‹ L'Hotel-Dieu de Paris au moyen âge. Histoire et documents: histoire et documentsChapitre 34 sur 236 · III. — ADMINimATlON DB L^HÔTELrDIEU · texte numérisé non relu

III. — ADMINimATlON DB L^HÔTELrDIEU

Le aom de filles blanches donné à celles qui venaient d'embrasser la vie religieuse indique suffisamment la couleur du costume qu'elles revêtaient : un surplis blanc de lin fin, un tablier blanc, des houssettes de peaux, une robe blanche « aussi pou afflassonnée que ung sac, tellement que diras que oncques celle robe ne luy fust faitte propre à son corps, et que aussi bien pourroit servir à chacune de ses seurs qui première à son lever la vestiroit, comme à elle >; un manteau blanc, et, sous le voile, une guimpe blanche.

Pour les novices, voile et manteau étaient de couleur noire ^

Les sœurs .étaient tonsurées comme les frères et portaient, comme eux, la ceinture de religion; leur costume est décrit dans le règlement du xiii* siècle comme il suit' :

« Sorores habeant singule très camisias tantum precii pretaxati, et très succanlas talares, ejusdem precii, ad administrandum pauperibus; vittas très, ejusdem precii; unum pelliceum agninum novum et unum vêtus, si opus fuerit; tunicam unam de sagio nigro vel subrufo, precii ulna quinque solidorum ad plus ; supertunicale agninum ejusdem coloris et precii ; palium nigrum de ysambruno vel galebrunno vel de sagio; caligas albas vel nigras, calceos et bottas rotundas'. Preterea sorores habebunt et defferem cappucia nigra, linea vel lanea, sicut habent mulieres Pruvinenses. »

Les chausses étaient faites de blanchet et les cottes fourrées de panne blanche; sur le couvrechef blanc, un voile noir^.

Le personnel masculin, religieux et laïque, était placé sous la

les mors, et aultret innumerables, labourieux et j>enibles services; les

ungs, difficiles à pencer et à qui Ton ne scaroit fiaire service à leur gré, l'inyuroient de fMirolIe et de langaige difiamatoire; les aultres, eo la fureur de leur maladie, la frapoient et blecoient; les autres luy dessiroieut ses vestemens... t — Voir Comptes, XV, ii3-ix3. — Document n» 25.

1. Livre de vie active, 167; miniature de la p. 3o. «-«Document n* is.

2. Règlement du xiix* siècle, art. 8, x3-X7; règlement du xvi* siècle, art. 100. -» Livre de vie active, miniatures des p. 9 et 161.

3. Cet article est ainsi traduit c^ans le Livre de vie active, p. 196 : c Les seurs auront sourpelis longs de toille jusques aux talons, à servir les povres, Taulne du pris dexxi d. p.; ung pelisson d'aigneaulx, une cotte de sarge noire ou de brune couleQ[r], Taulne de v s.; ung surcot d'une mesme couleur et pris, fourré d'aigneaulx ; ung manteau noir de ysambrun, de gallebrun ou de sarge; chausses blanches ou noires; solîers et bottes; et s'il ne se trouvoit drap ou toille au pris dessus dit, je leur ordonne achater du moindre pris qui se poisse trouver, i

4» Aich. aat., L 524, fol. io5 ; L 53a**, foL 19.

36 PREMIÈRB PARTtB.

dépendance immédiate du maître ; le personnel féminin, sous Tautorité de la prieuse. Maître et prieuse étaient les deux cheiii suprêmes à l'Hôtel-Dieu.

Comme ces deux charges étaient les plus élevées dans la hié^ rarcbie, elles étaient conférées presque toujours aux doyens d'âge de la communauté. Lorsqu'ils étaient appelés à ces importantes fbnaions, maître et prieuse avaient atteint et plus souvent dépassé la cinquantaine. Aussi, après quinze ou vingt ans d'exercice, les voyons-nous enlevés par la mort ou contraints par des infirmités parfois incurables et cruelles, la paralysie, la surdité, la cécité, par exemple, contraints, disons-nous, d'adresser leur démission au chapitre de Notre-Dame, qui ne la refusait jamais : pleins d'égards pour ces serviteurs si dignes et si respectables, les chanoines les maintenaient, à titre honoraire, dans leur rang de maître ou de prieuse, leur accordaient une chambre particulière, une ou deux filles pour les servir et leur fournissaient pain et pitance à volonté, une queue de vin et 20 livres parisis panan *.

I. Jean de Villeparisis est cité, comme boursier, le 26 avril i33i. — Jean Charron, de Gisors, avait reçu l'habit le 14 novembre i363. (T. II, n* 53.) — Jean Binet, qui Pavait reçu le 28 octobre 1406, est mentionné comme maisonnier de 1416 fr 1430. (Comptes, III^ i; IV, 3; V, i5; VIII, 46, i32; IX, 7, i32; X, 8, i38. — T. II, n* 224.) — Pierre Luillier, vêtu le i*' juin X401, cellerieren 1416-1417, maisonnier en 1416-1418 et 1429, cuisinier du 29 août 1416 à Noôl 1418. (Comptes, III, i, 233; IV, 3, zoi, 217, 218; V, i5 ; IX, 7. — T. II, n* 171.) — Etienne Bonifece avait reçu Thabit le 4 |uin 141 7. (T. II, n* 347.) — Guillaume le Flamand, profès depuis le i3 juin 1446, boursier en 1466. (Arch. nat, H 3664, i. — T. II, n* 749.) — Guillaume Stine, admis comme enfant de chœur entre 7 et 8 ans, profès à 22 ans, le 2 décembre 1493, officier de la cuisine le 17 janvier i5oo, maisonnier vers i3oo, boursier avant Pâques i3o3. (Arch. nat., H 3666, 3zo, 628. — A. P. i39lii, n* 8x3. Fonds des Enfants-Rouges, pièce i, p. 21. — T. II, n* 140 l.)

Jeanne la Page, voilée le 16 mai 1404 (T. II, n* 207}; Jeanne la Richeuse, le 22 août 1446 (Ibid., n* 752); Jeanne TAsseline, le 2 mai 1487 (Ibid., n* 949). — Hélène la Petite, nommée prieuse à 36 ans, était à l'Hôtel-Diea depuis 37 ans et professe depuis 22 à 27 années. (Arch. nat., L 336*.) — Le 4 août X477, Hugue du Jardin c se descharge envers messeigneurs de chappitre, administrateurs dud. Hostel-Dieu, pour son antiquité et debilitacion. » (Comptes, XV, i.) — Démission de Jeanne la Richeuse c pour son anticquité et debilitacion de maladie, tellement qu'elle ne povoit cheminer ne aller nulle part, i (Comptes, XV, 243.) — Voir A. P. 866r, n* 4127. — T. II, n** 320, 3x7, 324, zoiz, 1209, 121 1, i258, X239, 1260.

a Pour avoir remis à point une serrurre à une chaere estant en la chambre du maistre ancien, xvi d. i (Comptes, IX, i63.) — c Pour les repparacioas

Page 1