‹ L'Hôtel-Dieu de ParisChapitre 4 sur 7 · JJ · texte numérisé non relu

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f... ;jx de la capitale, il ajoutait :

«« En ordonnant la prompte démolition des maisons qui masquent encore la façade de l’Hôtel- •■eu, et de celles qui existent en arrière de cet hôpital, Votre Majesté ferait donc une chose le pour la ville, plus utile encore pour les pauvres malades qui sont reçus à l’IIôtel-Dieu.

« En ordonnant que les terrains provenant de ces démolitions seront convertis en promedies destinées aux malades, Votre Majesté laisserait une trace durable de sa visite à l’Hôteleïu. »

, ]. FEn juin 1838, l’opinion unanime des médecins et chirurgiens de l’IIôtel-Dieu, qui comptait nrs des maîtres de la science que nous avons entourés d’estime, de respect et de dévouent (Petit, Blandin, Breschet, Caillard, Honoré, Louis, Magendie, Récamier, Roux, etc.), profitait en ces termes contre son déplacement :

«« L’IIôtel-Dieu, amélioré par suite de travaux bien entendus, présente les conditions dési- ■ ;(t oies de salubrité, par sa position heureuse sur la rivière et la bonne exposition de ses bàtients.

«« Il satisfait aux conditions de convenance par sa position centrale, par la facilité et la mullicité de ses abords, par sa proximité des quartiers populeux, où la classe indigente et vvrière est nombreuse, et aux besoins de laquelle il a été consacré par des dons et des fonitions charitables qui en font sa propriété.

«« L’Hôtel-Dieu a rendu les plus grands services dans les fléaux, les épidémies, les catasaphes politiques, et a eu l’influence la plus heureuse sur le développement de grands ■ents, ainsi que sur les progrès de l’art de guérir.

« Il ne peut être remplacé que par un hôpital aussi grand, aussi central, à la portée du i( fime quartier, réunissant les mêmes conditions de salubrité. »

^Antérieurement, les médecins de l’Ilôtel-Dieu de l’an 1756 avaient ainsi formulé leur avis :

« Le courant d’air qui traverse les bâtiments de l’Hôtel-Dieu, en suivant le cours de la rivière.

est un avantage (le la position de cet hôpital, qui peut en quelque partie balancer les autres , inconvénients de cette môme position au centre de la ville. »

De son côté que nous apprend la Statistique, celte science dont on peut bien restreindre la valeur, mais qui conduit néanmoins à d’imporlahts résultats, lorsque les calculs comprennent une longue période d’années?

Les tableaux de la mortalité dans les hôpitaux généraux de Paris, de 1804 à 1864, nous montrent sur une môme ligne l’Hôtel-Dieu, Beaujon et la Pitié!

Pendant que la mortalité de l’IIûtel-Dieu a été de 20 p. 100 de 1804 à 1813 , la proportion est descendue à 12 p. 100 de 1830 à 1839.

Ce chiffre s’est maintenu dans les années suivantes, et, comme le démontre le tableau suivant, il est moins élevé que celui de l’hôpital modèle de Lariboisière (1), construit sur les don nées, les plans et les principes des illustres membres de l’Académie des sciences :

Hôtel-Dieu. Lariboisière.

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C’est ici le moment de faire connaître l’opinion de Miss Niglthingale, digne émule de nos a sœurs de charité sur les champs de bataille de la Crimée, à propos de la comparaison des plusp récents hôpitaux de Paris et de Londres.

En Angleterre : Victoria à Netley ; King’s College à Londres.

En France : Lariboisière et Vineennes à Paris.

D’après M. Blondel, on compte à Londres 19 hôpitaux et 4 workhouses , maisons de travail, sortes d’établissements mixtes, qui tiennent à la fois du dépôt de mendicité, de la maison de^ secours, de l’hôpital et de l’hospice.

Tous ces établissements hospitaliers sont indépendants et affranchis d’une direction centrale.

Ces œuvres sont essentiellement privées. Les fondateurs d’un hôpital s’organisent et s’administrent eux-mèmes.

La charité concentre ses largesses sur les établissements destinés aux malades , laissant à l’action publique ou paroissiale le soin d’assister les malheureux, de recueillir les infirmes et les vieillards à l’aide du produit de la taxe des pauvres.

