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Les divers problèmes qui se rattachent à la ventilation et au chauffage des salles ont été [plus particulièrement élucidés par les travaux modernes.
Le programme tracé par M. Ser, ingénieur de l’administration de l’Assistance publique, serait le suivant :
— Perfectionner les applications déjà faites ;
— Améliorer la pratique journalière ;
— Rechercher le procédé nouveau qui réunirait à la simplicité et à l’économie la puissance des effets.
En raison de l’importance du sujet, je crois utile d’entrer ici dans quelques détails. Resïpirer, c’est vivre, écrivait en 1812 le docteur Duchanoy :
« L’air, si on ne lui rend pas incessamment sa pureté, devenant une cause de maladies, au lieu d’ôtre un moyen puissant de leur résister ou de les combattre, il faut qu’il soit possible de le renouveler pour ainsi dire à volonté; et pour cela, dans chaque salle, il y a cinq portes, non compris l’entrée par l’anli-salle, les croisées qui montent jusqu’au plafond et les ouvertures d’en bas près du plancher. »
Les principaux systèmes de ventilation sont celui de Duvoir; celui de Thomas et Laurent i (Farcot); celui de Van Ilecke (1).
Tous ont pour but d’opérer un renouvellement permanent de l’air des salles (90 mètres cubes par heure et par individu).
L’air vicié sort par des canaux disposés dans la hauteur des murs latéraux des salles qui le conduisent au-dessus du toit.
L’air pur s’introduit par des canaux horizontaux placés dans le milieu des planchers.
Les systèmes diffèrent entre eux, quant à la manière dont ils provoquent la sortie de l’air vicié et l’entrée de l’air pur.
Duvoir fait appel à l’air vicié en réunissant les canaux verticaux dans une cheminée commune, où il place un poêle à eau chaude. L’air pur entre par les canaux horizontaux de luimême, en raison du vide que laisse le départ de l’air vicié (ventilation par aspiration et par différence de température).
Farcot et Van Ilecke introduisent par propulsion, au moyen d’un ventilateur (rais en mouvement par une machine à vapeur) l’air pur dans les salles, et la masse de celui-ci force l’air vicié à sortir par les conduits verticaux (ventilation par insufflation et par moyen mécanique).
La ventilation mécanique, réglée à volonté par une force motrice, est préférable à la ventilation par différence de température, qui est influencée de toute nécessité par les variations atmosphériques.
La ventilation par insufflation l’emporte aussi sur la ventilation par aspiration.
Dans les détails, le système Van Ilecke est préférable ; l’ Administration lui donne la préférence par ces motifs :
— Le ventilateur plus simple nécessite, pour un résultat égal, une force motrice inférieure ;
— Les conduits ne font circuler que l’air chaud;
— Les poêles ne sont que de simples enveloppes en tôle, qui recouvrent les bouches de chaleui\et qui n’offrent aucune chance d’accident;
— Au moyen des oscillations d’une aiguille sur un cadran, il indique l’activité permanente de la ventilation.
— Il a l’avantage du bon marché;
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Prix de revient de l'unité
de ventilation; I m. cube Quantité d’air renouvelé fourni par heure pendant par heure et par toute l’année. minute. *
Système Duvoir. . . 3 fr.
Système Farcot . . 1 fr.
Système Van Hecke. 0 fr.
Dépenses de lre installation par lit.
m fr.
808 fr.
236 fr.
Dépenses d’embellissement et d’entretien.
51 fr.
101 fr.
28 fr.
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Dans les nouvelles salles de l’Hôtel-Dieu, le renouvellement de l’air est assuré par un système mixte qui, réunissant les avantages des deux grandes méthodes de ventilation par insufflation et par appel, échappe aux critiques que chacune d’elles prise isolément, s’est attirées
tour à tour.
(I) Consulter le remarquable rapport de M. Payen au Comité consultatif d’hygiène et du service médical des hôpitaux, près le ministère de l’intérieur.
1 L’air neuf est insufflé par des ventilateurs placés dans le sous-sol, qui vont puiser l’air à une -a iule hauteur sur la face nord de l’hôpital.
I L’air vicié, qui s’échappe par des orifices ménagés au niveau du plancher dans les murs des . ,,, lavillons, est emporté par six cheminées d’évacuation établies à la rencontre des pavillons et lees bâtiments longitudinaux.
I Un appel énergique est entretenu, en été aussi bien qu’en hiver, par la chaleur des réser- !î|i.; looirs d’eau chaude destinée aux offlces qui sont placés à la partie inférieure.
I Le renouvellement de l’air est calculé à raison de 100 mètres cubes par heure et par lit.
: 3.1 M. Tardieu s’est montré disposé à réclamer un emploi plus large et plus fréquent de la ven- Jj filiation naturelle.
