé frère Pierre Bernard, prestre, lequel ne vouUoet obeyr au commendement du maistre, et par la pertinaxcité des religieuses et filles blanches cy après nommées, soy efforsans porter et feivoriser led. Bernard contre l'obédience dud. maistre.

Sur le second article dict que elle descendoit du dortouer le mardi au soir, environ six heures : elle veyt une grande assemblée de religietises, filles blanches et aultres crians à haulte voix, tumultueuse et espovantable, usans de telles paroUes en effect ou semblables : « Aux meurtriers ! aux bourreaux ! aux larrons ! aux meschans moynes ! 1, en parlant aux religieux de la reformacion et aux officiers de justice, illec presens, menans ung des religieux précèdent lad. reformacion en prison, nommé frère Pierre Bernard; et entre lesd. religieuses y estoit seur Agnès l'Ancellette, seur Marie Gilles et seur Perpete de Baugy, et du costé dés filles blanches y estoit présente Barbe Perdrys, Magdelene la Moynesse, Catherine Chambaulde, Marie la Cocque et Katherine Patance, lesquelles religieuses et filles blanches estoient les plus véhémentes et tumultueuses aux clameurs predittes ; et lad. Chambaulde dessendit en la court basse et y £iisoît grande clameur et insolence, et luy veyt tirer le serviteur du maistre par le bras, prés l'huys de la prison, ne sçait à quelle fin, et veyt une aultre religieuse, nommée seur Françoise Cullotte, au milieu de la maison, parmy les mallades, faisant grandes clameurs et tumultes injurieuses après lad. depposante, officiers de justice et autres ; et ung peu devant, durant que on servoet les pouvres à soupper, icelle

378 DEDXlklCE PAKTIB.

Prançoyse, en criant après lad. depposant, diest telz motz ou semblables : t Grosse efifondrée, gros museau, gros bec, qui menga la pesche à Corbeil », et illec estoit la soubs-prieuse présente ; et le soir mesmes, entre dix et unze heures, après toutes les religieuses et filles blanches retirées en leurs selles, lad. Françoyse sortyt parmy le dortouer et, oyt icelle prieuse, lad. Françoyse cryoet à haulte voix : t Aux larrons ! aux larrons ! mes amyes, voylà ung grant homme, vestu de noyr, d'amy ce dortouer ! il s'enfuyt I »

Sur le troisiesme article dict icelle depposante que le landemain au matin, comme elle venoet de faire son tour entre les maUades durant matines, elle rencontra lad. Françoyse Cullotte, laquelle luy donna du coulde contre le bras et contre la poittrine, en luy disant : fl Laisse-moy passer, grosse efifondrée, gros bec, gros museau, layde, orde, tu est tant layde! », en sorte que lad. prieuse en avoit toute matinée le bras tout endormy; et led. jour, qui estoet mercredi, lad. Cullotte, après dejusner, en la présence de lad. prieuse, d'amy la Salle-Neufye, devant les mallades, feist grande clameur à haulte yoix, disant au cuisinier : c Cuysinier, me donneras tu point de grant mercy? je n'ay point eu de grant mercy pour le jourd'huy, et si n'eus point hier au soyr de pitance, Jehanne de Coste la mengat; que estrangler en puisse elle ? »

Seur Jehanne Foumiere, sur le quatriesme article a dict que mardi derrenier, environ six heures du soir, elle estant en son ofifice de poullerie seuUe pour lors, elle oyt ung grant bruyt parmy les mallades et aussi du costé de la ryviere, et par especial oyt la voix d'une fille blanche, nommée Margueritte la Moynesse, estant lors en la petite lavenderye, cryant à haulte voix, et estime qu'elle cryoet : c A l'ayde ! au secours 1 », dont les gens de l'autre costé de la ryviere dirent : c Que dyable esse qu'il vous Êiult ? yrange la (sic) », ainsi qu'elle oyt, et alors oyt lascher ung coup de harequebute, ne sçayt le lieu dont ce procedda.....