Dans son ouvrage sur les Charités de Londres, M. Sampson Low évalue à 5,259,600 francs les revenus des établissements hospitaliers, et à 3,884,400 le montant des souscriptions qui chaque année, sont affectées à leur entretien.

Vineennes se fait remarquer par la simplicité du plan général. Les pavillons orientés du nord

(1) « En élêvant ce monument à la pauvreté, la ville de Paris a voulu devancer les autres pays dan celle voie de haute et libérale assistance, et montrer à tous comment elle sait pratiquer la bienfaisance publique. » (A. Tardieu.)

sud recevant le soleil tout le jour, sont complètement séparés : chaque salle de malades est ercée de nombreuses fenêtres en face les unes des autres.

Victoria est un véritable dédale de salles de malades et d’oiïices jetés çà et là comme par laasard.

Il semble qu’on ait voulu empêcher la ventilation naturelle, se priver de lumière et assurer eégale diffusion d’une atmosphère d’hôpital dans toute la série des salles.

'«Mail 1 On peut exactement définir cet hôpital, ajoute miss Nigtthingale, en disant qu’il est mal éclairé et mal ventilé.

i.OfïiJ L’hôpital de King’s College présente un abrégé de presque tous les défauts qu’on peut renontrer dans une construction de ce genre. Tout est compliqué, et l’ensemble manque com- K^QlMélement de cette simplicité de forme si essentielle à la libre et facile circulation de l’air à eentour des bâtiments et dans les salles des malades.

Les pavillons de Lariboisière, destinés aux malades, sont complètement séparés les uns des s^.fjitres, et constituent, en réalité, autant d’hôpitaux distincts de cent malades seulement.

Miss Nitthingale, celte dame de cœur, que nous devons saluer en passant d’un regard de rapathie, se résume en ces termes :

« Je dois reconnaître la supériorité des plans français; avec quelques légers défauts, ils boni voir une haute appréciation de l’importance de l’hygiène dans les hôpitaux.

« Les plans anglais, au contraire, prouvent que nous avons à peine commencé à étudier ette branche de connaissances. »

En raison de l’importance du sujet, en raison des accusations injustes qui ont été portées osloontre l’administration de l’Assistance publique, en raison aussi des comparaisons que quel- ;;te|jues confrères ont envisagées à un point de vue défavorable pour les établissements français, me parait indispensable de relever la haute portée des paroles que je viens de rappeler, et de compléter ce jugement impartial, par la citation du rapport d’un homme qui occupe à Londres ane position très-élevée dans la science.

Le vrai patriotisme, le patriotisme essentiellement libéral et progressif, doit plus seglori- !îfc|ider de proclamer la vérité tout entière, que de chercher à l’obscurcir par les velléités de la oassion et les inconséquences d’une opposition quand môme.

Voici donc comment s’exprime le docteur John Iloberton :

« Les plans qui ont présidé à la construction de nos hôpitaux sont bons pour quelques-uns, auvais pour le plus grand nombre; dans aucun de ceux que j’ai visités, je n’ai vu qu’on se :ût préoccupé de prévenir la formation de celte atmosphère impure.

« Sur le continent ce but a été obtenu ; j’ai vu moi-même l’application de plusieurs plans i ingénieux que le succès a couronnés, et qui ne peuvent manquer d’exciter des sentiments de ; plaisir et d’admiration.

« Je citerai plus particulièrement l’hôpital de Bordeaux, ceux de Lariboisière et de Beaujon à Paris. »

C’est donc avec raison que M. Blondel a pu résumer en ces termes l’un de ses remarqua- 1 blés rapports :

m* « L’Administration française peut trouver d’utiles enseignements dans les hôpitaux anglais;

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mais il est permis de comparer ceux-ci avec les hôpitaux de Paris, sans que notre charité ou notre amour-propre national ait à souffrir du rapprochement. »

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Des récentes discussions de l’Académie de médecine et de la Société de chirurgie, sur l’hygiène hospitalière, ressort cette double conclusion pratique :

— Avantage des hôpitaux ruraux sur ceux construits au milieu des villes.

