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tous, dit l’estampe aux cent florins, n’a pas atteint 700 fr. Quatrième vacation, jeudi 23 mars, 14,079 fr.
Nous voici arrivés à la fin de notre tâche, nomenclature aride et sans intérêt; mais la place ne suffirait pas, si nous nous laissions aller à des appréciations ou à des commentaires. Disons seulement que quelques dessins ont obtenu des prix très élevés.
Le portrait d'Antoine Cornelissen, beau dessin à la pierre d'Italie, par Van Dyck, 4,050 fr.
Un dessin aux trois crayons par Lagneau ou Lanneau, dont l'orthographe du nom n’est pas encore bien fixée, portrait de Jean-Pierre Acarie, membre du conseil des Seize pendant la Ligue, a été acheté par M. Brame, pour 1,860 fr.
Le n° 593, portrait de PAippe de Mornay, seigneur du Plessis-Marly, part pour l'Angleterre dans la malle de M. Thibaudeau, adjugé à 1,950 fr.
Un seul des portraits attribués à Clouet a pu s'élever à 810 fr. Les grands dessins de Greuze ont eu encore moins de succès.
Dans les tableaux, les honneurs ont été pour un petit tableau de l’école des Allemands du xvi siècle, Jeune fille tenant un œillet, que leur compatriote, M. Bourgeois, de Cologne, a poussé très loin, par excès de patriotisme, et qui, croyons-nous, lui est resté au prix de 3,900 fr.
Un portrait attribué au Ghirlandajo, à 4,600 fr.
Bref, cette dernière vacation, mélangée de petits et de gros prix, est arrivée au chiffre de 30,000 fr. et le total de la vente doit être dans les environs de 215,000 fr. Si le bénéfice qui en résulte ne donne pas de quoi acheer un hôtel, nous croyons néanmoins que les acheteursvendeurs doivent s’estimer très heureux du résultat.
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et dans les dou de tabacs — Mon album et les vers de Henri Tessier. — Les manques de R curisséé. — Le dahla bien de collectionneur. — Cherchons la femme. — L'homme ai ange, ni béte. — Le poincon d'Étienne Charavay. — Une vacation de
mille francs. — Un trio d'amateurs: les pasteurs Dide et Coquerel, et M. Walferdin. — Vente Cotienet. — Don Diego Velasquez. — Corot mnite à mieux dessiner. — Théodore Roussean écroant un paysage. — Meïissomer doutant de Im — Gambettz et Brantôme. — Variations du peintre David su corde politique.
Paris, 1°7 avril.
L'art de formuler sa pensée per l'écriture datede loin. Jen conclus qu'aux époques les plus reculées des collections d'autographes furent formées par les philosophes du temps, désireux de constater les faiblesses et les contradictions de l'esprit humain dans ses actes et dans ses paroles.
Mon intention, en abordant cette étude, n’est pas ee pendant d'en rechercher la preuve en remontant bien haut dans l’histoire. Je ne m'arrèterai pas à ce que Pline le Jeune dit de la collection de son oncle que « voulait acheter Largius Licinius pour la somme de. quatre cent mille sesterces. Les collectionneurs de Fexcienne Rome, de M. Ed. Bonnaffé, fourniront sur cesujet
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à mes lecteurstous les renseignements qu'ils pourraient désirer. Je les engage à lire ce livre.
Bien que La Bruyère ait spirituellement raillé les amateurs de médailles, d'estampes et de tabieaux, il a, par oubli sans doute, épargné les curieux d’autographes qui existaient de son temps. Malgré la crainte bien légitime d'aller à la Bastille réfléchir sur les dangers de dévoiler les secrets de l'Etat, plusieurs écrivains nous ont conservé des billets racontant, avec détails, les bonnes fortunes du roi, ou témoignant des faiblesses de certaines grandes dames, surprises en déshabillé trop galant.