Sur le sixiesme article a dict qu'elle a oy dire à une fille blanche, nommée Catherine Patine, cryant aux gens de dehors : « Rompez les portes! », affin de exciter les gens de la ville à venir à l'ayde. Plus dict avoir bien oy entre les aultres aucunes d'icelles qui ne fsdlloet que cinq ou six religieuses ayant espées pour faire fouyr une douzaine de telz officiers

Et dict oultre que le landemain mercredi, après disner, elle estant à la rivière avec lad. la Chambaulde, Marguerite l'Anglesche, CoUette Duseur et la tante de lad. Chambaulde et une femme séculière, dist à lad. depposante les parolles qui s'ensuivent, assavoir : c Ma tante, il y a long temps que m'avez mise seans, mais il ûiuldra que me remeniez en despit des viliains meschans moynes »; et alors lad. depposant luy dist : « Catherine, déportez vous de dire telles parolles !

DocxmDm. 379

vous n'ayez pas veu en enlx ce que voas en dittes i ; à qnoy lad*. Chambaulde respondit : < J'en ay plus veu que je n'en dis ; va, villaine, toy^mesmes ! méchante! vàlaine! traîtresse! •

Seur Margueritte la Nyelle dit qu'elle oyt, à l'heure du tumulte, sonner les cloches, assavoir la cloche de l'autel d'Orléans, la cloche du Sainct et la cloche de la Salle-Neufve et la cloche de la chappelle Sainct'Denis ; qui les sonnoet ou faisoet sonner, elle ne sçaet

Daniel Godin, serviteur dud. hostel, a la charge de la porte de Pervis ; deppose avoir veu et oy led. jour de mardi, à six heures du soir ou environ, dedans la chappelle Sainct*Thomas, aux fenestres respondans sur le Pervys, seur Agnès l'Âncellette et seur Ysabeau Perron, en la présence de seur Perpette de Baulgy, cryer à haulte voix : c A Tayde I mysericorde ! >, laquelle clameur fut oye par aucuns séculiers, lesquels vindrent à lad. clameur frapper aux portes de tous costez à grand vyolence, disant : c Ouvrez les portes 1 • et heurtant fort et ferme.

Sur le III* dict avoir veu Catherine Chambaulde soy efforcer de frapper au visaige de frère Jehan Bernard, convers, résidant aud. Hostel, en Tappellant c traistre, meschant, boute-cul •, avec plusieurs autres injures et grosses paroUes

Nicolas Berthelot, clerc, aagé de xx ans ou environ, atendant Tabbit de religion

Dit avoir oy, led. jour dud. tumulte, environ huit heures du soir, un séculier, nommé Jaques Nynard, disant aud. frère Jehan Clément, estant aux fenestres de sa chambre enframé, regardant en la rue sur le Pervis, qu'il feroet venir le guet pour les deffendre, si on leur vouUoet ÙLÏte quelque moUeste ; et luy dist led. Clément s'il feroet venir led. guet pour retirer frère Pierre Bernard, qui estoit em prison ? à quoy respondit led. Nynard que non et qu'il feUoet avoir recours à mess'* de chappitre. Dit oultre avoir lors oy led. Clément à lad. fenestre sur led. Pervys disant, à l'heure dessusd., les parolles qui s'ensuivent : « Fault-il que nous souffrons tant pour telz moynes, telz ypocrittes, et que soubz umbre de leur ypocrisie nous ayons tant de mal ! » Dit oultre avoir oy une religieuse, nommée seur Agnès l'Ancellette, la nuyt de mercredi, environ deux heures après mynuyt, elle estant à la fenestre de la chappelle Sainct-Thomas respondant sur le Pervis, disant aud. frère Jehan Clément, estant en sa chambre, les parolles qui s'ensuivent : « Gardez-vous de sortir de voustre chambre, car il y a des gens à l'entour de vous qui vous trahissent • ; et à ceste cause led. Clément ne fut point à matines ; et oultre dict led. depposant que led. Clément luy a dict qu'il voulloet dire au maistre et au soubz-prieur qu'ilz se donnassent garde de se trouver au soyr parmy la ville et qu'il y auroet des gens qui les menassoient de leur faire déplaisir. ....

