‹ L'Hôtel-Dieu de Paris en juillet et août 1830Chapitre 7 sur 12 · DES BLESSURES CONSIDÉRÉES SOUS LE RAPPORT DE LEUR 6HÎGE · texte numérisé non relu

DES BLESSURES CONSIDÉRÉES SOUS LE RAPPORT DE LEUR 6HÎGE

Nous rattacherons à ce chapitre diverses considérations physiologiques sur les principaux phénomènes qui se manifestent lors de la lésion de quelque organe important.

Les plaies de tête se présentent d'abord, et réclament une attention spéciale. Quand elles n'intéressent que les parties extérieures, leur guérison est ordinairement très- prompte; il y a même dans le public une opinion tellement arrêtée sur ce point, que nous devons

( 198 ) nous en occuper un moment.. Le cerveau jouit, dans l'économie vivante, d'une si haute importance, qu'une partie de cette importance est reflétée sur les organes qui lui servent d'enveloppe. La peau du crâne , recouverte de cheveux , est souvent blessée sans qu'on puisse voir bien exactement les dimensions de la plaie ; d'un autre côté , les vaisseaux y sont nombreux, le sang coule en abondance, et l'on croit alors qu'il existe une grave blessure où il n'y en a qu'une très-légère.

Comme ces parties jouissent d'une grande vitabilité, la cicatrisation s'y opère en peu de temps, et ainsi se trouve confirmé cet adage: les plaies de tête guérissent vite. Mais un peu plus d'expérience vient contrarier cette sorte d'aphorisme. Un élève en pharmacie reçut, Je jeudi, rueSaint-Nîcaise, une balle qui perça

( *99 ) la peau du crâne à deux pouces au-dessus de l'oreille. La plaie fournit une petite quantité de sang; elle fut réunie, et aucun accident ne se manifesta jusqu'au dixième jour. A cette époque, un jet de sang artériel se fit jour entre les bords de la plaie ; on l'arrête au moyen de la compression, il reparaît les jours suivans. Le malade vint à l'Hôtel-Dieu dans les derniers jours d'août. M. Dupuytren cautérisa le fond de la plaie avec un fer rouge, et le sang fut définitivement arrêté.

Un soldat de la garde reçut une balle qui entra un peu au-dessus de la queue du sourcil gauche; elle glissa sous la peau et le muscle temporal, et alla se loger derrière l'oreille, après avoir décrit une ligne courbe assez singulière. La balle fut extraite au moyen d'une incision, et le malade semblait bientôt guéri, lorsque la plaie antérieure fournit du sang

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vermeil; une hémorrhagie abondante eut lieu à diverses reprises; elle cessait en comprimant le tronc de l'artère temporale. M.Dupuytren mit en usage un procédé qui avait réussi à Ambroise Paré, en 1 582. Une aiguille courbe armée d'un fil fut dirigée à travers la peau , au-dessous de l'artère , et ramenée au-dehors.La ligature fut serrée sur un petit cylindre de diachylon, et le sang ne reparut plus. Le malade est maintenant guéri.

On voit par ces deux exemples que les plaies de tête ne guérissent pas toutes avec la même facilité. La circonstance d'une artère ouverte, d'un nerf coupé, peut donner lieu à des accidens graves , et il est bon de ne pas avoir en pareil cas une sécurité aussi complète.

Quand la cause vulnérante a eu assez de force pour attaquer les os, pour les diviser , et porter son action jusque sur le cerveau lui-

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