Mon de Lescure sous le bras, je hâterai le pas vers des temps plus rapprochés des nôtres pour arriver tout de suite au commencement de ce siècle. Les temps troublés de la Révolution n'étaient pas éloignés encore. Le pillage des couvents, des archives, des dépôts publics et la vente des châteaux des émigrés avaient dispersé de tous les côtés une grande partie des documents de notre histoire. C'était la bonne époque des heureuses découvertes. Les bons coins restaient inexplorés. On avait les autographes pour rien.
L'ardeur des chercheurs, toujours récompensés de leurs peines, était grande. Ils fouillaient tous les jours, comme on cherche à Cayenne les gisements aurifères, dans les boutiques des épiciers de la rue Saint-Denis et dans les caves des chiffonniers de la rue Mouffetard. Les lettres de Mazarin servaient à envelopper la chandelle, et les épiîtres de Boileau à faire des cornets de tabac. Les vieilles chartes se retrouvaient autour des gargousses dans les arsenaux.
C’est alors que, chez un chareutier d'Auteuil, on découvrit les plans, les devis et les mémoires du palais de Versailles et des châteaux de Marly et de Saint- Germain. M. Feuillet de Conches, l’auteur bien connu des
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C'auseries d'un curieux, rencontrait de son côté, chez un fruitier de la rue Montaigne, les lettres de Marie- Antoinette à Me de Polignac, jadis jetées, au pillage de Versailles, par les fenêtres des écuries du roi.
Il fallut bientôt abandonner ces moyens d’approvisionnement. Ils devenaient insuffisants, et les ventes commencèrent le soir, dans cette vieille salle obscure de la maison Sylvestre. L’une des premières en date, la vente Courtois, eut lieu en 1820. C'était l’âge d’or. On vendit quarante lettres de Voltaire à Mie Quinault la somme énorme de 460 francs. Ce fut un événement. Heureux temps! elles vaudraient aujourd’hui dix fois plus.
Mais on ne gâtait pas les prix à cette époque. On payait une lettre de Saint-Vincent de Paul, 35 francs ; une lettre de Louis XIV, 44 francs ; des lettres de Bossuet de quatre à seize pages, 20 et 30 francs ; une lettre d'amour de Me de Tencin au maréchal de Richelieu, 11 francs ; une épitre de quatre pages de Mr de Sévigné à Mve de Grignan, 45 francs. On avait quatre pages de l'écriture de Mm®° de Pompadour pour 15 fr., et le maréchal de Saxe ne valait que 12 francs.
L’Angleterre, plus riche que nous, faisait déjà mieux les choses. En 1818, les lettres confidentielles et autographes ‘écrites à Napoléon Ie par tous les souverains de l’Europe qui s’inchnèrent devant lui, se payaient 30,000 livres sterling. Il faut dire qu'on voulait à tout prix empêcher leur publication. Elles contenaient des humiliations piquantes. Le colosse était tombé ! — En 1825, le ivre de prières que lisait Charles Ier, conduit à l’échafaud, valait cent guinées, et sir Burnlett, le gendre de Walter Scott, se payait, pour 500 livres sterling, la coûteuse et banale fantaisie de posséder les deux plumes qui avaient servi, le 27 mars 1801, à signer le traité d'Amiens.
Les amateurs de ce temps-là s’appelaient Charles Nodier ; le vicomte Morel de Vindé; Joseph Tastu, le célèbre imprimeur ; Guilbert de Pixérécourt, le romancier ; l’antiquaire Alexandre Lenoir; le baron (le grand maïtre !) de Tremont, qui avait 6,000 pièces; Lemontey, l'ingénieux et subtil auteur de l’histoire de la Régence ; Renouard, l'historien des Alde et de Manuce ; Anguis, l’homme de lettres qui, dit malicieusement Feuillel de Conches, s’adjugeait et vendait par inadvertance les autographes qu'on lui portait; Théophile Tarbé, de Sens, un sanglier entouré de splendides collections et qui, d’après de Lescure, tout hérissé, en défendait les approches.