380 DBUXlèMB PARTIE.

Maistre Nioolle Françoys, prestre, maistre des enffans de cueur, dict et deppose qu'il sçayt et congnoist led. tumulte estre advenu par Finobedience d'ung religieulx nommé frère Pierre Bernard et de ses compaignons, nommez frère Jehan Clément et Claude Stine, et par leurs rebellions et oontumassez, perseverans en leurs pertinascitez.

Et oultre dict led. depposant led. Bernard, led. jour après disner, dire plusieurs injures au maistre et à ses compaignons de la reformacion, les appelians « ypocrittes >, avec plusieurs aultres opprobres, et, entre aultres, oyt qui leur disoet qu'ilz n'estient pas venuz pour refformer, mais pour soy defformer et avoir du bon temps, et qu'il n'estoet subject aud. maistre ne à sa correction, et que icelluy maistre estoet estranger et vacabont, et luy, qu'il estoet nourry de la maison. Et veyt icelluy depposant, icelluy jour, que led. Bernard estoet allé en la ville sans congé, et mesmes aultres jours precedens, contre les veuz d'obédience. A veu et sçayt led. depposant que les dessusd. Bernard, Clément et Stine ont refifusé par trois foys pertinacement les chappes et aultres habitz de la reformacion, selon les statuz d'icelle, qui les estient présentez par le maistre, et fut le derrenier refiuz led. jour de mardi

Sur le V* article dict que led. jour et heure dud. tumulte, il qui parle, acompaigné de messire Ânthoine du Four, chappellain, prés la cloche appellée la cloche de Tostel d'Orléans, veyt aud. lieu une fille seculliere, nommée Claude, résidant aud. Hostel, sonnant lad. cloche, et ainsi que led. depposant avec sond. compaignon vouUoet aprocher d'icelle pour savoir qui elle estoet, se présenta une religieuse, nommée seur Perpete, et se mist au devant, frappant de sa main sur le bras dud. messire Anthoine du Four et luy feist tomber sa chandelle, qui par ce moyen fut exstaintte ; et veyt oultre icelluy deppo« sant grant nombre de navrez, de l'office Sainct-Denis, prés de lad. cloche d'Orléans, assemblez tous en ung troppeau, comme prestz à se mettre en bataille. Interrogé comme il pouvoit veoir lesd. personnes, veu que lesd. chandelles estoient estainttes, dict que c'estoit à cause de la lampe ardant au costé de l'autel dud. Orléans, et oyt lad. Perpette et aultres religieuses et filles blanches disans ces motz : « Que viennent faire icy ces traistres? •

Sur le dixiesme article deppose que led. Clément se partit de nuyt de la mayson, mais ne sçayt par quel lieu ne a quelle heure, sinon qu'il oyt bien led. Clément, environ deux heures après mynuyt, parlant à des gens de dehors par sa chambre, et gens estant en la salle Sainct-Thomas qui parloient â luy, et ne sçayt quelles parolles, parce qu'il estoit loing

Marguerite Vinaige, fille blanche, trouva la Chambaulde amy les allées, et luy vînt mettre les mains sur le visaige, luy disant ses parolles : c Qui me tient que je ne farache la face de ton visaige, tu

DOCtTXBNTS. 38 1

ne vaulx riens, tu est une meschante villainne refformaterresse ! • et incontinent après seurvint seur Perpette, qui la print par le bras, en lui disant : c Grande yillaine et meschante que tu es ! tu n'est pas digne de demourer sceans! » et incontinent en disant ces parolles, luy donna ung grant coup de poing sur le yisaige ; dit oultre que seur Marie Gilles seur[y]int incontinent après, qui luy dist : c Va, yillaine, meschante, carrongne 1 tu sortiras hors de céans ! »