— Préférence à donner aux petits hôpitaux sur les grands.

Mais l’Administration déclare ne pas pouvoir les accepter par les raisons suivantes :

1° Il y a nécessité pour elle de construire les hôpitaux civils au point le plus rapproché pos-4rn sible des centres habités par les populations qu’ils desservent.

2” Le désaccord qui s’est produit entre M. Le Fort et M. Gosselin, sur l’interprétation des résultats statistiques comparatifs, rend indispensables de nouvelles études.

3° En attendant, les renseignements fournis par le traitement à domicile (qui tend à segéné-j: raliser dans tous les quartiers de Paris) prouvent que, sur un total de 50,000 malades, la proportion des décès a été de 1 sur 7,91, alors que la mortalité des hôpitaux généraux se trou- p vait, en 1862, de 1 sur 8,23'.

U" La question de mortalité étant ainsi écartée, on se trouve en présence d’une raison financière puissante : les frais d’administration étant les mêmes pour les grands hôpitaux et pour les petits, il y aurait, par la multiplication des établissements, un accroissement permanent de j, charges pour la caisse hospitalière, et, par conséquent, dommage pour l’intérêt des pauvres sans compensation comme sans raison efficiente.

Je suis heureux de transcrire ici les sages paroles de M. Blondel :

« Il n’est pas douteux qu’un malade qui peut se transporter à la campagne avec ses intérêts ^ et ses affections, s’y rétablira plus promptement que dans l’intérieur des villes; mais on est obligé de tenir compte des difficultés que crée l’éloignement pour le transport des admis, pour les relations de famille, pour le service des médecins, des chirurgiens, des élèves.

« Le malade n’est pas seulement un corps dont il faut soigner l’organisme, on doit aussi soigner et ménager son moral.

« Il ne faut pas l’enlever aux siens, rendre tout rapport d’intimité impossible, en raison du temps et de l’argent que réclame chaque voyage. »

Les principes généraux qui doivent présider à l’installation d’un établissement hospitalier sont parfaitement fixés aujourd’hui, grâce aux mémoires des membres de l’Académie des sciences, grâce aux applications qui ont été faites de ces idées en France et à l’étranger.

Et tout d’abord, il faut partir de cet axiome :

Ce que l’assistance publique doit au pauvre qu’elle recueille, malade ou valide, c’est un asile commode et salubre, et non un monument coûteux et splendide.

J’ajouterai avec Tenon que les lois, le culte, le climat, les usages, et jusqu’à la nature des productions du pays, influent sur le mode de construction des hôpitaux.

L’hôpital le mieux construit, le mieux aménagé, ne peut être adopté comme modèle à suivre, sans égard aux circonstances de la localité qu’il faut avant tout consulter.

Ne pouvant pas entrer à ce sujet dans des détails trop minutieux, je me bornerai à signaler luelques-uns de ces principes :

— Les meilleures conditions d’orientation d’un hôpital sont celles de l’est à l’ouest.

— Au point de vue administratif, un établissement excédant 600 lits est en dehors des conliiitions exigées pour un bon service.

— Les salles doivent contenir de 30 à 35 lits, en réservant des salles d’alternance.

— Il faut multiplier les pavillons séparés, en laissant à chaque étage une chambre de 2 à i lits.

— Il est indispensable d’isoler les malades atteints de variole ou d’autres maladies contagieuses, et de placer dans de petites salles particulières les malades qui viennent de subir de grandes opérations.

— L’espacement entre les lits doit être de 1 mètre 50 centimètres.

— D’après les calculs de M. Blondel , d’accord sur ce point avec les indications de Tenon, ee cube d’air qu’il est désirable de procurer aux malades ne doit pas être inférieur à 50 mètres poar lit.

Le cube d’air ne s’élève pas, en Angleterre, au delà de à2 mètres cubes, mais il faut tenir L’w- grand compte du renouvellement permanent de l’air ambiant produit par l’ouverture constante ddes portes et des fenêtres.

— Les services d’accouchement réclament une installation spéciale.

— L’utilité des salles de convalescence dans chaque hôpital avait été reconnue par l’Acadcnmie des sciences; l’expérience de tous les jours en démontre les avantages.