îl juj I En Angleterre, en Belgique, à Cologne, à Copenhague, on use du moyen un peu primitif l 'aérer les salles en laissant les fenêtres et les portes ouvertes, sahs se préoccuper du danger mj.. Bees courants d’air.
e Pair I Ou donne le plus souvent et le plus longtemps possible, par fenêtres et portes ouvertes, un :>), jiîbre accès à l’air extérieur des salles de malades. Le baron Larrey adopte ces principes en ces .•jj. prmes : « Quoi qu’il en soit du perfectionnement de la ventilation artificielle, l’aération le aturelle par les fenêtres opposées des salles reste le moyen le plus facile à employer, en y looignant des ouvertures mobiles à leur partie supérieure ou des vasistas, pour préserver les | naïades du contact direct de l’air. »
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Le chauffage des salles varie suivant le système de ventilation que l’on a adopté.
, I Duvoir établit une circulation continue d’eau chaude, au moyen de tuyaux et de réservoirs à pau, qu’il place dans les salles et dans une cheminée d’appel, j, I L’air pur s'échauffe lui-même par un contact avec les tuyaux des canaux horizontaux, ainsi Iqu’avecles réservoirs d’eau qui tiennent lieu de poêles (chauffage par eau chaude).
Farcot a aussi des réservoirs d’eau sous forme de poêles, mais il les chauffe par de la vapeur jdiont les tuyaux circulent dans les canaux horizontaux.
, I L’air pur s'échauffe au contact de ces tuyaux et des réservoirs (chauffage par vapeur et
* pau).
Van Ilecke pousse par son ventilateur l’air pur dans un calorifère, avant de le conduire dans |i>les salles.
L’air pur ne peut s’élever qu’à une température moyenne, et passe ensuite dans des vases rremplis d’eau (chauffage par air chaud).
M. Ser a adopté un système mixte, du chauffage à l’eau chaude et du chauffage à la vapeur. J. I La vapeur produite dans des chaudières établies dans la cour du nord-ouest suffit à tous : les besoins.
Le chauffage des salles se fait par des calorifères à eau , chauffés au moyen de serpentins dans lesquels circule la vapeur.
L’air chauffé au contact de ces appareils se rend, par des conduits ménagés dans l’épaisseur des murs, dans les salles des malades, où il entretient une bonne et douce température.
M. Tardieu rappelle, avec raison, la supériorité hygiénique des loyers â découvert, et il en demande une application plus large dans les chambres à deux lits.
Voici quelques détails sur les services spéciaux :
— Toutes les parties de l’hôpital, excepté les salles de malades, sont éclairées au gaz.
— La distribution d’eau est assurée par sa double origine dans la Seine et dans l’Ourcq.
— Des monte-charges et des chemins de fer servent à la réception et au transport des divers approvisionnements.
— Des sonneries électriques établissent des communications très-étendues et instantanées entre tous les services, en assurent le contrôle et la régularité.
Le service des bains (l’un de ceux qui intéressent le plus le succès du traitement médical) sera aussi bien aménagé que celui de Saint-Louis.
Par une heureuse application des meilleurs principes de l’architecture hospitalière, le bâtiment des bains internes construit dans cet établissement rassemble, dans un espace relativement limité, tous les éléments de la balnéation la plus variée et la plus perfectionnée. Il se compose d’un corps principal où sont distribués les services généraux, et les balnéations spéciales, et de deux ailes renfermant chacune trente baignoires pour les bains ordinaires simples ou médicamenteux, et deux bains de siège.
Pour la salubrité des maisons hospitalières, il ne suffit pas de les placer dans un milieu vaste, aéré, loin de toute cause d’insalubrité venant du dehors, il faut aussi garantir les malades contre l’effet des émanations qui tendent constamment à vicier Pair dans l’intérieur des salles.
La propreté constitue donc un élément d’hygiène incontestable.
L'installation d’un bon système de latrines a toujours été considéré par l’Administration comme une des conditions essentielles et capitales de salubrité, et par conséquent elle est devenue l’objet de sérieuses préoccupations.
On réalisera dans ce sens de véritables améliorations.
Les cabinets et les sièges d’aisances seront établis dans les conditions de la propreté la plus recherchée. On exercera une surveillance attentive, par un agent spécial, en prononçant une pénalité contre tout acte de malpropreté commis par le malade.
S’il fallait maintenant faire connaître les voies et moyens d’exécution, je ne pourrais fournir que des chiffres approximatifs.
La dépense totale du futur Hôtel-Dieu est évaluée à la somme de 21,400,000 francs, qui se décompose de la manière suivante :
12,400,000 pour les constructions;