‹ L'Hôtel Drouot en (volume 3)Chapitre 22 sur 85 · # RS DS © D D OO TT · texte numérisé non relu

# RS DS © D D OO TT

LA à

précieuses, cerclé en argent bruni, exécuté d'après les dessins de Laurent Jan et représentant trois têtes de singes — Balzac, Girardin et Lautour- Mézeray. Le romancier ne voulut jamais s'en dessaisir. | la gardait toujours, comme un sceptre, dans tous les “salons.

Un corset de satin bleu porté par une Espagnole ‘élèbre, Lola Montès, et dont le busc creux contenait in poignard qui n’a sans doute jamais servi, a valu :00 francs.

Un artiste capillaire, très admirateur de Béranger, wait exécuté son portrait et lui en avait fait ca- ‘eau.

Lechansonnier était tout en cheveux : cheveux noirs our la longue redingote, cheveux gris pour le pantan clair, cheveux blonds pour la tête, cheveux blanes our les cheveux et cheveux rouges pour le fauteuil en cajou. C'était horrible! On a vendu cette merveille 000 francs.

Que de démarches on a faites pour obtenir du duc de aumont de La Force le couteau de Ravaillac que le aréchal son ancêtre, qui était avec Henri IV dans la iture, retira de la blessure et qu'il garda, ainsi que : gaine et les deux stylets qui l’accompagnaient. On wrait rien qu'avec le revenu des sommes offertes pour »sséder cet objet.

La veste de Rousseau a été payée 960 francs. — “an-Jacques ne dépensait certainement pas le quart de site somme par an pour s'habiller.

Une vieille perruque de Kant s’est vendue après sa brt plus de 200 franes.

Les gants de Jacques I°° d'Angleterre, 70 francs.

Le chapeau que Napoléon Fr portait à la bataille

À Æylau a été adjugé à Paris, le 23 novembre 1835, à la « — mie du baron Gros, moyennant 1,920 francs, au doc-

pe L'BOTEL DROUOT ET LA CLRRSITÉ EN 158

teur & k Croix (1 La mise à prix était de 500 francs. ei treniedeax compétiteurs se disputaient la précieuse relique. — Le chapeau du cardmal Wolsey a eu presque autant de sencis Send menti enlevé à 635 francs

A la venie de madame de Fe en argent ciselé que portait Henn IV à son entrée dans Paris a ét adjoge pour 14.000 franes. — A celle de Rachel, La brochure d Aérieane Lecowvreur qui lui avañ servi à l'étude de son rôle et qui contenait deux chservations de sa main. a été poussée jusqu'à 1,250 fr.

Cet engouement a certainement diminué.

si M Paul Chevallier vendait le cachet du proconsul Carrier, qui pratiqua les i-rnbles noyades de Nantes et que possede voire servileur, il y aurait encore de nombreux amateurs.

Dans cinquante ans, la palette de Léon Bonnat, le cräne de Vicior Hugo, la baignoire légendaire de M Gambetia, k carnet de courses de Henri Rochefort, le lorgnon d'Emile de Girardin, les souliers de satin blanc de M Edmond Adam, l'ébauchoir de Sarah Bernhardt, la queue de billard dont se sert M. Grévy, la plume avec laquelle M Thiers a signé sa démission de président, souléveraient iouies les ardeurs d'une convoitise achar- “ née si on les présentait aux enchères.

(1) Vous le 1exte exart, EL note redigee par Charies Pailleé, expert pour coite venie qui eut £en dus F'aicher 6 CU Germaï, ze 14 -

« Un chageas 2 1ruis corses, doublé ée sos grise, garni d'une game ser d'a Lonce de sue notre #1 d'une peine cocarde tricolore.

s Ce chagean es celui que portait Nisoléce 2 la bataille d'Evlas » fui remus Wientéé 25ees 2 M Gros, chargé de regrodaire ce grand fait » d'armes.

» Nos evyous devoir rapgçgeler ii que jamais M. nl > persoame de se COUNTIr A1ec ce chapeaR à s La partie de la écabiare qui touchait Le frout paraît avoir été baigrée » de sueur. La bataille se Evraïi Le 9 fevrier 18/7. » Ê

Vouloir posséder des objets ayant appartenu à des hommes célèbres restera toujours une passion de collectionneur. À ce titre, elle doit trouver place dans cette histoire de la curiosité que nous racontons au jour le jour.

La venté dé M. Z... se passe non rue Drouot, mais rue Blanche, au Palace-Theatre. — C'est une pantomime.

La mise en scène est accompagnée de musique, ce qui nous manque généralement à l'Hôtel Drouot, et nous votons pour cette innovation, qui permettrait au crieur de varier un peu la monotonie deses intonations. Je suis sûr que M. Clément Lippacher, organiste de Saint-Eugène, l’auteur du ballet en question, se chargerait de la chose. Ce serait certainement plus gai que le mode actuel.