Les asiles de Vincenneset du Vésinet sont aujourd’hui particulièrement, sinon exclusivement, fréquentés par les malades des hôpitaux : les convalescents des Bureaux de bienfaisance envoyés par le service du traitement à domicile, et les membres des Sociétés de secours mutuels ne foruraent, relativement au contingent des hôpitaux, qu’une imperceptible partie de leur population.

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Dans une étude de ce genre, je ne puis me dispenser de dire quelques mots sur l’admission des malades, le régime alimentaire, et le personnel préposé à leur service.

La plus grande libéralité préside à l’admission des malades dans les divers hôpitaux et hospices de la capitale.

L’absence de contrainte et de mesures répressives, la parfaite sécurité, la liberté de conscience, tels sont les principes tutélaires qui dominent la situation.

Tandis que dans l’ancien Hôtel-Dieu, le prosélytisme entrait dans les devoirs réglementaires des religieuses, l’Administration actuelle l’a expressément interdit, et tout malade peut recevoir la consolation et l’assistance des ministres de sa communion.

L’admission des prévenus ou des condamnés dans les hôpitaux peut se faire aujourd’hui sur la réquisition de M. le Préfet de police; mais pour prouver qu’il n’en a pas été toujours ainsi, je vais citer un échange curieux de correspondance entre le procureur général du Grand- Conseil de Paris et les administrateurs de l’Hôtel-Dieu.

En 1755, le procureur général ayant demandé comme une grâce particulière, au doyen des administrateurs de l’Hôtel-Dieu, de se charger du nommé Péroche, marchand épicier, détenu

au For-l’Évêque : « Vous ferez une grande charité; c’est un homme incapable de faire scan- f dale dans l’Hôtel-Dieu ; mais je ne puis me dispenser de le tenir en maison de force. » Il reçut la réponse suivante :

« Je vous observe que l’Hôtel-Dieu n'est point et ne peut, être une maison de force; il n’a I'1 été établi que pour soulager les pauvres malades de bonne volonté, et tous y sont reçus sans -exception ; mais leur entrée et leur sortie doivent être libres, et dans cette maison de charité, 5tout doit respirer la liberté, etc »

Un si noble langage n’a pas besoin de commentaires !

Jadis l’alimentation des malades était abandonnée au bon vouloir et à l’intelligence des l administrateurs et des religieuses. £

Voilà quelle était, en 1535, l’alimentation des malades de l’IIôtel-Dieu :

« Ung chacun pauvre malade gisant en la maison aura pour sa pitance ung morceau de i mouton, dont il y aura 50 telz en ung mouton de moyenne sorte. Et quand on baillera ung b pied de mouton pour un morceau, la fressure avec les autres intestins sera divisée en douze kj parties qui seront baillées avec douze piedz de mouton à douze pauvres malades.

« Et si les malades demandent du bœuf ou autre grosse chair, alors en sera baillé à ceux qui l’auront demandé, à l’équivalensce des morceaulx de mouton s’il y en a.

« Et aux jours maigres c’est assavoir le raercredy, vendredy et sabmedy, et les jours de ï jeusnes, sera baillé portion de pitance aux pauvres malades en poisson ou en œuf à l’équiva- Iti lent de la pitance de chair, selon le cours du marché, à la discrétion du maître et du des- t pencier. it:

« A chacun malade sera baillé tant à disner que à soupper demyon de vin entier et sain, « et au desjeuner la mpilié de demyon. » g

Un arrêté de 1806, portant la réglementation de cet important service, établissait six degrés & d’alimentation : y

La diète : Un à six bouillons de 20 centilitres. — Les soupes et les bouillons : 12 déca- , grammes de pain, ou 6 de riz ; deux soupes de 30 centilitres de bouillon ; trois bouillons de ; 25 centilitres chacun. — Le quart de portion. — La demi-portion. — Les trois quarts de porlion. — La portion entière. (12 à 50 centilitres de vin ; 12 à Zi8 décagrammcs de pain ; 12 à 50 décagrammes de viande ; bouillons, légumes, fruits.)

En conséquence, il fallait mettre dans la marmite générale de chaque établissement 25 décagrammes de viande crue par chaque malade.

