‹ L'Hotel-Dieu de Paris au moyen âge. Histoire et documents: histoire et documentsChapitre 75 sur 236 · IV. — LES lULADBS A L'hÔTEL-DIBU. 9I · texte numérisé non relu

IV. — LES lULADBS A L'hÔTEL-DIBU. 9I

instant troublées par le va-etrvient des étrangers, redevenaient silencieuses. L'heure du souper sonnait à Phorloge; une heurs plus tard^ à sept heures, le maître parcourait tous les offices, fer* mait toutes les portes et montait au dortoir. La journée était finie; les sœurs chargées du service de nuit venaient de gagner leur poste *.

11 y avait trois dortoirs à THôtel-Dieu : celui des frères, oti couchaient aussi les chapelains et les enfants de chœur; celui des sœurs et celui des filles. Ce dernier, seul, à vrai dire, méritait œ nom ; car chaque religieux, chaque professe avait sa chambre; seules, les novices couchaient dans* une salle commune ; encore les lits étaient-ils séparés les uns des autres par des courtines, cloisons mobiles et flottantes qui n'en jformaient pas moins une sorte de chambrette^.

Les chambres fermaient à clef; mais les serrures étant identiques, le maître ou la prieuse pouvait à toute heure pénétrer partout.

Le mobilier qui garnissait les « selles » des frères se composait de quatre coffres, en chêne ou en noyer, d^un lit, d^une table à quatre pieds, d'une autre moins grande, de quelque vaisselle d'étain, de deux chandeliers, d^une roue à livre et d'une bibliothèque; point de cheminée, sauf dans la chambre du maître, mais un chaufFoir commun'.

Il en était de même au dortoir des sœurs, dont les chambres étaient plus spacieuses. Daps chacune d'elles, le long du lit, un coffire, un autre au pied; une « chaire > au chevet; une couchette; une armoire près de la fenêtre; un buiTet ou dressoir près de la porte; c^est sur ce meuble. que la sœur plaçait son chandelier, ses bassins, ses livres et ses images de dévotion, un tableau de la Passion ou du crucifiement^ une statuette de Jésus-Christ, de la Vierge ou de la sainte sa patronne, et les menus objets d^or ou d'argent qu^on lui avait donnés au jour de sa profession^.

1. c Environ six heures du soir, elle vejrt... et ung peu devant, durant que on seryoet les pouvres à soupper. » (Arch. nat., L 536*.) — Règlement du XVI* siècle, art. 68.

2. Règlement du xiii* siècle^ art. 58, 59 ; règlement du xvi* siècle^ art. 67 et suiT., X18 et suW.

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