Chapitre de Notre-Dame. — Frères et Sœurs. — Maître
et Prietise. — Familiers.
De par son origine, T Hôtel-Dieu de Paris devait à la fois dépendre, et dépendit en fait, jusqu'au commencement du xi« siècle, de révéque et du chapitre ^ Mais cette double direction notait pas sans offrir des inconvénients, et les chanoines firent tous leurs efibrts pour décider Pévéque à renoncer à sa part d'autorité dans l'administration de Thôpital; ils y réussirent en 1006'.
Désormais PHôtel-Dieu, exempt de la juridiaion de Tordi^ naire, fut placé sous la dépendance immédiate du chapitre ; rien ne pouvait se faire sans Fautorisation des chanoines; qu'il s'agît d'une vente, d'un achat, d'un échange, de la fondation d'un service, de Tacceptation d'un legs, etc., l'approbation capitulaire était indispensable; dépositaire et gardien des fonds disponibles de l'hôpital, maître absolu du personnel, le chapitre avait à THôtel-Dieu haute, moyenne et basse justice, ainsi que toute juridiction temporelle et spirituelle'.
Pour assurer une surveillance plus régulière, par suite plus
1. Guérard, CartuL de Notre-Dame, coll. des Doe. inid,, I, i85.
2. Ibid.f I, 225; rv, 146. R. de Latleyrie, CartuL génér. de Paris, I, io5. (Coll. de VHist. génér, de Paris.) —En 1097, l'évéque de Paris remit de même à son chapitre tous ses droits sur relise Saint-Christophe. (Guérard, CartuL cité, I, 3o5; IV, 137.)
3. Guérard, CartuL cité, l, 402; III, 88, 89, 247, 443. — CartuL H.-D., n- 64, 84, i56, 402, 711, 820. -^ Comptes, VIII, 68; XV, 5. — T. II, n** 17, 22, 36, 38, 42, 43, Si, 53, 55, 57, 60, 64, io5, 112, 120, 126, 160, 164, 174, 269, 332-«334, 35o, 352, etc., passim. Voir A. P. 3«o, n* 65.
efficace, le chapitre de Notre-Dame établissait auprès de l'Hôtel- Dieu une commission permanente, dont le doyen faisait partie de droit; cette commission comprenait un nombre variable de membres, deux, trois ou quatre; elle était annuellement renouvelée, dans le chapitre général de la Saint-Jean-Baptiste*.
Délégués du chapitre, les proviseurs^ en avaient tous ks droits ; leur mission était de veiller à l'exécution des décisions capitulaires, à l'observation du règlement, au bon fonctionnement des services, à la tenue régulière de la comptabilité, à la conduite du personnel; les papiers courants, les clefs du trésor et celles des troncs étaient remis entre leurs mains'.
Deux fois l'an, dans la semainede la Pentecôte et le 28 décembre, ils tenaient un chapitre général à THôtel-Dieu. A cette occasion, ils se rendaient à Thôpital vers l'heure de la grand messe ; accompagnés de quelques-uns de leurs collègues, ils visitaient, à la chapelle, les saintes espèces et les saintes huiles; puis ils gagnaient la salle capitulaire^ oti se trouvaient réunis tous les religieux présents dans la maison et que leur service ne retenait pas auprès des malades; après le sermon, que faisait d'ordinaire quelque frère prêcheur ou l'un des chanoines, le maître et la prieuse étaient inter« rogés'sur Tétat de la maison; ils étaient invités à dénoncer les fautes que pouvaient avoir commises les membres de la communauté : on leur recommandait surtout de ne pas se laisser surprendre par le temps et d'avoir leurs comptes prêts au jour fixé pour r oc audition ». Demandes et réponses ne variaient guère d'un chapitre à l'autre ; si la comptabilité n'était pas en état au moment voulu, maître et prieuse s'accordaient à eux-mêmes un plus long délai; quant aux infraaions au règlement, si quelqu'un
1. Règlement du xiii* siècle, art. i. (A. P. '866a, n* 4x38.) »- Guérard, Cartui. cité^ III, 416. -- T. Il, n* 642 ctpassim.
2. c Rectores » {Cartui. H.-D,, n" 38o), c magtstri elemostne Beate-Màrie Parisiensis 9 (Ibid,^ n* 397}, c visitatores t (t. II, n* 56), c.magistri • (Ibid., n- 59, 77).
3. Comptes, XV, 35; XVI, u5. — T. II, n*» 968, 969. — Guérard, Car^ tuL cité, m, 209. -« Cartui, Ii,^D,^ n* 54.
4. c Pour ung tableau de boys achetté pour mettre une orrison ou chappitre de ùtÈt hostel, xii s. i — € Pour une petite cheesne de fer pour pandre le tableau de chappitre, 11 s. » (Comptes, IX, i32, i63.] — c Cinq pièces d'autre tappisaerte^ auasy de layne, senrans à tendra ou cbappittre es bons jours. » (A. p. 873^ n* 4198.)