Les résultats favorables obtenus en 1814 par le régime tonique, sur le traitement des soldats $ russes, amenèrent en 1820 et 1841 la révision du règlement de 1806 sur ces deux bases prin- j cipales :

1” Substitution de la portion la plus faible d’aliments à la portion la plus forte comme unité.

2° Faculté attribuée à tous les chefs de service d’ajouter à la portion réglementaire, soit une portion de viande ou de volaille rôtie, soit toute autre espèce de denrée plus appropriée au * traitement.

Ce régime fut encore amélioré, en 1853, par suite de la meilleure appréciation des néces- ■ sités des malades.

Aussi la journée alimentaire du malade pour les seuls comestibles divers, qui était en 1806 de 0,07 c., s’élève en 1860 à 0,30 c.

„ c' IPour ce qui concerne le personnel médical, l’Administration compte aujourd’hui 87 médeuns, 3U chirurgiens et 18 pharmaciens; autrement dit : 1 médecin pour 78 lits, 1 chirurgien

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oour 86 lits.

Tenon, Larochefoucauld, Pastoret avaient reconnu que le personnel attaché au service des aalades (infirmiers) a toujours été, malgré tout le soin apporté à son recrutement, le côté iible du service des hôpitaux.

i Comme il est impossible de suppléer par le nombre à la qualité, l’Administration moderne

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eî se trouve pas sur ce point beaucoup plus favorisée que l’ancienne.

En règle générale, les hôpitaux (Hôtel-Dieu) comptent 1 infirmier sur 8 malades, et les hosidees (Salpêtrière), 1 infirmier sur 13 malades.

« On ne saurait trop se prémunir, dit une instruction ministérielle, contre l’abus d’employer s salarier des préposés inutiles, les revenus destinés à soulager le pauvre. »

L’expérience a adopté ces chiffres : Pour les hôpitaux, 1 servant pour 10 malades ; pour les oospices, 1 servant pour 15 indigents.

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XII t

J’emprunte au rapport fait au Conseil municipal de Paris, par M. le professeur Tardieu, les détails relatifs à la construction du nouvel Hôtel-Dieu (1).

L’emplacement définitivement choisi pour la reconstruction de l’IIôtel-Dieu a été fixé par une délibération du Conseil municipal du 30 septembre 18G/i.

« Cet emplacement, qui réunit toutes les conditions d’aération et de salubrité que l’on doit désirer pour un établissement de cette nature, sera circonscrit par la place du parvis Notre- 'îame agrandie jusqu'il la Seine, le quai Napoléon, la rue d’Arcole redressée et élargie à ICO mètres, et la rue de la Cité, également élargie à 20 mètres.

« Sa superficie sera d’environ 22,000 mètres. »

La commission médicale, instituée par M. le directeur de l’administration générale de l’Assistance publique, l’accepte en ces termes :

« L’emplacement proposé nous paraît réunir toutes les conditions désirables; et il serait difiàcile d’en trouver un meilleur dans la région centrale où l’Hôtel-Dieu doit être reconstruit. » Voici quelles sont, en effet, ces conditions :

L’Hôtel-Dieu est orienté du nord au midi, et de ces deux côtés il s’ouvre sur de larges îespaces; d’une part, par le parvis Notre-Dame, le petit bras de la Seine et la largeur d’un double quai ; de l’autre, par les quais du nord, le grand bras de la Seine et la place de l’Hôtel lie Ville.

A l’est et à l’ouest par les rues d’Arcole et de la Cité élargies : perpendiculairement à la fface occidentale, l’avenue de Constantine aboutissant au Palais de Justice, et favorisant les courrants d’air d’une extrémité à l’autre de l’ile de la Cité.

— Aperçu général des constructions et des dispositions intérieures du nouvel Hôtel-Dieu. — iLes constructions, sur une superficie totale de 21,800 mètres, peuvent se diviser en trois parties distinctes :

(I) MM. Gilbert et Dict, architectes; M. Ser, ingénieur.

La première est formée par l’avant-corps et s’étend en façade sur la place du parvis Notre- Dame, où est l’entrée principale du nouvel Hôtel-Dieu.

Celle-ci donne accès dans un premier vestibule de 160 mètres de superficie, où viennent aboutir les services d’admission et de consultation.