Jusqu'en 1830, il n’y eut que 28 ventes ; de 1830 à 1860, deux cents. La progression se modifia vite, comme on le voit. Aujourd’hui, ventes, collections et collectionneurs abondent. C'est une épidémie nouvelle qui s’est déclarée avec une intensité extraordinaire. Autographicorum morbus. Reconnaissons-le, posséder est la plus vive des passions. Cela s'appelle, suivant le cas de l'affection, avarice ou amour. Chacun veut avoir sa galerie où posent, sans s’en douter, comme chez Mme Tussaud, à Londres, et bientôt comme au musée Grévin, à Paris, toutes les célébrités de l’époque. Il y a certainement un charme extraordinaire à recueillir un feuillet de papier, émanation de l'esprit et de la main de l'écrivain où ila mis, sans défiance, ses haines et ses flatteries, ses colères et ses caresses, ses sentiments et ses espérances, tout le drame mouvant de la vie humaine.
Quel est celui d’entre nous qui n’a pas possédé un album ? On commence toujours les autographes par là.
Dans ma jeunesse, on voyait des albums avec leurs
cartonnages dorés trainer sur la table de tous les salons.
La maîtresse de la maison nous l'offrait en nous priant d'y inscrire une pensée. Cette prière était pour beaucoup un ordre.
Roqueplan avait, lui, en pareil cas, une réponse invariable.
— Je n'ai pas de monnaie sur moi.
Louis Bouilhet était de plus facile composition; il écrivit un jour, pour répondre aux sollicitations d’une charmante dame :
Quoi! vous voulez que, le premier, Au seuil blanc de ce beau cahier Je me pavane et me prélasse,
Juste à l'endroit prétentieux Où doivent tomber tous les yeux Sitôt qu'on entre dans la place?
Ma foi! sans chercher d'arguments, Je m'exécute bravement!
Les gens en riront, mais qu'importe ?
Mes vers, mis de cette façon, Peuvent servir de paillasson :
« Essuyez vos pieds à la porte!»
Comme les autres, j'ai eu mon album. Je le confesse, je suis allé jusque-là et au delà, et je me souviens des vers charmants que mon vieil ami Henri Tessier, le romancier, inscrivit un jour sur le mien, il y a déjà longtemps, — le 25 octobre 1859.
Il est de mode, de bon ton, De posséder des autographes. Les albums sont les épigraphes De toute honorable maison,
” . M'assure-t-on.
A cette manie orgueilleuse
Vous sacrifiez, vous aussi!
Et par ma plume paresseuse
Voulez que ce blanc feuillet-ci Soit tout noirci.
Tant pis pour vous : J'anathémise Les collections, leurs abus.
Gros orgueil collé sur sottise; Tout album est un omnibus,
Et rien de plus.
Pourquoi donc mettre en étalage
Grands noms et lettres au porteur,
Mon album, moi, n’a qu'une page
Qui, chaque jour, croît en longueur Pour mon bonheur.
Tous ceux que j'aime y trouvent place,
Et ce simple mémorandum
Les reproduit comme une glace.
Car, dans mon cœur, rien ne s'efface ; C'est mon album.
Les collectionneurs sont de familles diverses. Ils pourraient se subdiviser en espèces, genres et variétés, comme Linné a classé les coquilles. Les uns, un peu grotesques, ne veulent que des lettres émanant des personnages de leur caste ou de leur profession; les autres, aussi un peu maniaques, n’admettent d’épitres que celles des heureux d’ici-bas portant le nom de Jean. Celui-ci n’aime que les grands criminels roués, pendus ou raccourcis. Il en a presque toute la série, depuis Cartouche et Mandrin jusqu’à Abadie. Les lacunes le laissent bien malheureux. Il se plaint amérement de M. Grévy. Depuis son arrivée au pouvoir, il gracie trop. L’exécution de la semaine dernière, à Versailles, l’a fortement réjoui. Il [ui a fallu tout de suite une lettre du parricide Pierre Lantz. Il l’a déjà. Celui-là n’adore que les raretés. Il vous