‹ L'Hotel-Dieu de Paris au moyen âge. Histoire et documents: histoire et documentsChapitre 84 sur 236 · IV. — LES MALADES A L^HÔTEL-DIEU. Io · texte numérisé non relu

IV. — LES MALADES A L^HÔTEL-DIEU. Io

Une expression apparaît souvent dans les documents, d'autant plus fréquemment qu'elle est plus vague et ne désigne aucun mal paniculier. Si, durant le moyen fige, les années dites de c peste » ou d' c epidemye » sont si nombreuses, c'est qu'on entendait sim« plement désigner par là des années pendant lesquelles certaines maladies, contagieuses ou non, avaient atteint un grand nombre de personnes et fait beaucoup de victimes : telles les années 1400, 141 2, 1414, 1418, 1433, 1438, 1466, 1475, 1482 à 1487, 1495, i5o2, i5i9 (épidémie de coqueluche), i522, i53i, pour ne pas dépasser la limite à laquelle nous nous arrêtons d'ordinaire ^

quod non et eî satisfecit, prout voluerit^ quando sanatus fiiit^ et crédit znelius quam aliter pro ea que predizit, quod dicta Jacoba et dictus Johannes ipsum visitarunt et curarunt sub spe habendi salarium quam aliter.

c loterrogatus si alibi Parisius et in suburbiis visitaverunt infirmos, dicit quod nescit nisi de auditu, eo tamen excepto, nec aliud scit deponere de omnibus contentis in articulis nisi quod audivit dici a pluribus quod îpsa est sapientior in arte cirurgica et medicine quam magister medicus et ctrur-

gicua qui ait Parisius » — Arch. nat., MM 266, manuscrit Pajon, p. i3

et suiv.

I. 18 août 1400 : < Fiant processiones penitentiales pro morte et pestilencia ac unione ecclesie, dîebus consuetis. > (Ârch. nat., LL 212A, 88.) — 23 août 1412 : c Cum ofiicialis Parisiensis fecisset exponi dominis quod, propter mortalitatem et pestem epidimialem currentem, alias in casu simili fuissent fiacte processiones in monasterio Sancti-Victoris, in quo sunt reliquie sancti Sebastiani, an ezpediret die dominica processionem facere in dicto monasterio, domini concluserunt quod non ezpedit fieri, sed in sermonibus proclamabitur populo ut îlli qui habebant devocionem visitandi dîctum monasterium, visitent dictas reliquias. » (Ibid., LL 214, 46.) •« 20 mars 1414 : < Fiant processiones générales die dominica prozima, tam propter infirmitatem currentem quam alias, in ecdesia Parisiensi. » (Ibid., LL 214, 3oi.) — ' 3o septembre 1433 : a Die dominica prozima fiet processio gèneralis ad Sanctam-Genovefam-in-Monte cum reliquiis, ad eandem deprecandam ut cessetur pestilencia epidimie. — Processio non fuit facta, licet fiierit ordinata. i (Ibid., LL 216, 66.) — < Le zzix*« de juillet, durant que les eaues estoient petites et pour la grande affluance des malades, fut de neccessite aller devant Tisle Nostre-Dame essanger et laver la leccive, et furent louées six femmes du dehors pour la grande quantité des religieuses et filles

malades 1 (Comptes, XVI, ig5.)~8 août i5o2 : « Attento periculo pestis

vigentis, ut relatum est, in parrocbia Sancti- Laurendi prope Parisius »

(Arch. nat., LL 23i, 343^

Comptes, XVI, loi, 123, 124, 191, 192, 347; XVII, i23; XIX, 63.— A. P. Fonds des Enfants-Rouges, pièce i, p. 3o. — Arch. nai., H 3664, 134. — Archives de la Faculté de médecine de Paris, Commentaires, I, 227. — T. II, n** 1965, 1970, 2072. — Annuaire^uUetin de la Société de Vhistoire de France^ 1878, Les comptes d'une dame parisienne sous Louis XI j 146S*

I04 PREICIÈRB PARTIE.

Il est pourtant une maladie sur laquelle nous insisterons un peu ; célèbre dans les annales de la mÀlecine, elle a été le but de recherches assidues, l'objet de nombreuses dissertations ; cependant, aux yeux de bien des personnes, la question même de Tori* gine de la syphilis est un problème dont la solution reste encore à trouver. Nous n'avons pas la prétention d'aborder ce sujet; qu'il nous soit seulement permis de signaler, en ce qui concerne l'origine de la syphilis à Paris, deux points qui nous semblent incontestables.

D'abord, il n'est pas douteux que la syphilis ait été jusque vers le milieu du xv« siècle absolument inconnue à Paris; les documents parisiens de cette époque la mentionnent comme une maladie nouvelle, qui éclata soudain sur un point, d'ailleurs indéterminé, et gagna de proche en proche les diverses villes du royaume, Paris compris, exerçant partout des ravages d'auunt plus étendus que médecins et chirurgiens, pris au dépourvu, étaient impuissants à la combattre. Que la syphilis, d'ailleurs, dont le caractère contagieux fut tout de suite constaté, et même exagéré, eût le moindre rapport avec la lèpre, personne n'en eut ridée; il y avait, pour les lépreux, des hôpitaux, presque abandonnés alors, sur lesquels on eût pu diriger les vénériens; on n'y songea pas un instant, et l'on créa pour ceux-ci des maisons spéciales * .

Nous allons maintenant présenter les renseignements nouveaux qu'il nous a été donné de recueillir sur la syphilis.

La date de la première mention parisienne jusqu'ici connue est comprise entre le i"* octobre 1495 et le 3o septembre suivant^. L'Hôtel-Dieu renfermait déjà un grand nombre de vénériens ; on craignait qu'ils infectassent les autres malades et les sœurs qui les soignaient; pour conjurer le danger, il convenait de suivre l'exemple de maintes villes du royaume que le âéau avait atteintes

1467, 21 3. — A. Chéreau, Les ordonnances pour éviter le dangier de peste, i53it dans la Collection de documents rares ou inédits relatifs à l'histoire de Paris.

1. Voir A. Pignot, L'hôpital du Midi et ses origines. Recherches sur Fhis* toire médicale et sociale de la syphilis à Paris, Paris, i885, in-8*.

2. « Pour avoir fourny oultre les draps et couvertures ordinaires dont elle faict mencion en ces comptes, pour les malades de la groase verolle de Naples et pour refiaiire la pluspart desd. draps et couvertures qui ont esté gastez et qui jamais ne serviront, icelle prieuse a eodonmaigé et mis et frayé à diverses foys jusques i la somme de mm 1. p. t (Comptes, XIX, xaS.)

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