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Ferney, 5 avril 4763.
J'ai été sur le point de mourir. J'ai rempli, à mon dixième accès de fièvre, tous les devoirs d'un officier de la chambre d’un roi très chrétien et d'un citoyen qui doit mourir dans la religion de sa patrie. J'ai pris acte formel de ces deux points devant notaire et j'enverrai l'acte à notre cher secrétaire de l'Académie Française, pour le déposer dans les archives de l'Académie afin que la prêtraille ne s'avise pas après ma mort de manquer de respect au corps dont j'ai l'honneur d'être.
Le 9 juin 1767, il s'adresse à son ami Saurin et fait allusion aux tracasseries génevoises. A ce sujet, il ne manque pas de faire une longue tirade contre Rousseau. La fin de la lettre est un peu raide; mais, par ce temps de naturalisme, nous pouvons tout citer. C'est, du reste, de l'histoire.
Le diable est à Neufchâtel comme il est à Genève, mais il es principalement dans le corps de Jean-Jacques qui s'est brouillé en Angleterre avec tout le canton où il demeurait. Il s'en est enfui, au plus vite, après avoir laissé sur sa table une lettre dans laquelle il chantait pouille à ses hôtes et à ses voisins.
M. de Chabanon fait une tragédie, encore y a-t-il bien de la peine. Pour moi, je suis hors de combat. Je me console en formant des jeunes gens. Me de Fontaine Martel disait que, quand on avait le malheur de ne pouvoir plus être catin il fallait être ”aquerelle.
Sur ce je vous embrasse le plus cordialement et le plus sensiblement du monde.
Le 26 octobre 1749, il envoie à M. d’Aiguebère, conseiller au parlement de Toulouse, une missive pour lui
faire part de la perte de la marquise du Châtelet, « qui
vient de mourir de la manière la plus funeste en le laissant seul au monde ».
Elle a laissé, dit-il, des monuments qui forceront l'envie et la frivolité maligne de notre nation à reconnaître en elle ce génie supé-