Collette Duseur, fille blanche, trouya une religieuse, nommée seur Françoyse, laquelle luy dist : < Te yoyssy, bonne beste ! que yeus-tu faire icy ? tu es de la querelle des moynes, petite afifetèe ? je youldroys que tu les eusses chargés sur tes espauUes ! que la belle mort te puisse estrangler et eulx ayec 1 i, et getta après elle depposante une miche pour la tuer, si elle ne se feust recuUée, disant : « Je prouyes à Dieu, je ne sçay qui me tient que je ne te rue ceste miche

à la teste! » Lad. Chambaulde disoit telles parolles : < Les reli-

gieulx disent qu'ilz ne sont pas meschans, mais ilz le monstrent bien ; ilz me ont youllu faire prandre par troys sergens, et en despit des misérables moynes, je demoureré céans »

Agnès l'Âncelete dict qu'il n'y a paix , et la cause , comme il luy semble, que sont les ungs qui yeuUent une chose et les aultres yeullent l'autre, et que ce seroit bien ûiict qui les pourroit accorder ensemble, en leur disant honestement ce qu'ilz doibyent faire ; car ceulx de la reformacion les yeullent contraindre à prendre les habitz ordonnez par ceulx qui ont laictz les statuz, et les aultres religieux précédons la refojrmacion disent qu'ilz gardent bien lad. reformacion, pour ce qu'ilz ont faict leurs couronnes et cousu leurs robbes par deyant et prins des chausses blanches

Seur Ysabeau Perron sur le septiesme a dict que en passant parmy la maison, en yenant des galleries, ouyt ung mallade disant : c Madame, adyouez nous de rompre l'huys des prisons et nous yous renderons yostre frère qui est prisonnier en ceste maison », et elle depposant luy dist : < Non, amy, nous ayons assez d'esmeutte »

Seur Marye Gilles dict que yoyant aucuns chappellains ryant, leur deist qu'ilz estoient bien traistres de se resjouyr du mal

Frère Nicole Beauquesne, religieux de Saint- Victor, enyoyè pour la reformacion, sur le xi« dict qu'il ne treuye matière de dire que les pouyres ayent occasion de se plaindre, sinon par la négligence et malle intendance des cheyetaînes, et que le maistre leur commande de yenir chascune seur par deyers luy, au banc de la salle, pour declairer ce qui est de necessittè aux mallades, oultre la pitance ordinaire, afi&n de y pounreoir, ce qu'elles ne font

Frère Pierre Bernard, prestre, aagè de xxy à xxyi ans, après luy ayoir dict que on ne youUoit deroguer à Tauttorittè de mess" de chappitre et que de présent ne ce faisoit rien sinon par leur autto-