Nous aurions l'hymne au bibelot, la cantate du vieux Rouen, la symphonie des porcelaines, le couplet de la pâte tendre, le nocturne des tapisseries, la romance de l’'argenterie, la complainte du vieux bahut, le grand air des diamants, le trémolo de l’adjudication et le chœur des acheteurs sur un motif connu :

Si vous croyez que je vais dire Ce que je veux,

Je ne saurais pour un empire Trahir mes vœux.

En attendant que ce projet se réalise, il faut se contenter de la vente de M. Z.…, féconde en surprises.

Des curieuses en jupon court assistent à la vente d'une collection de bibelots. Sous le marteau d'ivoire du commissaire-priseur s'ouvrent les potiches pour en laisser sortir des Japonaises. Les personnages des ta-

bleaux s’animent. De la vieille horloge du xv° siècle s’échappent S2x heures en costume bleu de nuit et Six heures en costume rose aurore. Un charmant Balancier se détache, ainsi qu'un 7’#mbre suffisamment rebondi. Ce sont de délicieuses ballerines ! Les vieilles crédences laissent fuir une multitude de petits amours. Une statue qui représente Galatée s’anime tout à coup, descend de son piédestal et envoie des baisers de tous les côtés.

Les amateurs, vieux et laids comme Faust au premier acte, se transforment en brillants paladins. Et tout ce monde nouveau, s’échappant de sa coque, va, vient, joue, rit, s'amuse et danse la papillonne du bricà-brac.

C'est un vrai rêve de collectionneur soucieux, assoupi un instant, songeant à sa jeunesse envolée au milieu des ruines du passé, dans son cabinet d’antiquaire.

Les mobiliers ont leur langage comme les fleurs. Celui d'Isabelle de V*** (un nom de guerre), vendu l’autre jour, me paraît très significatif.

Il procède d’une idée fixe. Je ne l'indiquerai pas; vous la devinerez aisément.

D'abord l’ameublement banal; non pas celui du vieux neuf retapé qui s’achète rue de La Fayette ou rue Lafitte, mais celui que l’on peut, sans avoir rien dans la tête, mais beaucoup d'argent dans la poche, commander sur une carte postale, en se levant le matin, aux magasins du Bon-Marché, et qui, mis en place dans la journée du lendemain, peut être réglé le soir même.

Dans le mobilier qui nous occupe, les accessoires seuls ont quelque piquant. On croirait entrer rue Duphot n°?, où vous n'êtes jamais entré, ni moi non plus. C’est typique comme /wgubricité, aurait dit Nestor Roqueplan.

Dans l’antichambre en cuir rouge, un coffre avec Lot et ses filles sculptés en relief.

La salle à manger, noyer ciré à filets noirs, ornée de l’Znnocence, buste en marbre de Lanzirotti, puis d’un dessin de Lagrenée : les Joies du Paradis terrestre et d’une lithographie de Docoenne : Z7Le n'a jamais servi.

Le petit salon, imitation de vieille tapisserie, garni de {abowrets à pieds de biche et d’un grand tableau : Brune ou blonde.— Sous verre: Les Trois Callipyges ou La Comparaison de Challe, Ça Zra et Ca a été de Boilly.

Dans le grand salon, en lampas broché, des sièges significatifs : #ergères basses sur lesquelles les bergers pourront se laisser tomber; of{{omanes pour l'Ottoman qui se présentera ; causeuses pour ceux qui, ayant fini de rire, voudront causer. — Un buste de nymphe par Michelis.

Deux gravures : l'Znlévement d'Europe et \ Fnlèvement des Sabines, dans le fumoir, tendu de rouge avec draperies noires sur lesquelles se détache une tête de cerf montée sur bois.

Non de Protais, mais d'un autre, Avant l'attaque et Après l'attaque, deux tableaux dans le boudoir en satin noir. Sur la cheminée, une coupe en bronze avec la Toilette de Vénus comme bas-relief.

Voici la première chambre à coucher avec deux lits en palissandre ciré; ne me demandez pas leur histoire. La gravure de la Chaste Suzanne, d'après Rubens, et celle de la Chemise enlevée d'après Fragonard. Comme pendule, le groupe des Trois Grâces ; de chaque côté, des candélabres formés par des nymphes.

Seconde chambre à coucher, en bambou. La Cruche cassée, statuette de Carlier ; la gravure du Carquois épuisé. Près du lit en bois sculpté, un Singe grimaçant en bois, pour s'habituer au laid.

En ton noir, pour faire ressortir la blancheur de la

De "

"a sBr AA ET fee ee - À 4 ee :

Page 1