‹ L'Hôtel Drouot en (volume 3)Chapitre 69 sur 85 · NT · texte numérisé non relu

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mique et possesseur de très belles pièces de Nevers et de Rouen, a eu l’heureuse idée d'apprécier depuis longtemps ces gracieuses productions, dont il a réuni près de cent pièces ; avec une bonne grâce charmante, il a bien voulu mettre sa collection à notre disposition, ce qui nous a permis d'étudier à notre aise les pièces qui nous ont paru dignes d'être présentées comme des spécimens remarquables de la fabrication.

Le décor de Saint-Cloud se compose de lambrequins suspendus à des nœuds de rubans, de vases entourés d’arabesques, de rinceaux délicats rappelant le décor rouennais que M. Potier appelle décor de ferronnerie. — M. Leroux possède de ce décor une potiche et deux fiasques qui l’accompagnent. La potiche a 21 centimètres de hauteur. La décoration est divisée en huit panneaux, séparés par une nervure en relief. Elle offre un vase supporté par une console sur laquelle sont placés deux cygnes affrontés au-dessus d’un léger lambrequin.— Sur les bouteilles, la même décoration avec des mascarons et des trophées. Ce sont les seules pièces sur lesquelles le masque humain se soit présenté à nous, — Nous avons remarqué encore chez lui le plus petit pot que nous connaissions de cette fabrique. Il n’a que 3 centimètres de hauteur. Ce petit monument délicat est revêtu d’une minutieuse ornementation.

Son bougeoir en forme de cône avec son éteignoir est, à notre avis, une pièce des plus rares dans son ensemble.

La fabrique de Saint-Cloud n’a produit que des pièces de petites proportions; des tasses, des cafetières, des huiliers, des coquetiers, des sucriers, des salières rondes et en carré long, rarement des vases et des potiches, surtout des pots à poudres et à pommade formant des garnitures de toilette.

Les pièces à décor polychromes sont très rares; nous

n’en connaissons que trois : un petit pot à crème appartenant à Me Jubinal, un autre appartenant à M. le baron Davillier et un grand cache-pot à M. Dupont-Auberville. j

M. Gasnault avait réuni un certain nombre de pièces de Saint-Cloud qui font partie maintenant du musée céramique de Limoges. M. Gustave Gouellain de Rouen en possède aussi quelques-unes, ainsi que M. le baron Davillier et M. le comte Lair, qui a un charmant sucrier en forme de vase.

Le succès de la fabrique des Chicaneau devait naturellement stimuler la copie. Aussi, presque toutes les fabriques de pâte tendre du xvinr siècle ont-elles repreduit le décor de Saint-Cloud. Quelques-unes ont même copié les pièces, en les signant de leurs marques de fabrique, et nous en avons souvent rencontré avec la marque de Chantilly, de Meissen et de Lille.

Le musée de Sèvres et celui de Rouen peuvent aussi en montrer des échantillons. Quant au décor chinois, il est très rare, et nous n’en avons vu que deux pièces, un sucrier et une soucoupe dans la collection de M. L. Leroux. Constatons-le, ces pièces sont loin d’avoir le mérite et le charme du décor habituel de la fabrique.

Chicaneau a eu de nombreux imitateurs. Il avait donné l'élan. On le suivit.

En 1795, le sieur Ciquaire-Ciroux, ancien transfuge de Saint-Cloud, se mit, sous la protection du prince de Condé, à imiter à Chantilly la porcelaine coréenne dont il avait eu les modèles sous les yeux dans la collection de son protecteur.

1735. — François Bardin fonda à Mennecy une fabrique sur la propriété du duc de Villeroy, au lieu dit des Petites-Maisons.

1740. — Les frères Dubois, quittant Chantilly sous

la protection de M. de Fulvi et avec l'argent de M. Orry, s’installèrent à Vincennes.

1748. — Peterynck acheta à Fouquez son établissement de Tournai et se mit à fabriquer de la porcelaine.

1751. — Jacques Chapelle fonda à Sceaux une manufacture de faiences et de porcelaines, placée sous la protection du duc de Penthièvre.

1753. — Le 19 août, un arrêt du roi accorda à ÆLoi Brichard le privilège de la fabrication de la porcelaine à Vincennes, avec le titre de Manufacture royale de porcelaines de Vincennes.

Répétons, en terminant, ce que nous disions en commençant : notre patriotisme doit être fier de constater que les débuts de la porcelaine aient été faits chez nous. Saint-Cloud est le berceau de cette découverte. La pâte tendre des Chicaneau a été le point de départ des essais tentés plus tard à Meissen. L'Allemagne n’a fait que nous suivre dans la voie que nous lui avions ouverte. Aussi Voltaire avait-il raison de dire dans son Siècle de Louis XIV, en parlant de cette fabrication : « On a commencé à faire de la porcelaine à Saint-Cloud avant qu’on n’en fit dans le reste de l’Europe. »

Nouvelle vente Courbet. — Souvenirs sur le maître d'Ornans. — L'habitude de /a brosse. — Corot, le chicard du Parnasse, — Les allégories de l'Opéra. — Un fusil à vent pour jambe de bois. — La grande colère de Dumas fils contre Courbet. — Reprenez votre croix d'honneur! — Bonjour, monsieur Courbet. -- Franz Halz et Rembrandt copiés par Courbet. — La contrefaçon suisse. — Tableaux vendus et prix obtenus. — La varice et les avaricieux. — Heureux acquéreurs,

Paris, 18 juillet,

Quelle raison impérieuse commandait de faire cette vente à une époque aussi mal choisie de l’année.

La saison était close. Paris, enchanté de soleil, se promenait dans les champs. Ivre de liberté, il était déjà parti pour les eaux ou en voyage.

C'était risquer, dans une entreprise hardie, un échec sur le nom d'un maitre.

Un règlement d’héritage, impossible à reculer, en avait décidé ainsi. Le père de Courbet était mort, il fallait arriver à un partage dans la famille.

Voilà pourquoi, après avoir été exposés à l’école des beaux-arts, quelques-uns des tableaux et des dessins sont arrivés se ranger en bataille à la salle 8 de l’hôtel Drouot, pour passer sous le marteau de M° Chevallier, revenu exprès de Londres où il assistait à la vente Hamilton.

Le peintre d'Ornans ! il y a toujours quelques épisodes

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