382 DKU X iftm t FARTIE.

ritté et par Taiittoritté de la Court et en ensuivant Tauttoritté donné au chappitre gênerai de Tordre par lesd. seigneurs de chappitre, sur les premier et second articles interrogé, respond que le mardi vi* jour de noTembre, environ sur les deux heures après mydi, demanda au maistre congé d'aller par devers mess'* Marlin et Bertoul, ordonnez pour le faict et reformacion de TOstel-Dieu ; lequel maistre leur deffendit de aller hors de la maison, sur peine d'en estre pugnis ; lequel Bernard et ses oompaignons luy respondirent que, après avoir eu son reffus, que iiz yroient, et qu'il savoit que messieurs luy avoient dict en leur présence que se ilz demandoient congé de aller vers lesd. seigneurs, qu'il ne eust â leur denyer congé. Ce faict, oy le reffuz, sor* tirent led. Bernard et ses compaignons, c'est assavoir led. Claude Stine et frère Jehan Clément, et se retirèrent vers lesd. seigneurs Marlin et Bertoul, et leur dirent, à chascun en son endroit, que on leur avoit reffusé le congé de venir vers eulx, et disant ausd. seigneurs, à chascun en son endroit, pource que lesd. seigneurs estoient chascun en sa maison, que ilz eussent à pourveoir sur la deliberacion de messieurs de chappitre touchant les habitz; à quoy leur respondirent lesd. seigneurs que ilz n'avoient que faire de prendre la peine de venir vers eulx pour ce et qu'ilz estoient assez advertiz de ce et qu'ilz y pourverroient. Ce fait, retournèrent led. Bernard et ses compaignons en la maison, environ sur les quatre ou cinq heures de soir ; et eulx de retour, estoit quasi l'heure de soupper, et led. Bernard fut au soupper avec les religieulx au couvent, et frère Claude Stine faisoict l'office de lyseur, et frère Jehan Clément se retira en sa chambre au dortouer; et après soupper, allant à grâces, le maistre des enfBsms ferma l'huys sur les edegrez venant du refectouer, pour passer par le chappitre, selon la coustume, tira Thuys après luy et led. Bernard demoura avec le maistre, soubzprieur et ung aultre religieulx de la reformacion, avecques quelzques enffans qui portoient des chandelles ; soy voyant ainsi encloz, se doubta de quelque entreprinse, et furent appeliez huit sergens, lesquelz, par le commendement du maistre, le aprehenderent et menèrent en prison; et en le menant, icelluy Bernard leur demanda leur commission, et respondirent que ilz la Luy monsteroient mesques il fut em prison; et icelluy, ainsi mené et aprehandé, crya à haulte voix « A l'ayde ! au meurdre ! » et en le menant, led. Bernard tumba par terre et le traingnerent par terre jusques à lad. prison, et en ce faisant, lesd. sergens luy prindrent une bourse qu'il avoit en ses chausses, en laquelle y avoet ung escu au soleil, deux testons et cinq solz, avec une missive que ung de ses parens luy

avoit envoyée

Dict qu'il sortit de la prison par une fenestre, ea demoUssaot les barreaulx de fer de la muraille, et par ce moyen trouva la maxiiere de sortir. Internogé comme tl peult desmoUr lêad. faarreaulx, re^pood

Mcumim* 383

qu'il trouTA une pietse de boys aus^ prisons dont il s'ayda à faire lad. demolidoa ; oultre dit qu'il essaya en ung aultre lieu, prés de rhuys qui respond sur Touvrouer de la cousture des religieuses, où il y avoit quelque apparence et moyen de passer. Interrogé où il alla de la prison, respond qu'il s'en alla parmy la grant salle des mallades et par la grand porte du Penrys s'en alla en l'église Nostre-Dame de Paris parler à mons* Mariin, pour luy faire remonstrance que on n'ayoit tenu conte de son commendement de le mettre hors de prison et de leurs rendre leurs chappes

17 décembre i537.

Arrêt du Parlement ordonnant aux réformateurs de THÔtel-Dieu de veiller à l'obserration du règlement; de punir les religieux rentrés sans permission ; d'envoyer les récalcitrants dans d'autres établissements ; de réprimer c les familiers colloques » ; de faire une enquête sur la conduite du religieux superintendant, sur les désordres qui ont été signalés ; de trancher la question de l'habit des religieux; de ne laisser sortir personne sans permission ; de ne point renvoyer les malades avant leur complète guérison. — Extrait.

Arch. nat., Parlement, Matinées, XU 4905, fol. 154 v.