Les appartements des employés de toutes catégories et des internes, occupent les deux étages.

Dans cette première partie , à la suite du vestibule d’entrée, est une cour accessible aux K voitures. 5:

Il faut franchir la première cour et le second vestibule pour pénétrer dans l’hôpital propre- fï ment dit; celui-ci peut se décomposer lui-mème en trois groupes de constructions, disposés ^ autour d’une cour centrale longue de 77 mètres. ÿ

Un grand bâtiment longitudinal à deux étages, sous combles, s’étend dans toute sa Ion- 1 gueur. • p

A ce bâtiment viennent se rattacher deux groupes de pavillons transversaux. Ce sont ces ty pavillons qui forment, à proprement parler, l’habitation des malades.

La derniere partie de l’hôpital est celle qui en forme la limite septentrionale, et qui est en h face sur le quai Napoléon, ayant au centre la chapelle à laquelle on monte par un escalier mo- « numental. A droite et à gauche, la communauté des religieuses Augustines et le Bureau central d’admission de l’Assistance publique.

De temps immémorial, les chefs du service de santé des hôpitaux sont dans l’usage de donner [ des consultations aux malades indigents du dehors; mais c’est seulement à partir de 1802 que 1 cet usage a commencé à être réglementé, et que l’Administration a autorisé ses médecins et ses chirurgiens à faire délivrer aux personnes nécessiteuses les médicaments ou secours du , moment.

Le double service des consultations et du traitement externe est étroitement lié à l’histoire hospitalière.

De 1852 à 1861, le Bureau central a donné 120, 33ù consultations; 18,000 malades ont été admis au traitement externe, et 57,050 bandages ou appareils orthopédiques ont été délivrés. ^

Dans toute l’étendue de l’établissement, est ménagé un vaste sous-sol où sont disposés largement tous les services généraux, tous les vastes magasins d’approvisionnement.

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Le nouvel Hôtel-Dieu réalisera les innovations heureuses introduites de nos jours dans les systèmes hospitaliers, c’est-à-dire :

— Une meilleure distribution des divers services;

— Un fractionnement intelligent des malades.

Dans ce but, les 716 lits que contiendra l’hôpital seront répartis dans 8â pièces séparées et de diverses grandeurs :

18 salles, 3 salles.

19 salles,

de 26 à 30 lits, de 10 à 12 lits, de 6 lits.

ùù chambres de 1 à 2 lits.

En définitive, voici la répartition des 800 lits aux divers étages:

Rez-de-chaussée 224 lits, — 26 salles ou chambres.

Premier étage 234 lits, — 27

Deuxième étage 258 lits, — 31

Service de rechange, 3e étage. 84 lits, — 10

800 lits, — 94 salles ou chambres.

Par une disposition particulière, outre les 716 lits permanents, 84 lits seront réservés dans ess combles des deux bâtiments latéraux de la cour centrale, et répartis dans 10 salles.

"pr{- Par ce moyen, il sera facile d’établir une sorte d’alternance très-hygiénique, et de ne faire * .occuper ces lits que d’une manière passagère, lorsqu’il se fera dans quelques-unes des autres parties de l’hôpital un vide correspondant.

‘ L’opposition de ces deux chiffres, 21,800 mètres de superficie et 800 lits, a éveillé quelques i[.ppréhensions ; mais, pour les dissiper, il suffit de se rappeler qu’il n’y a pas un rapport con- 11 K iltant, mathématique entre le nombre de mètres que comprend la superficie d’un hôpital et le hhifTre des malades placés dans les constructions; d’ailleurs, l’élévation du nombre est ici cor-

i! en rigée par le fractionnement des lits, et l’encombrement général est combattu par 1 isolement a«- particulier des malades.

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Ce n’est pas le chiffre total des malades admis qui importe, c’est la manière dont ils y sont olacés et traités.

Le danger qu’il faut redouter, c’est la viciation de l’air par l’encombrement.

Ici, l’hôpital bénéficie des larges espaces ménagés devant lui.

Le cubage dépasse les proportions admises jusqu’ici; avec la ventilation artificielle, on fournit 1100 mètres cubes et plus par heure et par lit.

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