Ce jour sont venuz en la G>urt maistres Jacques Merlin et Jehan BarthoUy docteurs en théologie, chanoines en l'église de Paris, l'abbé Sainct- Victor et le prieur Sainct-Lazere lez Paris, ensemble Robert le Lieur et Nicolas Hannequin, bourgeob de Paris, ausquelz après avoir esté remonstré par lad. Court qu'elle avoit esté advertie que la reformation, que nagueres par ordonnance dlcelle avoit esté intro* duicte aud. Hostel-Dieu, n'est gardée, entretenue ne exécutée, et que chascun remectoit la coulpe en son compaignon, les ungs disoient qu'il tenoit aux viccaires députez par le chappitre de Paris, les autres que cela venoit par la faulte des gouverneurs, les autres que les gens de religion estans aud. Hostel-Dieu en estoient cause, les autres que c'estoit la âmlte du religieulx de Sainct-Victor auquel chappitre de Paris avoit baillé son vicariat pour faire vivre les religieulx et religieuses en Fobservance régulière; pourdequoysçavoir la vérité, lad. Court avoit envoyé quérir iceulx dessusd. affin de les oyr sur ce et régler; après aussi que lesd. Berthou, Merlin et le prieur dud. Hostel- Dieu qui a (v)eu le vicariat dud. chappitre pour fiire garder l'observance régulière, otnt esté oyz et que le procureur gênerai du Roy a eu recité les informations mises pardevers luy :

2a Court, afin que la refformation laicte par ordonnance d'icelle puisse, à l'honneur de Dieu et bien de la religion, estre perpétuée, stabilie et continuée et estre exemple et lumière aux autres malsons

384 DBDXliilB PARTIS.

et hospitaulx Dieu de bien vivre, a ordonné que les deux viccaires députez par le chappitre de Teglise de Paris et les abbé de Saînct- Victor et prieur de Sainct-Lazere se transporteront de rechef en icelle Maison-Dieu, visiteront et s'enquerront diligemment si tous et chascuns les statuz £iiictz pour Tintroduaion et stabilement de la reformation ont esté entièrement et de poinct en poinct, selon leur forme et teneur, exécutez et s'ilz sont entretenuz et observez, et ceulx qu'ilz trouverront n'avoir encores esté exécutez entièrement, les feront exécuter de poinct en poinct, selon leur forme et teneur, et ceulx qui sont exécutez, qui ne sont entretenuz et observez, les feront entretenir, observer et continuer, en contraignant à ce faire et souffrir les religieulx, religieuses et tous autres qu'il appartiendra par les censures canonicques et toutes autres voyes et manières qui leur sont permises de droict ou par la reigle ; et afin de leur impartir Tayde de bras séculier à faire exécuter, observer, entretenir et continuer lesd. statuz, a ordonné et ordonne que avec eulx assistera maistre .Loys de Bellay, conseillief en lad. Court, qui autresfois a esté commis et depputé par icelle, lequel, en impartissant led. ayde du bras séculier, à contraindre^ les religieulx et religieuses et tous autres qui pour ce seront à contraindre, par prinse et détention de leurs personnes, par toutes autres voyes et manières deues et raisonnables, à souffrir l'entière exécution desd. statuz de poinct en poinct, selon leur forme et teneur, et la continuation d'icelle exécution, nonosbtant oppositions ou appellations quelconques et sans préjudice d'icelles;

et pour obvier i ce que doresnavant aud. Hostel-Dieu Fon ne fieice plus aucune scandalle, ainsi que Ton prétend avoir esté âdct puis nagueres par le moien des religieulx anciens qui avoient esté translatez dud. Hostel-Dieu, lesquelz sont retournez en iceluy sans le congé de Tabbé ou prieur des monastàires où tlz avoient esté translatez et menez, et sans la permission du religieux ayant le vicariat dud. chappitre de Paris pour avoir la superintendence de la discipline régulière aud. Hostel-Dieu, lad. Court a ordonné que lesd. deux vicaires députez par led. chappitre de Paris pour le regard du delict commun et lesd. abbé de Sainct- Victor et prieur de Sainct-Lazere, comme viccaires dud. chappitre, pour le regard du delict régulier, et ausquelz sera baillé de rechef par led. chappitre vicariat pour le regard dud. delict régulier, se enquerront plus amplement des delictz communs et réguliers commis aud. Hostel-Dieu par lesd. religieulx translatez et autres leurs complices, et ce faict sommairement et de brief, ainsi que l'on a accoustumé faire es maisons de religieulx, feront et parferont aux coulpables leurs procès, leur imposeront lesd. deux viccaires depputez par led. chappitre les peines qu'ilz verront leur estre

Page 1